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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 10:13
France

- Le Sénat vote la reconnaissance de la Palestine (Reuters)
https://fr.news.yahoo.com/le-s%C3%A9nat-vote-la-reconnaissance-la-palestine-111101477.html
   "Les sénateurs français ont adopté jeudi par 153 voix contre 146 une résolution non contraignante des groupes PS, Front de gauche et écologiste qui vise à reconnaître l'Etat palestinien, dix jours après une initiative similaire de l'Assemblée nationale. Cette résolution "exprime le souhait que la France reconnaisse l'Etat palestinien souverain et démocratique sur la base des lignes de 1967 avec Jérusalem comme capitale des deux Etats". Son adoption [s'est faite] avec un score beaucoup plus serré qu'à l'Assemblée, où elle avait été votée par 339 voix contre 151 [...]
    La droite, qui dispose de nouveau d'une large majorité au Sénat depuis les élections de fin septembre, a majoritairement voté contre ce texte déposé par les trois groupes de gauche, qui se sont bien mobilisés pour le faire adopter. "C'est un signal qui sera mal interprété" a dit l'UMP Roger Karoutchi, reprenant ainsi l'argumentation d'Israël lorsque l'Assemblée avait voté le même texte. Pour le sénateur socialiste Gilbert Roger, en revanche, "cette reconnaissance est la condition sine qua non à l'ouverture de véritables négociations entre Israël et la Palestine afin d'aboutir à une paix durable". [...]"
- Reconnaissance de l'Etat de Palestine : le Sénat français vote pour (AFP)
https://fr.news.yahoo.com/reconnaissance-letat-palestine-apr%C3%A8s-d%C3%A9put%C3%A9s-s%C3%A9nat-vote-105147331.html
   "[...] Pour son auteur, Gilbert Roger (PS), la reconnaissance de l'Etat palestinien est "le premier pas d'une relation d'égal à égal entre Israël et les Palestiniens" et "la condition sine qua non de l'ouverture de véritables négociations". "Notre pays doit rappeler que le conflit israélo-palestinien n'est pas une guerre de religion, mais un conflit territorial", a-t-il souligné. L'origine véritable du conflit est "une inégale répartition des territoires entre les deux peuples", a déclaré dans la même veine Eliane Assassi (Communiste, républicain et citoyen, CRC).
    L'opposition a fait valoir que l'initiative en ce domaine revient au gouvernement. "C'est au gouvernement d'avoir la main en matière d'Affaires étrangères, et seul la main", et "nous Parlement n'avons pas les éléments, ce qui veut dire en clair que l'interférence n'a pas de sens", a affirmé Roger Karoutchi (UMP). "Le Parlement ne maîtrise ni le calendrier, ni le cours des négociations", a renchéri son collègue UMP Christian Cambon, ajoutant : "les Palestiniens méritent mieux qu'une reconnaissance de papier."
    Les centristes se sont montrés plus partagés : si Amaury de Montesquiou a défendu le texte avec ferveur, son collègue Hervé Marseille a dénoncé "un texte de circonstance, déséquilibré, qui n'a pas sa place" et "qui cherche à s'attirer les bonnes grâces de communautés qui se sont écartées du vote de gauche". [...]
    L'initiative de la gauche, si elle ne lie pas le gouvernement, s'inscrit cependant dans un mouvement global en Europe considérant la reconnaissance comme un moyen de faire pression [sur Israël ?] pour relancer un processus de paix moribond [...]"

- «Il m’a dit : "Dis-moi où est le fric sinon je te bute"», Ondine Millot (Libération) - "«Les juifs, ça met pas l’argent à la banque» : «Libération» a eu accès aux procès-verbaux de l’enquête sur l’agression de Créteil, où un jeune couple avait été séquestré il y a dix jours".
http://www.liberation.fr/societe/2014/12/10/il-m-a-dit-dis-moi-ou-est-le-fric-sinon-je-te-bute_1161113
   "[...] Le petit chien des parents de Jonathan se met à japper, le «chef» hurle sur Marie : «Fais-le taire sinon je le bute.» Les deux autres partent fouiller l’appartement. Le chef demande «de l’argent», Marie part chercher 55 euros dans son sac et lui rapporte. Il avise une boîte avec des signes hébreux, la renverse, ne récupère que de la petite monnaie. Se tourne vers Jonathan. Lui colle le canon de son arme sur le front.
    Puis, comme les deux autres reviennent bredouilles de leur fouille, il emmène le couple dans le couloir. «C’est là où ils nous ont dit : "On sait que ton frère travaille chez R. [marque de vêtements à la mode, ndlr], que ton père est juif et que vous avez de l’argent", détaille Jonathan. Je leur ai dit concernant mes parents : "S’ils ont de l’argent au pire il est à la banque."» C’est le chef qui lui répond : «Non les juifs, ça met pas l’argent à la banque.» Jonathan poursuit : «Il a dit : "De toute façon, on sait que ton père, c’est celui qui a la Mercedes noire et qui sort le samedi avec le rond ou le truc sur la tête." Et c’est vrai que mon père a une Mercedes noire et c’est vrai que le samedi il va faire la prière et il part de la maison avec sa kippa sur la tête. Moi je ne suis pas pratiquant.»
    Le «chef» fait asseoir Marie et Jonathan dans la salle de bains. «Moi je pleurais, raconte-t-elle. L’Arabe a demandé à Jonathan s’il était juif, Jonathan a répondu oui. Il m’a demandé à moi si j’étais juive, je lui ai dit non. Il m’a dit : "T’es quoi ?" Je lui ai dit : "Rien du tout." Il a rien répondu. Il m’a demandé où mes parents habitaient, je lui ai dit : "En Normandie", je lui ai pas dit où exactement.» [...]
    Devant l’heure qui tourne et le maigre butin, le «chef» s’énerve. «Il m’a mis le fusil à canon scié dans la bouche et m’a dit : "Dis-moi où est l’argent sinon je te bute"», explique Jonathan. Il donne sa carte bleue et son code. Ils tireront 200 euros. Le chef explique à Jonathan qu’il va l’accompagner jusqu’à un guichet de banque, puis se ravise, décide de lui attacher les pieds et les mains avec du scotch. Il lui assène un coup de pied sur le dos, un autre sur le côté gauche, il aura trois jours d’ITT (interruption temporaire de travail). [...]"

