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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 10:21

Attentats parisiens

- Le profil inattendu des djihadistes français, Eugénie Bastié (Le Figaro, novembre 2014) - "Internet est le mode de recrutement privilégié, pour ne pas dire essentiel, des djihadistes, dans près de 91% des cas" ; "Diverses thèses complotistes circulent : que les Illuminati ont commandité le 11 septembre, que les sionistes, désignés par le 666 de l'apocalypse, dirigent le monde, que les «satanistes» sont à l'œuvre partout. L'objectif est de «terroriser» le jeune et de le persuader que le Mal l'entoure". Un rapport qui date de l'année dernière, mais sans doute toujours d'actualité.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/18/01016-20141118ARTFIG00158-le-profil-inattendu-des-djihadistes-francais.php
"Un rapport publié par le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam renverse tous les préjugés sur les candidats au djihad en Syrie et en Irak. Le CPDSI est un organisme privé fondé par la chercheuse et anthropologue Dounia Bouzar qui a pour objectif de lutter contre la radicalisation islamique en France. Le centre a été contacté par plus de 160 familles, dont les témoignages constituent la base de ce rapport long de 90 pages. Dans cette étude, les auteurs (Dounia Bouzar, Christophe Caupenne, Sulayman Valsan) s'interrogent sur le «prêt à croire» du religieux mondialisé, sa cible, et son vecteur privilégié de propagation: internet. Ils mettent en évidence un élargissement des cibles du discours radical.
• Classes moyennes. Parmi ces jeunes candidats au djihad issus des familles interrogées les classes moyennes sont majoritaires (67%,) les milieux populaires (16%) à égalité avec les catégories socioprofessionnelles supérieures (17%). Le rapport souligne une forte représentation des milieux enseignants et éducatifs. Selon les auteurs, cette catégorie de parents seraient plus attentifs à leur enfant, ce qui expliquerait qu'ils contactent plus facilement le CPDSI qui, pour l'instant, peine à toucher les catégories populaires moins impactées par la sensibilisation.
• 15-21 ans. C'est la tranche la plus touchée : 63% des candidats au djihad recensés dans ces familles. Parmi eux, seuls 5% ont commis des actes de petite délinquance. En revanche, 40% d'entre eux ont connu la dépression, ce qui conduit les auteurs du rapport à formuler «l'hypothèse que l'endoctrinement fonctionne plus facilement sur des jeunes hyper sensibles, qui se posent des questions sur le sens de leur vie».
• Familles athées. Contrairement à une idée reçue, les recrues de l'islam radical ne se trouvent pas en majorité dans des familles musulmanes très pratiquantes: 80%, des familles ayant affaire au CDPSI se déclarent athées, et seules 10% comportent un grand-parent immigré.
Internet est le mode de recrutement privilégié, pour ne pas dire essentiel, des djihadistes, dans près de 91% des cas. Le rapport donne un aperçu instructif et détaillé des moyens mis en œuvre par les recruteurs pour créer un «espace virtuel sacré» où le jeune embrigadé rentre dans un chemin initiatique qui le conduira peut être jusqu'à la frontière turco-syrienne. «Les nouveaux discours terroristes ont affiné leurs techniques d'embrigadement en maîtrisant l'outil internet, à tel point qu'ils arrivent à proposer une individualisation de l'offre qui peut parler à des jeunes tout à fait différents», s'inquiètent les auteurs.
D'après ces derniers, les recruteurs du djihad, notamment pour Daech, ont mis au point «5 mythes» pour enrôler leurs proies: le modèle du «chevalier héroïque» qui fonctionne auprès des garçons, le départ au nom d'«une cause humanitaire» prisé par les jeunes filles mineures, le «porteur d'eau» désignant ceux qui cherchent un leader, la référence au jeu vidéo de guerre «Call of duty» pour les jeunes gens qui souhaitent combattre, ou encore la quête de toute puissance attirant des personnes «sans limites». Le rapport pointe du doigt l'utilisation par les radicaux de l'univers des jeux vidéo. La violence virtuelle d'un jeu comme «Assassin's Creed», pratiqué par un jeune sensible, peut favoriser «le départ pour une confrontation réelle», estiment les auteurs.
Ils insistent sur l'impact de vidéos utilisant des images subliminales, postées en particulier par un recruteur comme Omar Omsen lié au front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaida. Ce dernier utilise notamment des visuels et des vidéos relevant de la théorie du complot, pour fanatiser des jeunes isolés et fragiles, qui regardent pendant des heures des vidéos sur YouTube dans ce qu'on appelle une «radicalisation en chambre».
Sur Facebook, sur Twitter, les recruteurs de ce type diffusent en masse des vidéos montrant que le logo «Coca Cola» vu à l'envers dans un miroir, représente l'inscription «No Mecque» en arabe… ou que le billet du dollar américain comprend toutes les symboliques des francs maçons. Diverses thèses complotistes circulent : que les Illuminati ont commandité le 11 septembre, que les sionistes, désignés par le 666 de l'apocalypse, dirigent le monde, que les «satanistes» sont à l'œuvre partout. L'objectif est de «terroriser» le jeune et de le persuader que le Mal l'entoure.
Les nouveaux convertis affichent sans complexes leur radicalisation sur leurs pages Facebook, pour que leur témoignage serve d'exemple. Alors qu'Internet devient le principal mode de radicalisation, le passage par la mosquée n'est plus automatique. «L'islam radical peut faire basculer des jeunes sans qu'ils n'aient participé à aucune prière. Certains sont partis ou voulaient partir en Syrie sans qu'aucune pratique religieuse ne soit décelée la veille», indique le rapport."