- Drame de Créteil : un jour en France…, Nicolas Pouvreau (étudiant à Sciences Po) - "Le conflit israélo-arabe, localement devenu judéo-islamique, constitua la toile de fond de toute ma scolarité".
http://www.causeur.fr/drame-de-creteil-antisemitisme-30543.html
   "[...] Il se trouve que je connais un peu la question. Né à Créteil il y a une vingtaine d’années et y étant demeuré sans interruption, j’ai vécu dans plusieurs de ses quartiers « divers », fait le tour de ses écoles publiques et participé à tout ce que la municipalité a pu produire d’initiatives « citoyennes » pour le « respect de l’Autre ». Et figurez-vous que je ne suis pas surpris. Lorsqu’on a connu la seconde Intifada en classe de CE 2, avec le petit Azzedine qui disait vouloir se faire sauter dans un bus israélien (la mode n’était pas encore aux roquettes) et le petit Yoni qui criait « les Palestiniens sont des pédales » (la compréhension de ce dernier terme par un gosse de huit ans étant sujette à caution), les discours lénifiants sur l’enrichissement mutuel et le rassemblement dans la différence ne prennent pas facilement. Le conflit israélo-arabe, localement devenu judéo-islamique, constitua la toile de fond de toute ma scolarité.
    À la nuance près que le nombre d’élèves juifs diminuait au fil du temps, ceux-ci rejoignant massivement l’établissement Ozar Hatorah du coin pour finir par disparaître complètement de mes années lycéennes. Ils constituaient déjà un gibier privilégié pour les petites frappes à capuche. Leur détroussage crapuleux pouvait se parer des oripeaux approximatifs de la lutte anticoloniale, la violence débridée se justifiait vaguement par la souffrance des enfants palestiniens et des musulmans opprimés à travers le monde. Ajoutez les considérations stratégiques fondées sur la double supposition richesse / solidarité tribale, et vous comprenez que le petit peuple séfarade fasse l’objet de fixations délinquantes spécifiques. [...]
   [A lieu désormais un] extraordinaire travail de désassimilation ayant touché les Juifs de la ville, poussés à embrasser la cause sioniste sans retenue. L’Alyah est une perspective socialement valorisée. Les succès militaires de Tsahal sont ardemment célébrés. Le drapeau bleu et blanc est accroché dans les commerces confessionnels, où les récriminations contre la France et sa politique étrangère sont monnaie courante. [...]"


Israël

- Israël : Travaillistes et centre-gauche forment une alliance électorale (AFP) - "Le chef de l'opposition Isaac Herzog et l'ex-ministre israélienne Tzipi Livni, qui dirige le parti de centre-gauche HaTnuah, ont annoncé mercredi avoir formé une alliance en vue des élections législatives de mars, affirmant qu'ils se partageraient le pouvoir s'ils remportaient le scrutin".
https://fr.news.yahoo.com/isra%C3%ABl-travaillistes-centre-gauche-sallient-face-au-likoud-195245231.html
- Tzipi Livni s'allie aux travaillistes contre Netanyahu (Reuters) - "Plusieurs commentateurs israéliens doutent de la viabilité de cette alliance. Tzipi Livni, à l'origine membre du Likoud, a changé trois fois de parti depuis 2005 et a échoué trois fois dans ses tentatives d'accéder au poste de Premier ministre".
https://fr.news.yahoo.com/tzipi-livni-sallie-aux-travaillistes-contre-netanyahu-205747910.html

- 'Isolation' and the elections, Eugene Kontorovich (professor at Northwestern University School of Law, and expert on constitutional and international law) - Un extrait particulièrement notable : "European hostility to Israel, and sympathy for the Palestinians, has an internal logic and energy of its own. It will proceed at it is own face, largely indifferent to the internal details of Israeli political life. For example, even the great coup of the Left, the withdrawal from Gaza, has not changed the European view that Gaza remains occupied, and that Hamas should be a diplomatic partner. The Europeans have come to believe that Israel has stolen land that "belonged" to Palestinians, that Jews have no rights in these lands, and thus the thieves must return them independent of any guarantees of security, worship, or an end to the conflict. These are not conditions that any Israeli government can or will accept, and thus the diplomatic unpleasantness will continue. Indeed, even if Israel were to withdraw from territories, it would only be the beginning of another unpleasantness, with Israeli retaliation for attacks across the long new border becoming then new pretext for boycott movements and the like".
http://www.israelhayom.com/site/newsletter_opinion.php?id=10889
   "The campaign against Prime Minister Benjamin Netanyahu will focus on his alleged "isolation" of Israel from the rest of the "international community" through his diplomatic policies. To be sure, Netanyahu has negotiated extensively about a Palestinian state with Palestinian Authority President Mahmoud Abbas, and reportedly made significant concessions to U.S. Secretary of State John Kerry.
    More importantly, it is simply not the case that Israel finds itself isolated, or that any diplomatic consequences can be attributable to the composition of the government. Rather, the specter of "isolation" is a demagogic tool wielded for political purposes. As such, it is extremely dangerous, because such things can become self-fulfilling prophecies: If you say nobody likes you often enough, you may notice you have fewer friends.
    Perhaps the aspect of isolation most feared by Israelis is economic. Yet here there is simply no evidence for any isolation. Israel's trade has risen steadily with all its major partners, even those most critical of it, like Europe. Moreover, Netanyahu has opened new doors to opportunities in India and elsewhere in Asia. Just like his ideological tension with European leaders has not impeded trade, one should not credit his compatibility with the nationalist leadership of India for these new frontiers. Rather, business has a life of its own that -- except in the most extreme cases -- is separate from diplomacy.
    Then there is the issue of European parliaments passing nonbinding suggestions to recognize a Palestinian state. The Left can hardly blame the government for these, when some of the leading figures on the left have been lobbying European capitals to pass such measures. Indeed, major Labor Party figures -- including former attorney-generals, speakers of parliament, and so forth -- have been at the forefront of the Palestinian recognition campaign. They have not been drummed out of the party, or otherwise significantly rebuked. So if anything, it is not Netanyahu but his critics who should shoulder the blame for this (rather insignificant) diplomatic disturbance.
    It may be surprising to Netanyahu's critics, who see Jewish homes in Judea and Samaria as the source of all Israel's problems, but the one of the major reasons cited in European parliaments for passing Palestinian recognition motions has to do with an area of Eretz Israel where no Jews live -- Gaza. Parliamentarians have repeatedly stressed that the timing of these resolutions -- during a freeze on new construction plans -- is motivated in large part by what they perceived as the brutality of this summer's Gaza War. Of course, that campaign was supported across the political spectrum.
    And of course a left-leaning government is hardly a guarantee against international pressure. For example, the Goldstone commission report on the Gaza War -- the modern blueprint for delegitimizing Israel -- was concocted during Tzipi Livni's Foreign Ministry. The Boycott, Divestment and Sanctions movement, which is thus far a nuisance at best, will not slow its activities based on who holds the prime ministry. The International Court of Justice's opinion on the security fence -- the high point of anti-Israeli legal campaigns -- was released a month after the government approved the Gaza disengagement.
    Indeed, Livni herself has been a minister for 10 of the past 14 years and thus surely deserves some credit for Israel's diplomatic situation. And she has led the peace negotiations under Netanyahu. Of course, having Livni and the centrist Yair Lapid in the government has not slowed the pace of anti-Israeli activity; giving them different roles will not either.
    The current rhetoric of the electoral campaign is very reminiscent of the American 2008 presidential campaign. Democrats argued that electing the liberal, cosmopolitan, multicultural Barak Obama would reverse what they called America's "international isolation," and win it friends and admirers around the world. It never happened. While Obama himself at first enjoyed some popularity abroad, it never rubbed off on his country. Very quickly, people who resented America realized it is still basically the same America, and now both the country and its president are widely disliked around the world, with dysfunctional relationships with both allies and antagonists.
    European hostility to Israel, and sympathy for the Palestinians, has an internal logic and energy of its own. It will proceed at it is own face, largely indifferent to the internal details of Israeli political life. For example, even the great coup of the Left, the withdrawal from Gaza, has not changed the European view that Gaza remains occupied, and that Hamas should be a diplomatic partner.
    The Europeans have come to believe that Israel has stolen land that "belonged" to Palestinians, that Jews have no rights in these lands, and thus the thieves must return them independent of any guarantees of security, worship, or an end to the conflict. These are not conditions that any Israeli government can or will accept, and thus the diplomatic unpleasantness will continue. Indeed, even if Israel were to withdraw from territories, it would only be the beginning of another unpleasantness, with Israeli retaliation for attacks across the long new border becoming then new pretext for boycott movements and the like.
    One can just hope that whoever wins the elections will ignore baseless threats and theories about isolation and keep only Israel's real interests in mind."