- Fondamentalisme et sortie du religieux - Entretien avec Marcel Gauchet (historien et philosophe, directeur d'études à l'EHESS) - "Il existe un ressentiment dans la conscience musulmane par rapport à une situation qui lui est incompréhensible. La religion la meilleure est en même temps celle d'une population qui a été dominée par les Occidentaux à travers le colonialisme et qui le reste économiquement. Cette position ne colle pas avec la conscience religieuse que les musulmans ont de leur propre place dans cette histoire sacrée".
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/21/marcel-gauchet-le-fondamentalisme-islamique-est-le-signe-paradoxal-de-la-sortie-du-religieux_4814947_3232.html
"- Nicolas Truong (Le Monde) : Comment penser les attaques du 13 novembre et ce déferlement de haine ?
- Marcel Gauchet : Cette violence terroriste nous est impensable parce qu'elle n'entre pas dans nos grilles de lecture habituelles. Nous savons que c'est au nom de l'islamisme que les tueurs agissent, mais notre idée de la religion est tellement éloignée de pareille conduite que nous ne prenons pas cette motivation au sérieux. Nous allons tout de suite chercher des causes économiques et sociales. Or celles-ci jouent tout au plus un rôle de déclencheur. C'est bien à un phénomène religieux que nous avons affaire. Tant que nous ne regarderons pas ce fait en face, nous ne comprendrons pas ce qui nous arrive. Il nous demande de reconsidérer complètement ce que nous mettons sous le mot de religion et ce que représente le fondamentalisme religieux, en l'occurrence le fondamentalisme islamique. Car, si le fondamentalisme touche toutes les traditions religieuses, il y a une forte spécificité et une virulence particulière du fondamentalisme islamique. Si le phénomène nous échappe, à nous Européens d'aujourd'hui, c'est que nous sommes sortis de cette religiosité fondamentale. Il nous faut en retrouver le sens.
- Les réactivations fondamentalistes de l'islam sont-elles paradoxalement des soubresauts d'une sortie planétaire de la religion ?
- Oui, il est possible de résumer les choses de cette façon. Il ne faut évidemment pas réduire la sortie de la religion à la croyance ou à la "décroyance" personnelle des individus. C'est un phénomène qui engage l'organisation la plus profonde des sociétés. La religion a organisé la vie des sociétés, et l'originalité moderne est d'échapper à cette organisation. Or, la sortie de cette organisation religieuse du monde se diffuse planétairement. D'une certaine manière, on pourrait dire que c'est le sens dernier de la mondialisation. La mondialisation est une occidentalisation culturelle du globe sous l'aspect scientifique, technique et économique, mais ces aspects sont en fait des produits de la sortie occidentale de la religion. De sorte que leur diffusion impose à l'ensemble des sociétés une rupture avec l'organisation religieuse du monde. On ne voit pas immédiatement le lien entre le mode de pensée économique et scientifique et la sortie de la religion, et pourtant il est direct. Aussi ne faut-il pas s'étonner que la pénétration de cette modernité soit vécue dans certains contextes comme une agression culturelle provoquant une réactivation virulente d'un fonds religieux en train de se désagréger, mais toujours suffisamment présent pour pouvoir être mobilisé. Mais attention, fondamentalisme n'est pas ipso facto synonyme de terrorisme. Ce sont deux choses qui peuvent fonctionner séparément.
- Ne pourrait-on pas voir au contraire dans ce fondamentalisme musulman un réarmement du religieux ?
- C'est une hypothèse que l'on peut formuler. Elle me semble démentie par les faits. Les sociétés européennes sont à la pointe, pour des raisons historiques, de la sortie de la religion. Ce sont donc elles qui devraient le plus souffrir de ce manque. Or les Européens peuvent être tourmentés à titre personnel par des questions d'ordre spirituel et beaucoup le sont, mais cette recherche ne prend absolument pas la forme d'un mouvement politique. Bien au contraire. Le spirituel dans les sociétés européennes relève typiquement de la part la plus intime des individus. Il les éloigne de la visée d'une action sur la société. Alors que le vrai fondamentalisme est un projet politique d'inspiration révolutionnaire. Le projet de remettre la religion au pouvoir dans la vie des sociétés, dans le cadre de l'islam, est aisément symbolisé par le retour de la charia, loi embrassant tous les aspects de la vie collective. Le fondamentalisme est un projet radical de société et c'est là toute la différence. C'est pourquoi certains comparent le fondamentalisme à un totalitarisme, ce qui ne me paraît pas éclairant. La religion est autre chose que les idéologies totalitaires qu'on a pu voir à l'œuvre dans notre histoire.
- Il ne faut " pas faire d'amalgame ", ne cesse-t-on de répéter. Or ces actes -perpétrés au cri d'"Allahou akbar" - ont-ils tout de même à voir avec l'islam et le moment historique qu'il traverse ?
- Evidemment. Pas d'amalgame signifie qu'il ne faut pas incriminer de façon indifférenciée l'islam et accuser tous les musulmans de participer à ce phénomène. Mais, dans l'autre sens, on ne peut pas dire que l'islam n'a rien à voir là-dedans. Je répète que le fondamentalisme n'est pas propre à l'islam, il se manifeste dans toutes les traditions religieuses du monde, sous des formes plus ou moins activistes. Toutefois, on est bien obligé de constater que le fondamentalisme islamique est particulièrement prégnant et vigoureux. Il faut donc s'interroger sur ce lien entre l'islam et ses expressions fondamentalistes. C'est quelque chose que l'on ne peut pas séparer de l'état des sociétés musulmanes et de leur situation particulière, notamment dans la région moyen-orientale.
- Pourquoi l'islamisme prend-il cette forme si radicale aujourd'hui ?
- Le premier point dont il faut se souvenir pour comprendre l'islamisme, c'est la proximité de l'islam avec nos propres traditions religieuses, juive et chrétienne. Vu d'Orient, du bouddhisme et du confucianisme, l'Occident est très exotique, il est très loin, ce sont deux mondes différents. Vu de l'islam, il est religieusement proche, et la proximité est plus dangereuse que la distance. Dans la proximité, il y a de la rivalité et de la concurrence. Or le tronc monothéiste sur lequel se greffe l'islam le met dans une position très particulière. Il est le dernier venu des monothéismes et se pense comme la clôture de l'invention monothéiste. Il réfléchit les religions qui l'ont précédé et prétend mettre un terme à ce qu'a été le parcours de cette révélation. Cette proximité le met dans une situation spontanément agonistique vis-à-vis des religions d'Occident. Il existe un ressentiment dans la conscience musulmane par rapport à une situation qui lui est incompréhensible. La religion la meilleure est en même temps celle d'une population qui a été dominée par les Occidentaux à travers le colonialisme et qui le reste économiquement. Cette position ne colle pas avec la conscience religieuse que les musulmans ont de leur propre place dans cette histoire sacrée. Il y a une conflictualité spécifique de la relation entre l'islam et les religions occidentales.
- Pourquoi ce fondamentalisme fascine-t-il tant une partie des jeunes des cités européennes paupérisées ?
- Le message fondamentaliste prend un autre sens une fois recyclé dans la situation de nos jeunes de banlieues. Il entre en résonance avec les difficultés de l'acculturation de cette jeunesse immigrée à une culture individualiste en rupture totale avec ses repères, y compris communautaires, qui viennent de sa tradition religieuse. Une culture individualiste, qui à la fois fascine les plus ébranlés et leur fait horreur, et je pense que c'est le cœur du processus mental qui fabrique le djihadiste occidental. C'est un converti, qui s'approprie la religion de l'extérieur et qui reste souvent très ignorant de la religion qu'il prétend s'approprier. Son aspiration par ce premier geste de rupture est de devenir un individu au sens occidental du mot, en commençant par ce geste fondateur qu'est la foi personnelle. Dans une religion traditionnelle, la foi personnelle compte moins que les rites observés et ce ritualisme est essentiel dans l'islam coutumier. C'est avec ce cadre que brise l'adhésion intensément personnelle du fondamentaliste. En même temps, cette adhésion très individuelle est un moyen de se nier comme individu, puisque l'on va se mettre au service d'une cause pour laquelle on donne sa vie. Cette contradiction exprime une souffrance très particulière, liée à une situation sociale et historique très spécifique. C'est dans cette zone que se détermine la trajectoire de ces jeunes gens qui nous sont si incompréhensibles.
- Dans ces quartiers si spécifiques des 10e et 11e arrondissements de Paris, il y avait deux jeunesses qui se faisaient face…
- Oui, un premier individualisme parfaitement tranquille, sans questions et qui se vit dans une hyper socialisation, et un second qui est vécu par une jeunesse très contradictoire, à la fois très au fait de cette réalité et complètement déstabilisée par elle. Le choix des cibles est très peu politique, mais très révélateur de ce qui constitue l'enjeu existentiel de ces jeunes. Ils ont tiré sur ce qu'ils connaissent, sur ce à quoi ils aspirent tout en le refusant radicalement. Ils se détruisent de ne pas pouvoir assumer le désir qu'ils en ont.
- C'est pour cette raison que vous écrivez que "le fondamentalisme est en dépit de tout et malgré lui une voie d'entrée à reculons dans la modernité" ?
- Il ne constitue pas pour moi une menace capable de remettre en question la manière d'être de nos sociétés. Bien sûr, il peut tuer beaucoup de gens, faire des dégâts épouvantables et créer des situations atroces, mais il ne représente pas une alternative en mesure de nous submerger. Affrontons-le pour ce qu'il est, sans lui prêter une puissance qu'il n'a pas."