- The legitimacy of Israel’s nation-state bill: comparative constitutionalism, Eugene Kontorovich (professor at Northwestern University School of Law, and expert on constitutional and international law) - "most of the European constitutions affirming a particular national heritage are both recent and involve nations with sizable ethnic minorities. It is hard to understand why what works for them should be so widely denounced when it comes to Israel".
http://www.washingtonpost.com/news/volokh-conspiracy/wp/2014/12/09/the-legitimacy-of-israels-nation-state-bill-i-comparative-constitutionalism/
   "Israel’s proposed constitutional legislation to confirm its status as the “nation state” of the Jewish people has not only generated controversy within Israel, where it has helped bring down the current parliamentary coalition, but has also drawn criticism from the U.S. and Europe. The draft legislation has been decried as extreme and undemocratic. (To be clear, no draft bill has been approved, only a set of compromise principles for reconciling several rather different versions; apparently, people do not have to read the bill, or know any of its provisions, to oppose it.)
    These objections do not hold water. For one, ensuring Israel’s status as a Jewish nation state is a goal expressly endorsed by the same critics, when it comes to pressuring Israel into diplomatic concessions. Second, the law is far from unusual by Western standards: it actually does far less to recognize Jewish nationhood or religion than provisions common in other democratic constitutions. This post will consider the general parameters of the legislation in comparison to constitutional provisions of other Western democracies. [...]
    The nation state bills mostly constitutionalize the national anthem, symbols, holidays, and so forth. There is nothing racist, or even unusual, about having national or religious character reflected in constitutional commitments, as research by my colleagues at the Kohelet Policy Forum demonstrates. Seven EU states have constitutional “nationhood” provisions, which typically speak of the state as being the national home and locus of self-determination for the country’s majority ethnic group. This is even the case in places like the Baltics, with large and alienated minority populations.
    For example, the Latvian constitution opens by invoking the “unwavering will of the Latvian nation to have its own State and its inalienable right of self-determination in order to guarantee the existence and development of the Latvian nation, its language and culture throughout the centuries.” It continues by defining Latvian “identify” as “shaped by Latvian and Liv traditions, Latvian folk wisdom, the Latvian language, universal human and Christian values.” Or consider the Slovak constitution, which opens with the words, “We the Slovak nation,” and lays claim to “the natural right of nations to self-determination.” Only then does it note the “members of national minorities and ethnic groups living on the territory of the Slovak Republic,” which are not part of the “We” exercising national self-determination.
    Then there is language. Israel has Hebrew, the majority language, Arabic, and English (a leftover from the British Mandate) as its official languages – and new bill does not change that. This is very unusual. Most multi-ethnic, multi–lingual EU states give official status only to the language of the majority group. Spain’s constitution, for example, makes Castilian Spanish the sole official national language and requires all citizens to know it, even if their mother tongue is Basque or Catalan. Most exceptionally, Ireland grants “primary” official status to Gaelic, though only a small percentage of citizens actually speak it. This is an obviously enshrines the state’s special relation to the Irish ethnic group.
    Then there is religion. Contrary to common conception, Judaism is not the official religion of Israel, the world’s only Jewish state. (It has no official religion, but all religious groups get funding from the government). Nothing in the proposed bills establishes a religion. In this respect, Israel is far more liberal than the numerous European countries with an official religion. According to a study by the Pew Research Center, seven European countries (from Iceland to Greece) have constitutionally-enshrined official religions, despite large Moslem minorities, to say nothing of atheists and other Christian denominations. Moreover, in five European countries the head of state must actually belong to the official religion. In Israel, by contrast, the president certainly can be a non-Jew, and indeed a Druze has been one (on an acting basis).
    It is noteworthy that most of the European constitutions affirming a particular national heritage are both recent and involve nations with sizable ethnic minorities. It is hard to understand why what works for them should be so widely denounced when it comes to Israel."