- Nous devons mener une guerre idéologique, Michael Walzer (philosophe, professeur émérite de science sociale à Princeton) - "Il est nécessaire dans notre combat métaphorique de reconnaître que les guerres des Etats-Unis et de leurs alliés en Afghanistan, en Irak et en Libye ont produit des espaces vides, après l'effondrement de l'Etat, que les fanatiques islamistes occupent désormais. Mais nous ne sommes pas responsables des crimes de ces exaltés et c'est une stupidité idéologique de blâmer l'Occident pour les horreurs de la guerre religieuse" ; "Nous qui ne sommes ni soldats ni policiers, nous les intellectuels, nous devons plaider la cause de l'Etat sans dieux, unique endroit possible où les croyants et tous les autres peuvent vivre en paix".
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/21/nous-devons-mener-une-guerre-ideologique_4814933_3232.html
"Pour nous, Américains, c'est comme si nous étions en France. La télévision, que nous ne quittons plus, diffuse un discours répétitif, souvent banal, mais les interviews des Parisiens dans la rue nous rappellent ce que nous vécurent le 11 septembre 2001. Oui, nous sommes au courant pour les Russes morts dans le Sinaï, les Libanais morts à Beyrouth, les Irakiens, les Nigérians, les Afghans, les Libyens. Et les Syriens, en Syrie et en mer. Nous avons appris à pleurer la perte d'étrangers. Mais pour des raisons que nous comprenons sans les comprendre tout à fait, les Français ne sont pas des étrangers.
La France, l'Amérique sont-elles en guerre avec l'Etat islamique (EI) ? La déclaration de Hollande a surpris les juristes puisqu'elle semblerait supposer que l'EI est un belligérant. Les combattants de l'EI, à condition qu'ils n'aient pas assassiné des innocents, doivent-ils être traités comme des prisonniers de guerre ? Oui, je le pense. Mais, en vérité, nous sommes tout à la fois en guerre et pas en guerre, et il est important d'accorder une attention égale à ces deux assertions.
L'EI contrôle un territoire étendu, collecte des impôts et fournit une forme de service public. Donc bombarder ce territoire est bien un acte de guerre. Mais nos alliés au sol, avec qui nous coordonnons (parfois) nos raids aériens, ne s'entendent pas entre eux, et, à l'exception des Kurdes, ne sont pas totalement impliqués, peut-être pas impliqués du tout dans cette guerre très particulière que nous livrons. Les Turcs préféreraient s'affronter aux Kurdes, il est à peu près certain que les Saoudiens ont été les complices de la création de l'EI, et l'armée irakienne préférerait ne pas se battre. Tant que la France et les Etats-Unis ne se trouveront pas des alliés sûrs au sol, originaires de la région, ce sera (pardonnez-moi l'expression) une guerre foireuse qui ne peut être gagnée.
Mais la prétendue "guerre contre le terrorisme" désigne en réalité le travail de la police – et les règles d'engagement ne sont pas les mêmes pour la police et pour l'armée. Tout d'abord, le principe de proportionnalité ne s'applique pas à la police : pour elle, faire cinq morts au cours d'une poursuite lancée pour capturer un terroriste de première importance serait perçu comme un usage excessif de la force. Pour leur part, les soldats peuvent faire des calculs de ce genre en zone de guerre (bien qu'ils les fassent souvent de travers), mais la police n'y est pas autorisée en zone de paix.
Tout aussi essentiel, la police doit opérer dans le cadre de la Constitution, car elle défend simultanément la vie et la liberté de ses compatriotes. Elle ne peut sacrifier ni l'une ni l'autre, et il revient aux citoyens de contrôler son mode de fonctionnement en même temps qu'ils recherchent sa protection.
Dans une véritable guerre civile, les libertés civiques peuvent être suspendues, mais pour le moment cette situation ne s'applique à aucun Etat occidental. Prenons garde aux politiciens d'extrême droite qui veulent nous défendre dans une "guerre" qui n'a pas lieu. [...]
Il y a une autre guerre à mener, et celle-ci est entièrement métaphorique. Je veux parler de la guerre idéologique et théologique contre le fanatisme. Le retour de la violence et de l'enthousiasme religieux est totalement inattendu. Dans le monde académique, nous croyions tous à une sécularisation inéluctable, à un triomphe de la science et de la raison. Nous avions tort. Le fanatisme religieux est actuellement le plus dangereux dans sa version islamiste, mais il faut reconnaître qu'il a aussi fait son apparition chez les hindouistes, les bouddhistes, les juifs et les chrétiens. Nous devons le combattre. Cela n'a pas vraiment de sens de prétendre que le fanatisme religieux est une déviation, que la violence est étrangère à telle ou telle religion ou à la totalité de celles que j'ai citées.
Des érudits saoudiens respectés ont fourni les éléments de base des croyances et des pratiques des militants de l'EI, et le fanatisme trouve des justifications solides dans les textes religieux. Cependant, l'exégèse peut se faire d'une tout autre manière et de façon tout aussi forte, et il y a des hommes et des femmes profondément religieux qui estiment que le fanatisme est fautif, immoral, et même insensé. Ils sont nos alliés.
Il est nécessaire dans notre combat métaphorique de reconnaître que les guerres des Etats-Unis et de leurs alliés en Afghanistan, en Irak et en Libye ont produit des espaces vides, après l'effondrement de l'Etat, que les fanatiques islamistes occupent désormais. Mais nous ne sommes pas responsables des crimes de ces exaltés et c'est une stupidité idéologique de blâmer l'Occident pour les horreurs de la guerre religieuse.
Dans chacun des pays que nous avons envahis, il y avait des forces sociales qui auraient pu rejoindre les démocrates et les libéraux laïques, et qui auraient pu gagner s'il n'y avait eu ce retour (inattendu) de la religion. Nous devons défendre les valeurs selon lesquelles nous avons tenté de vivre. Pas toujours avec succès.
Nous qui ne sommes ni soldats ni policiers, nous les intellectuels, nous devons plaider la cause de l'Etat sans dieux, unique endroit possible où les croyants et tous les autres peuvent vivre en paix."

- Oui, ça a à voir avec l’islam, Abdellah Tourabi (directeur de la publication de TelQuel) - "Ils s’appuient sur des versets et des hadiths qui sont le résultat d’un contexte particulier, marqué par les guerres menées par le prophète Mohammed contre ses adversaires et la naissance du premier État musulman à Médine".
http://telquel.ma/2015/11/20/edito-ca-voir-lislam_1471056
"A chaque fois que se produit un attentat ou que le monde découvre une atrocité commise par Daech, on entend immédiatement des affirmations du genre “ça n’a rien à voir avec l’islam”, ou “ces gens-là n’ont jamais lu le Coran”.
Ces arguments sont souvent bien intentionnés et sincères, mais ils sont, hélas, faux et intellectuellement malhonnêtes. Ils n’aident ni à comprendre la réalité ni à avancer pour sortir de cette impasse historique dans laquelle le monde musulman s’est englué. Les fanatiques qui se réclament de Daech parlent et agissent à l’intérieur de l’islam. Leurs convictions, leurs actes et leur vision du monde se veulent comme une réplique parfaite de l’islam des origines.
Les adeptes de Daech appliquent le Coran à la lettre, font des hadiths le fondement même de leur vie quotidienne, et veulent reproduire intégralement la première forme politique connue de l’islam, le califat. Leur univers est certes fantasmé et anachronique, mais il correspond à une réalité qui a existé il y a 14 siècles. Le nier ou refuser de le reconnaître serait un aveuglement.
Les textes religieux sont l’alpha et l’oméga des soldats de Daech. Comme les autres groupes jihadistes (Al Qaïda, les groupes égyptiens des années 1980-1990), ils justifient massivement leurs actes par des références au Coran et à la Sunna. Leurs documents, leurs communiqués et leurs livres sont construits comme des démonstrations théologiques et religieuses. Ils s’appuient sur des versets et des hadiths qui sont le résultat d’un contexte particulier, marqué par les guerres menées par le prophète Mohammed contre ses adversaires et la naissance du premier État musulman à Médine. Des versets comme “tuez les infidèles où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les”, ou un hadith qui énonce que “le jihad est le plus haut sommet de l’islam”, sont cités abondamment par les intégristes de Daech. Ils ne les ont pas inventés ni détournés de leur sens littéral.
Le Coran, comme tous les autres livres religieux, contient des passages violents et belliqueux. Ils sont l’expression de leur temps et le contexte de leur révélation. Le calife Ali, cousin et gendre du prophète, résumait l’affaire en une formule limpide et clairvoyante : “Le Coran c’est deux lignes écrites dans un livre. Ce sont les hommes qui les interprètent”, disait-il. Lui qui a été assassiné aux premières années de l’islam par un fanatique qui préfigurait les sectaires de Daech. Notre refus de voir cette vérité en face, de reconnaître la part de violence dans l’islam et de vouloir la dépasser nous entraîne dans une spirale d’hypocrisie et de déni de réalité.
Les théories du complot, la rhétorique creuse et vaine et le rejet de toute responsabilité sont les manifestations d’un malaise et d’une impasse. En rabâchant des slogans comme “pas d’ijtihad en présence d’un texte” et “le Coran est valable en tout lieu et tout temps”, on s’est empêchés d’avoir une lecture rationnelle et historique des textes religieux. Le regard critique, l’usage de la raison et l’adaptation à notre monde seront toujours sacrifiés et relégués au second plan. Et, entre-temps, les fanatiques de Daech continueront leur lecture littérale et mortifère des mêmes textes religieux que nous partageons avec eux."