Ziad Abou Eïn

- Mort de Ziad Abou Eïn : Palestiniens et Israéliens donnent deux versions contradictoires (AFP) - "selon un communiqué du ministère israélien de la Santé, la mort «a été causée par l’obturation de l’artère coronaire», l’une des artères qui alimentent le cœur en sang, due à une hémorragie peut-être causée par le stress. Ziad Abou Eïn était déjà malade du cœur, dit le communiqué : les vaisseaux de son cœur étaient bloqués à plus de 80% par de la plaque d’athérome ; d’anciennes cicatrices indiquent qu’il avait déjà souffert par le passé d’infarctus du myocarde.«Le mauvais état (du) cœur peut l’avoir rendu plus vulnérable au stress», dit le communiqué".
http://www.liberation.fr/monde/2014/12/11/pour-les-palestiniens-israel-est-responsable-du-meurtre-de-ziad-abou-ein_1161336
- Ministre palestinien tué : autopsie contradictoire (Reuters) - "De source médicale israélienne, on assure que l'autopsie a démontré que le ministre avait succombé à une crise cardiaque peut-être en rapport avec le stress inhérent à l'altercation".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/11/97001-20141211FILWWW00041-ministre-palestinien-tue-autopsies-contradictoires.php
   "Responsables israéliens et palestiniens ont livré aujourd'hui des rapports contradictoires de l'autopsie pratiquée dans la nuit sur le corps du ministre palestinien Ziad Abou Ein mort la veille après une altercation avec des membres des forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie.
    D'après un haut responsable de l'Autorité palestinienne, les médecins jordaniens et palestiniens qui ont participé à l'autopsie ont conclu que le décès du ministre avait été provoqué "par des coups reçus, l'inhalation de gaz lacrymogène et un retard de prise en charge médicale".
    De source médicale israélienne, on assure en revanche que l'autopsie a démontré que le ministre avait succombé à une crise cardiaque "peut-être en rapport avec le stress inhérent à l'altercation. Sa mort résulte de l'occlusion d'une artère coronaire provoquée par du stress", a dit cette source sous couvert d'anonymat. "Ce stress a peut-être été provoqué par le fait qu'il a été saisi par le cou", a-t-elle ajouté.
    Ziad Abou Ein participait mercredi à une manifestation contre des implantations israéliennes lorsqu'il s'est trouvé mêlé à des échauffourées impliquant une trentaine de militaires israéliens et des gardes-frontières. Un garde-frontière l'a attrapé par le cou et l'a brièvement tenu d'une main. Quelques minutes après, il s'est effondré en se tenant la poitrine. Le ministre, qui était âgé de 55 ans, est mort lors de son transport vers la ville voisine de Ramallah.
    Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a dénoncé un "acte barbare qui ne peut être ni toléré, ni accepté" et a indiqué que la direction palestinienne examinerait les moyens d'y répondre après ses funérailles, qui auront lieu ce jeudi à la mi-journée. Israël a renforcé de son côté sa présence militaire en Cisjordanie tandis que le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a présenté des excuses. "Nous sommes désolés de ce décès", a-t-il déclaré dans un communiqué, tout en soulignant l'importance "pour les deux parties de maintenir la sécurité et la stabilité"."

- Soldier Row: What Footage Shows (Sky News, Vidéo 3mn20) - la vidéo à voir pour se faire une bonne idée de ce qui s'est passé (selon les informations disponibles).
https://www.youtube.com/watch?v=VFpicOp3zA4
- British Reporter: Palestinians Prevented Israeli Medic From Aiding PA Official and Convicted Terrorist Ziad Abu Ein (Algemeiner)
http://www.algemeiner.com/2014/12/10/british-reporter-palestinians-blocked-israeli-medic-from-aiding-pa-official-and-convicted-terrorist-ziad-abu-ein/
   "A British television news reporter has revealed that Palestinian demonstrators near the West Bank village of Turmusaya prevented an Israeli medic from providing aid to a Palestinian Authority official who collapsed after he shoved and verbally abused Israeli officers on the scene.
    In a live report for the UK’s Sky News broadcaster, Middle East correspondent Tom Rayner reported that Ziad Abu Ein, a convicted terrorist who was appointed by the PA to organize campaigns against Jewish settlements in the West Bank, was lying on the ground “unconscious” after the clash – although separate footage shot by Kremlin broadcaster RT displayed Abu Ein conscious and sitting up after his altercation with the IDF officers.
   “When he’s on the floor, an Israeli medic does come up to him, she tries to clear an area around him, but Palestinians pick him up and take him straight to a vehicle,” Rayner said, in footage viewed by The Algemeiner. The medic was “not able to deliver any first aid,” Rayner continued, and Abu Ein was “declared dead when he got to a hospital in Ramallah.” As The Algemeiner reported today, Rayner had earlier said on Twitter that “When Abu Ein is unconscious on ground, Israel medic attempts to assist, asks crowd to make space, Palestinians rush him to a vehicle instead.” Rayner also reported that Abu Ein repeatedly asked the Israeli officer he clashed with for his name, calling him a “dog.” [...]"
- Will the media report what actually killed a Palestinian protester? (Honest Reporting)
http://honestreporting.com/will-the-media-report-what-actually-killed-a-palestinian-protester/