- Hani Ramadan sur les attentats : "Commençons par surveiller le Mossad" (Conspiracy Watch)
http://www.conspiracywatch.info/Hani-Ramadan-sur-les-attentats-Commencons-par-surveiller-le-Mossad_a1497.html
"Quand le prédicateur islamiste Hani Ramadan commente les attentats terroristes, la théorie du complot n’est jamais loin. « Nous rappelons que les citoyens d’un Etat de droit méritent que les enquêtes se poursuivent dans la plus complète transparence pour déterminer qui sont les véritables coupables et commanditaires de ces crimes odieux », écrivait Hani Ramadan au lendemain des attentats du 13 novembre 2015.
Très rapidement pourtant, les scrupules du directeur du Centre islamique de Genève vont s’évanouir. Dès le 18 novembre, Hani Ramadan-Sherlock Holmes est en effet en mesure de conclure – déjà – que « l’islam n’a rien à voir avec tout cela ». « Commençons par surveiller le Mossad », poursuit-il, revenant à l'une de ses obsessions favorites.
Puis, le 19 novembre, au lendemain de l’opération de police ayant conduit à la mort du Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud, Hani Ramadan s’essaie au questionnement rhétorique, une technique largement éprouvée par les conspirationnistes qui consiste à insinuer l'idée d'une manipulation sans avoir l'air d'y toucher :
« Pourquoi parle-t-on aujourd’hui encore dans les médias et la presse (BFMTV, Libération, etc.) d’Abdelhamid Abaaoud, comme étant le "cerveau présumé des attentats" ? Pourquoi nous répète-t-on que des passeports ont été retrouvés près du corps d’un "kamikaze" ? (…) êtes-vous sûrs que tout a été envisagé pour capturer cet individu vivant ? (…) Et pourquoi toutes ces informations nous conduisent malgré tout à être certains qu’Abdelhamid Abaaoud est responsable des tueries de Paris, conclusion que seule peut établir une enquête judiciaire dans un Etat de droit ? Au final, on a vraiment l'impression d'avoir à faire à une bande de jeunes gens manipulés, à qui on a fourni des armes (?) Mais manipulés par qui ? (…) Ces questions nous semblent être plus que légitimes… Elles n'innocentent en aucun cas ces actions coupables et odieuses, mais elles nous aident peut-être à comprendre qu'il existe des zones d'ombres persistantes qu'il faudra bien éclairer un jour ! »
Mais au fait, que faisait précisément Hani Ramadan le 13 novembre 2015 entre 21h20 et minuit ? Une « zone d'ombre » persistante qu'il faudra bien éclairer un jour..."