- Des milliers de Palestiniens enterrent Abou Eïn, appellent à la vengeance (AFP)
https://fr.news.yahoo.com/responsable-palestinien-meurt-lors-heurts-larm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-064824006.html
   "[...] La foule d'anonymes et d'officiels a accompagné la dépouille de Ziad Abou Eïn jusqu'au cimetière de Ramallah où elle a été inhumée aux cris de "Nous te vengerons avec notre propre sang, Dieu est le plus grand !" et "Nous poursuivons ton combat". Auparavant, ils s'étaient pressés à la Mouqata'a, le siège de l'Autorité palestinienne, pour se recueillir devant le cercueil recouvert du drapeau palestinien. "Vengeance", scandaient certains, d'autres proclamant : "Ton sang n'aura pas été versé en vain" tandis que les haut-parleurs diffusaient des chants patriotiques. [...]
    Israël s'est employé à l'apaisement. Le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, a dit "regretter" la mort du responsable palestinien tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a adressé à l'Autorité palestinienne un message assurant qu'Israël mènerait l'enquête sur son décès. Il a affirmé la nécessité de "calmer les choses et d'agir de manière responsable". Les responsables israéliens ont souligné que la coopération sécuritaire était "de l'intérêt d'Israël, mais aussi de l'Autorité palestinienne", le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Tzahi Hanegbi, disant "espérer que cette considération sera plus forte que la tentation d'enflammer les esprits". [...]"

- Jusqu’où les tensions iront-elles ?, Avi Issacharoff (Times of Israel) - "Les Palestiniens ont décidé qu’Abu Ein est un shadid (un martyre) qui a été tué dans un affrontement avec l’armée israélienne. Cela malgré les témoins visuels qui maintiennent qu’Abu Ein a été bousculé pendant la manifestation, mais rien d’autre".
http://fr.timesofisrael.com/jusquou-les-tensions-iront-elles/
   "Il est délicat de déterminer si la mort de Ziad Abou Ein, un des chefs du Fatah en Cisjordanie, lors d’une manifestation dans le nord de Ramallah mercredi, conduira à une poussée de violence plus large. Le potentiel est bien ici, tout particulièrement à la lumière de la décision déclarée de l’Autorité palestinienne d’arrêter la coordination sécuritaire avec Israël.
    Un des collègues du Fatah d’Abu Ein, Jibril Rajoub, du Comité central du Fatah, a déclaré au Times of Israel que tous les aspects de la coordination sécuritaire seraient suspendus indéfiniment, et en outre, que l’Autorité palestinienne avait l’intention de se tourner vers de nombreuses organisations internationales avec la requête d’accepter la Palestine comme État membre dès que possible. Dans un entretien différent, Rajoub a ajouté que les dirigeants palestiniens se rencontreraient mercredi soir afin de s’accorder sur des décisions formelles sur ces questions.
    Pourtant la situation sur le terrain, au moins actuellement, est bien différente des déclarations de Rajoub dans la presse. Mercredi après-midi, diverses hiérarchies israéliennes et palestiniennes ont maintenu la coopération sécuritaire à tous les niveaux. Aucun officiel palestinien n’a formellement informé Israël d’une démarche d’arrêt de la coopération. Tout au contraire, même en ce qui concerne la mort d’Abu Ein, le coordinateur des activités du gouvernement dans les Territoires, le Général major Yoav (Poli) Mordechai et son homologue palestinien, Hussein Al-Sheikh, se sont mis d’accord pour permettre à un médecin légiste israélien de participer à l’autopsie d’Abu Ein (un ami d’Al-Sheikh) avec des médecins jordaniens.
    Ironiquement, et peut-être tristement, les détails de l’incident lui-même ne sont plus aussi pertinents. Les Palestiniens ont décidé qu’Abu Ein est un shadid (un martyre) qui a été tué dans un affrontement avec l’armée israélienne. Cela malgré les témoins visuels qui maintiennent qu’Abu Ein a été bousculé pendant la manifestation, mais rien d’autre. Dans les photos et les images vidéos de certains de ses derniers moments, on voit Abu Ein en train de parler avec un officier israélien et de lui crier dessus, mais il n’y a pas de violence. Même après, lorsqu’Abu Ein ne se sentait pas bien, il s’asseoit sur le sol, mais il n’y a aucun signe de violence autour de lui. Est-il possible que des problèmes cardiaques aient causé sa mort ? Certainement.
    Le problème, qui est similaire à d’autres cas dans l’histoire du conflit israélo-palestinien, est que les faits ne sont pas nécessairement la question clef. Cela explique pourquoi le potentiel pour l’escalade est si réel. Sur fond de stagnation économique parmi les Palestiniens, et d’augmentation des incidents violents entre les Palestiniens et les habitants des implantations, même un décès qui a pu être causé par une santé fragile pourrait annoncer le commencement d’une longue et dangereuse détérioration de la situation sécuritaire.
    Abu Ein, âgé de 55 ans, est un des personnages les plus connus des journalistes israéliens couvrant la Cisjordanie. Il parle couramment hébreu, a passé en tout 13 ans dans les prisons israéliennes, – sa première incarcération était pour avoir déposé une bombe dans une poubelle à Tibérias et avoir tué deux adolescents israéliens. Il était un proche de Marwan Barghouti, le commandant de la milice Tanzim du Fatah. [...]
    Les démarches que l’Autorité palestinienne décide de prendre établiront probablement la direction générale dans laquelle nous nous dirigeons. Si une décision formelle de mettre un terme à la coordination sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne est prise, et que l’Autorité palestinienne se tourne effectivement vers les organisations internationales pour en devenir membre, une escalade claire des hostilités sera plus proche que jamais. D’un autre côté, si les officiels de l’Autorité palestinienne font preuve de retenue, tout cela pourrait être évité."