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Intifada al-Aqsa

- Quatre Israéliens poignardés dans une attaque [samedi] (AFP)
https://fr.news.yahoo.com/quatre-isra%C3%A9liens-bless%C3%A9s-attaque-au-couteau-au-sud-182824573.html
"Quatre Israéliens ont été blessés dans une attaque au couteau perpétrée samedi à Kiryat Gat, dans le sud d'Israël, a annoncé la police israélienne [...] Les quatre Israéliens touchés dans l'attaque de Kiryat Gat sont juifs et l'un d'entre eux a été blessé grièvement, ont indiqué des sources médicales. Parmi les trois autres, un ne souffre que de blessures légères. La police a qualifié l'attaque de "terroriste", précisant rechercher au moins un agresseur qui a pris la fuite. [...]"
- Teen girl among 4 wounded in stabbing attack in Kiryat Gat (Times of Israel) - une jeune fille de 13 ans parmi les poignardés.
http://www.timesofisrael.com/four-stabbed-outside-soccer-stadium-in-kiryat-gat/

- Cisjordanie : tentative d'attaque au couteau [dimanche], l'assaillante palestinienne tuée (AFP) - "Les faits se sont produits à une intersection au sud de Naplouse, a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué, ajoutant que les "forces et un passant ont répondu à la menace immédiate, ouvrant le feu sur l'assaillante"."
https://fr.news.yahoo.com/cisjordanie-tentative-dattaque-au-couteau-lassaillante-palestinienne-tu%C3%A9e-082737404.html

- Cisjordanie : attaque au couteau déjouée devant le tombeau des Patriarches (i24) - "Une Palestinienne de 27 ans, résidant à Yatta, près d'Hébron en Cisjordanie, a été arrêtée samedi après un contrôle de police à proximité du tombeau des Patriarches en possession d'un couteau".
http://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/93110-151121-hebron-l-armee-israelienne-perquisitionne-une-radio-incitant-a-la-haine

- Taxi driver tries to run over, stab Israelis in West Bank (Times of Israel) - "Attacker shot and killed after ramming his car into pedestrians and attempting to knife them near Kfar Adumim; 1 very lightly injured".
http://www.timesofisrael.com/man-lightly-wounded-in-west-bank-car-and-knife-attack/

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"Processus de paix"

- Abbas admet avoir rejeté l'accord de paix proposé par Olmert en 2008 (i24)
http://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/92895-151119-abbas-admet-avoir-rejete-un-accord-de-paix-propose-par-olmert-en-2008
"Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a apporté un éclairage nouveau sur la rupture d'une série de pourparlers entamée en 2008, en indiquant qu'il a rejeté à l'époque l'offre d'Ehud Olmert, qui proposait pourtant de placer la vieille ville de Jérusalem sous contrôle international, pour la raison "qu'il n'a pas été autorisé à étudier les cartes".
Lors de deux interviews données séparément à la télévision israélienne Channel 10 TV, les deux hommes ont décrit les négociations comme "sérieuses" et a déclaré qu'un accord de paix "était réalisable". [...] Les entretiens entre les deux dirigeants ont eu lieu à une époque difficile: l'ancien Premier ministre Olmert, qui était impliqué dans un scandale de corruption, avait annoncé son intention de démissionner.
Dans son interview, Olmert revient sur la rencontre qui a eu lieu le 16 septembre 2008, quelques mois avant les élections, au cours de laquelle il a fait des propositions visant à répondre à toutes les préoccupations majeures des Palestiniens. "Je lui ai dit : 'Rappelez-vous mes mots, il faudra attendre 50 ans avant qu'il y ait un autre Premier ministre israélien qui vous offrira ce que je vous propose aujourd'hui. Ne manquez pas cette opportunité'", a déclaré M. Olmert dans l'interview diffusée mardi soir.
Olmert a indiqué qu'il avait offert un retrait "quasi-total" en Cisjordanie, proposant qu'Israël ne conserve que 6.3 pour cent du territoire, afin de garder le contrôle des grandes implantations juives. Il a ajouté qu'il avait offert une compensation de 5.8 pour cent du territoire israélien en Cisjordanie ainsi qu'une liaison avec la bande de Gaza.
Abbas a déclaré qu'il soutenait l'idée d'un échange de territoires, mais qu'Olmert l'avait pressé d'accepter le projet sans lui permettre d'étudier la carte qu'il proposait. "Il m'a montré une carte. Il ne m'a pas donné une carte", a déclaré M. Abbas. "Il m'a dit, 'Ceci est la carte' et l'a emporté avec lui. J'étais d'accord avec son point de vue, mais comment puis-je signer pour quelque chose que je n'ai pas reçu ?", a-t-il fait savoir dans son interview sur Channel 10 TV. [...]
Abbas a dit qu'il a également estimé que l'offre d'Olmert, consistant à accepter un nombre symbolique de réfugiés palestiniens en Israël, ne résolvait pas la question dans la mesure où le nombre de descendants de réfugiés palestiniens s'élève maintenant à des millions, un grand nombre d'entre eux étant dispersés à travers la région. [...]"