- Analysis / Palestinians unlikely to break security ties with Israel over official’s death (Haaretz) - "Mahmoud Abbas says 'popular resistance' should continue in all its forms, but declined to say what steps the Palestinian Authority would take".
http://www.haaretz.com/news/middle-east/1.631350


Gaza & Hamas

- Abbas soutient l’Egypte face au Hamas (Times of Israel) - "Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a apporté son soutien à l’Egypte face au mouvement terroriste du Hamas, qu’il accuse régulièrement de ne pas partager le pouvoir à Gaza, dans une interview dont l’agence de presse Mena a publié des extraits jeudi".
http://fr.timesofisrael.com/abbas-soutient-legypte-face-au-hamas/
- Abbas backs Egypt crackdown on Gaza tunnels (AFP) - "PA president says in interview that he supports efforts to stop arms trafficking, infiltration".
http://www.timesofisrael.com/abbas-backs-egypt-crackdown-on-gaza-tunnels/

- PA and Hamas argue, Gazans suffer, Israel helps, media clueless (Elder of Ziyon) - "Once again, Israel shows that it cares more about the welfare of people in Gaza than Hamas or the PA. An once again, a story like this will never be covered by the mainstream media. (Yes, I hear the snickering, and I am serious.)"
http://elderofziyon.blogspot.fr/2014/12/pa-and-hamas-argue-gazans-suffer-israel.html
   "Earlier this week there was a dispute between the PA and Hamas about the price of cooking and domestic gas that Israel pumps into Gaza. "A dispute between Gaza's Ministry of Finance and the Palestinian Authority's General Directorate of Petroleum has led to a gas shortage in the coastal territory, local unions said Tuesday. The petroleum directorate has allegedly refused to provide gas stations with fuel to protest a four-shekel ($1) tax imposed by the finance ministry on every 12-kilogram gas container, head of the union of gas station owners Mahmoud al-Shawwa said." As a result, Gazans could not get cooking gas (which many also use for their converted cars and heaters.) The crisis escalated until an agreement on Thursday.
    Normally, Israel closes Kerem Shalom on Fridays, which would mean that the Fatah/Hamas dispute would hurt Gazans all winter weekend without domestic gas. But on the same day that the PA announces that they will be stopping security coordination with Israel, Israel announced that it will open Kerem Shalom on Friday for the pumping of cooking gas and diesel. Once again, Israel shows that it cares more about the welfare of people in Gaza than Hamas or the PA. An once again, a story like this will never be covered by the mainstream media. (Yes, I hear the snickering, and I am serious.)"


"Processus de paix"

- Jordan parliament debate degenerates into antisemitism. There's a lesson there (Elder of Ziyon) - "The Palestinian mentality mirrors that of Jordan. The absolute best that anyone can ever hope for is for their relationship to be as warm as Israel's relationship with Jordan, where practical considerations drive what both sides do while at the same time the Arab political leaders will posture and openly incite more hate".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2014/12/jordan-parliament-debate-degenerates.html

- Resolution 242 Revisited: New Evidence on the Required Scope of Israeli Withdrawal, Eugene Kontorovich (Northwestern University Law School) - "the language of 242 differs notably from the other 18 distinct territorial withdrawal demands, all of which explicitly require a complete withdraw from the territory in question. An examination of these resolutions supports the view that 242’s unusual wording was a meaningful and substantive drafting choice".
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2534179
Abstract:
   "United Nations Security Council Resolution 242, passed in November 1967, in the wake of the Six Day War, is widely regarded as among the most important ever. But it’s meaning is also the most debated. The resolution famously called for “Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict.” The meaning of this provision – in particular, the extent of the required withdrawal - has been contested ever since.
    This article presents new evidence on the resolution’s meaning – an issue that has gained new relevance amidst current diplomatic efforts for a Security Council resolution that could effectively supersede 242. The article does not engage all the myriad disputes and questions about the resolution, nor aim at a comprehensive evaluation of it. Rather, it adds two important but previously unappreciated dimensions that bear on how 242 should be read.
    First, the article examines the meaning of 242’s withdrawal provision by comparing it to all other such territorial withdrawal demands issued by the Security Council. It finds that the language of 242 differs notably from the other 18 distinct territorial withdrawal demands, all of which explicitly require a complete withdraw from the territory in question. An examination of these resolutions supports the view that 242’s unusual wording was a meaningful and substantive drafting choice.
    Second, the article examines contemporaneous understandings in the United Nations about the rules concerning territorial. Discussions in the International Law Commission, involving the leading international law jurists of the post-WWII era, demonstrates that it was generally agreed that the U.N. Charter introduced a new prohibition on territorial changes as a result of war, a principle referred to in the preamble of 242. Yet the same discussions also make clear that this rule was understood to have significant limitations and exceptions."