- Why the Palestinians Keep Killing, Jonathan S. Tobin (Commentary) - "We know the slaughter will be cheered on Hamas TV. The Palestinian Authority will also honor those who committed these crimes. But even some Westerners who will condemn the terror will add that it is merely the result of Israel’s own wicked policies that oppress Palestinians".
https://www.commentarymagazine.com/foreign-policy/middle-east/why-palestinians-keep-killing-abbas/
"What if the supposed cause of terrorism against Israel were based on a lie? That’s the awful fact that was exposed yesterday by none other than Palestinian Authority leader Mahmoud Abbas. In an interview with Israel’s Channel 10, Abbas admitted that in 2008 he flatly rejected an offer of statehood from Israel that would have given him control of almost all the West Bank and a share of Jerusalem as well as Gaza. While fascinating, the revelation — this is the first time he has owned up to the truth about what happened during the negotiations that took place during the last months of the Bush administration — is of more than historical interest. It also undermines the premise of the case against Israel used by critics that claim its policies are the obstacle to peace in the Middle East. Moreover, the timing of the admission, coming as it did as a surge in Palestinian terrorism escalates, makes the true motive for the killing painfully obvious.
With each passing day, the toll of horrifying violence perpetrated by Palestinians against Israelis grows. Today [jeudi] there were two separate attacks. One took place in the Gush Etzion bloc of the West Bank. There (in an area that was settled by Jews before 1948) a Palestinian opened fire with a submachine gun on a group of people at a road junction killing an American Jewish teenage tourist, an Israeli man, and a Palestinian passerby as well as wounding several others. Meanwhile in Tel Aviv, a Palestinian killed two Jews and wounded at least two others with a knife at the entrance to a synagogue. The total of five fatalities is the highest since the current surge of terror began two months ago. One can only pray that’s a record that won’t be broken. Given the support for terror among Palestinians (as a comprehensive survey of Palestinian public opinion has proved), there’s no reason for optimism as what is being called a third intifada continues.
We know the slaughter will be cheered on Hamas TV. The Palestinian Authority will also honor those who committed these crimes. But even some Westerners who will condemn the terror will add that it is merely the result of Israel’s own wicked policies that oppress Palestinians. We’re constantly told, both by voices in the mainstream media and the Obama administration, that if only Israel would offer the Palestinians a state of their own and end the occupation, then none of this would be happening. As I noted earlier, European political leaders have echoed this theme blaming Israel not only for the attacks on its people but also for ISIS terror directed at non-Jewish Europeans. That kind of scapegoating is reminiscent of traditional anti-Semitic attitudes in which Jews are blamed for all of society’s ills rather than being focused solely on prejudice against Israel.
But what if Israel had already offered the Palestinians the state their apologists say would be the solution to all of the region’s problems? Well, actually they have. Several times. [...]"

- A voir : un officiel palestinien félicite son fils de vouloir tuer des ‘Sionistes’ (Times of Israel) - "Tawfiq Tirawi raconte qu’il a entendu son fils de deux ans chanter : « Papa, achète-moi un pistolet et un fusil, et je vaincrai Israël et les Sionistes »".
http://fr.timesofisrael.com/a-voir-un-officiel-palestinien-felicite-son-fils-de-vouloir-tuer-des-sionistes/

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Israël

- Les Israéliens entre carpe diem et autodéfense, Vicky Chahine & Yoanna Sultan-R'bibo (Le Monde) - "ils font tout pour qu’après la violence, la vie reprenne son cours, le plus vite possible".
http://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2015/11/20/les-israeliens-entre-carpe-diem-et-autodefense_4814373_4500055.html
"A Tel-Aviv, le terrorisme s’invite dans la visite guidée : au Shouk HaCarmel, le plus grand marché de la ville, on vous montre l’endroit où un kamikaze [du FPLP] s’est fait sauter en 2004 [causant trois morts et une trentaine de blessés]. Le long de la Tayelet, la promenade de la plage, on s’arrête devant le Dolphinarium, boîte de nuit fermée après l’attentat de 2001 [qui avait causé 21 morts]. Pas de voyeurisme, ni d’apitoiement, simplement une réalité avec laquelle vivent les Israéliens.
Pour Samuel Amzallag, architecte israélien de 42 ans qui travaille aujourd’hui à Paris, « grandir avec le terrorisme, c’est comme être atteint d’une maladie incurable. Je sais que la vie peut s’arrêter brutalement, alors je profite de chaque instant. Je fais la fête. C’est mon armure psychologique ». Ce carpe diem teinté de fatalisme habite la société israélienne tout entière. « Un attentat, cela fait partie des “accidents” qui peuvent survenir au quotidien. Comme de se faire écraser par une voiture », assène Rosi Bari, retraitée de 74 ans qui vit en banlieue de Tel-Aviv.
Dans une étude de 2003, trois chercheurs israéliens montraient qu’après la vague d’attentats-suicides entre 2000 et 2002, seuls 9 % de la population israélienne souffraient de stress post-traumatique – contre 30 % aux Etats-Unis après le 11-Septembre. « Plusieurs recherches indiquent que, psychologiquement, la société israélienne résiste mieux que d’autres au terrorisme, explique Israël-Bernard Feldman, psychologue, psychiatre et victimologue. Sans doute parce que, dans ce petit pays, la solidarité est très forte. Mais aussi parce que les victimes d’attentats sont prises en charge gratuitement et sans limite de durée par l’Etat, qu’il existe des dizaines d’associations de soutien et de groupes de parole dans toutes les langues. »
En parallèle, « les Israéliens s’interdisent toute faiblesse ». Et ils font tout pour qu’après la violence, la vie reprenne son cours, le plus vite possible. « En 2004, je me souviens d’un attentat au café Hillel [en fait en septembre 2003, tuant 7 civils], en plein centre de Jérusalem, raconte Michel Sultan, guide touristique de 64 ans. Le lendemain, je passais dans ce même quartier avec un groupe qui voulait voir le lieu de l’explosion. J’ai eu du mal à trouver l’endroit… En vingt-quatre heures, le café avait été nettoyé, reconstruit, et une foule de jeunes était attablée en terrasse. »
Dans le pays, la résilience chère à Boris Cyrulnik est perceptible dans l’espace public comme dans les consciences. « En période d’attentats, je sors volontairement beaucoup, comme une forme de résistance au terrorisme. Mais chaque jour, je range mes affaires, je paie mes factures, au cas où. Je n’ai pas peur de la mort, mais j’en ai conscience », témoigne Marie-Lyne Smadja, chercheuse et enseignante de 54 ans.
Le 14 octobre 2015, Sarah Blum, 31 ans, est à la gare centrale de Jérusalem. Un terroriste armé d’un couteau fonce sur l’étudiante, qui parvient à s’échapper. « Malgré le choc, dès le lendemain matin, j’ai tenu à sortir, à m’installer en terrasse prendre un petit déjeuner, à fêter mon anniversaire le surlendemain. La peur était là, mais il fallait avancer. » De ce traumatisme naît tout de même de nouveaux réflexes : «Je ne porte plus que des baskets et des chaussures plates, pour pouvoir courir vite au cas où. Je marche à au moins un mètre cinquante de distance des gens. La distance qui m’a sauvé la vie. » « Très vite, on apprend à classer les lieux et les événements selon leur facteur de risque », note Jennie, 30 ans, aujourd’hui étudiante aux Etats-Unis.
Quand le pays est sous tension, chacun active ainsi son propre plan Vigipirate : pas de cinéma le samedi soir ni de marché pour Kelly, pas de déplacement à Jérusalem pour Rosi, une traque des sacs suspects et des « types bizarres dans le bus » pour Samuel. « Pendant les périodes à risque, je vais chercher mes enfants plutôt que de les laisser rentrer seuls de l’école. Pas par peur, mais pour qu’ils se sentent rassurés », affirme Sarah, Israélienne orthodoxe de 30 ans qui dit se sentir en sécurité ici plus qu’ailleurs... car « Dieu veille sur Israël ».
Gérer sa propre angoisse est une chose. Ne pas la faire porter à ses enfants en est une autre. « Mon fils et ma fille me disent que je ne leur ai pas transmis la peur. Sans doute parce que je me suis toujours efforcée de la refouler, consciemment. Tout en leur expliquant les événements, on a toujours cherché à les épargner. Quitte parfois à minimiser les choses », avoue Kelly Elmaleh, professeure retraitée de 65 ans. Et à les dédramatiser. Comme dans les écoles où, pendant la guerre du Golfe en 1991, les enfants décoraient les étuis de leur masque à gaz. [...]
Ces dernières semaines, la peur s’est exacerbée avec la multiplication des attaques au couteau – 10 Israéliens tués depuis le 1er octobre. Un nouveau mode opératoire qui déstabilise la police et l’armée, en qui les Israéliens avaient jusque-là une entière confiance. Et incite à l’autodéfense. « Aujourd’hui, lorsque je guide des touristes dans la vieille ville de Jérusalem, il m’arrive de porter mon sac à dos sur le ventre pour protéger le cœur et l’abdomen en cas de coup de couteau », rapporte Michel. Kelly raconte que dans une salle d’attente, une dame lui a confié sortir désormais munie d’un grand parapluie, « pour frapper en cas d’attaque », et d’un couteau. [...]"

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Syrie

- Syrie : Au moins 36 morts dont 10 enfants dans des bombardements russo-syriens (AFP)
http://www.20minutes.fr/monde/1735179-20151121-syrie-moins-36-morts-dont-10-enfants-bombardements-russo-syriens
"«C'est le plus violent bombardement» de cette région de Syrie «depuis le début de la révolte en 2011», affirme Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon lui, «au moins 36 personnes, dont 10 enfants, ont été tuées et des dizaines d'autres ont été blessées lors de plus de 70 raids effectués par des appareils russes et syriens contre plusieurs localités de Deir Ezzor» contrôlée par Daesh.
Les raids ont visé plusieurs quartiers de la ville de Deir Ezzor, des villes de la province éponyme comme Mayadine et Boukamal, des localités plus petites et trois champs pétroliers, a précisé l'OSDH. La province est tenue par Daesh, qui contrôle aussi la majorité de la capitale provinciale, à l'exception de l'aéroport militaire et de quelques quartiers aux alentours aux mains du régime. [...]"

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Irak

- Irak : le Pentagone reconnaît 4 victimes civiles (AFP) - "L'armée américaine a reconnu aujourd'hui qu'un bombardement américain en Irak le 13 mars visant un checkpoint du groupe Etat islamique (EI) avait "probablement provoqué la mort" de quatre civils dont un enfant".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/11/20/97001-20151120FILWWW00412-irakle-pentagone-reconnait-4-victimes-civiles.php

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USA

- US academic association votes to boycott Israel (Ynet) - "American Anthropological Association passes resolution to boycott Israeli academic institutions in landslide vote; Pro BDS groups praise 'historic result'."
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4728851,00.html
- U.S. Anthropologists Massively Back Boycott of Israel (Haaretz) - "American Anthropological Association vote goes 1,040 for, 136 against; association’s 12,000 members worldwide will now be asked to approve or reject decision".
http://www.haaretz.com/world-news/.premium-1.687546

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