Monde

- Le Parlement irlandais a voté pour la reconnaissance d'un État palestinien (AFP) - "Bien que la motion ait été proposée par le parti d'opposition Sinn Fein, elle a obtenu le soutien de tous les partis du Parlement". Pour rappel, l'Irlande est réputée être le pays le plus anti-israélien de l'Union européenne.
https://fr.news.yahoo.com/parlement-irlandais-vot%C3%A9-reconnaissance-dun-%C3%A9tat-palestinien-075233994.html
   "Les députés irlandais ont adopté mercredi une motion symbolique demandant à leur gouvernement de reconnaître un État palestinien. Le Parlement irlandais est le dernier parlement européen à avoir voté en ce sens après les parlements français, britannique et espagnol, témoignant d'un sentiment grandissant de frustration vis-à-vis d'Israël et de la stagnation du processus de paix.
    La motion, qui n'est pas contraignante, demande au gouvernement irlandais de "reconnaître officiellement l'État de Palestine sur la base des frontières de 1967 et avec Jérusalem Est comme capitale, comme stipulé par les résolutions des Nations unies". Ce serait "une contribution positive pour garantir une solution négociée entre deux États au conflit israélo-palestinien" précise la motion.
    Le gouvernement irlandais n'est pas tenu de se soumettre à la motion mais le ministre irlandais des Affaires étrangères, Charlie Flanagan a déclaré que Dublin soutenait le principe d'une solution fondée sur l'existence de deux États. "J'ai clairement affirmé que je n'avais absolument aucune réserve de principe à l'idée d'une reconnaissance rapide si, comme je le pense, cela peut contribuer à une solution du conflit" a-t-il précisé.
    En octobre la Suède a été le premier pays d'Europe occidentale à reconnaître l'État palestinien. Selon l'Autorité palestinienne, actuellement quelque 135 pays dans le monde reconnaissent l'Etat de Palestine. Bien que la motion ait été proposée par le parti d'opposition Sinn Fein, elle a obtenu le soutien de tous les partis du Parlement dont ceux de l'alliance gouvernementale. [...]"

- Syrian Refugees Get Resettled But Not Palestinians, Jonathan S. Tobin (Commentary) - "even as Syrian refugees in camps in neighboring nations are allowed to resettle elsewhere, Palestinians still stuck in Syrian refugee camps remain in place unable and unwilling to budge from the site of their misery".
http://www.commentarymagazine.com/2014/12/10/syrian-refugees-get-resettled-but-not-palestinians/


Point de vue

- Français et Juif, Raymond Aron (été 1979, publié dans Commentaire n° 145, printemps 2014) - un inédit très intéressant de Raymond Aron sur le judaïsme, le sionisme, l'identité.
http://www.commentaire.fr/revue/145/revue-145-printemps-2014.html

   "Si je n’interroge pas le passé, je ne me sais pas juif, sinon par le regard que jettent les autres sur moi. Quand pourrais-je me dire juif alors que j’ignore presque tout de la Bible, du Talmud et de la condition des Juifs au cours des siècles de la Diaspora ?

    Avant 1933, je ne dirais pas que, consciemment, je voulais être un Français comme les autres ; une ; une telle volonté aurait impliqué un choix après une incertitude. Français, je l’étais par la langue que je parlais, par les émotions qui m’agitaient, par les amis avec lesquels je mûrissais. Bien sûr, on parlait en famille de l’antisémitisme de temps à autre, on accusait tel ou tel Juif de notre connaissance de provoquer l’antisémitisme, on évoquait encore, de temps en temps, l’affaire Dreyfus […]. C’est en Allemagne, entre 1930 et 1933, alors que montait la vague national-socialiste, que l’antisémitisme du milieu me frappait non pas comme un dérangement venu de l’extérieur, mais comme une mise au défi. J’étais donc juif, mais quel sens voulais-je donner à ma judéité ?

    Première réaction : d’abord ne pas dissimuler un fait de naissance qui me serait imputé par d’aucuns à déshonneur, voire à infamie. Si les Juifs, demeurés fidèles à leurs ancêtres et à leur foi, risquaient de souffrir à cause de leur fidélité, je n’acceptais pas de tirer profit de mon évasion. Au reste, l’interprétation biologique du judaïsme me privait, en tout état de cause, des bénéfices de l’évasion. La question ne se posait pas, sinon sous une forme simple : qui se respecte ne dissimule pas son origine si le monde environnant revient deux siècles en arrière et reconstitue un ghetto, autrement odieux que celui de la civilisation chrétienne. Les Juifs du ghetto trouvaient réconfort et parfois fierté de leur judéité ; les Juifs déjudaïsés comme je l’étais, s’ils étaient rejetés dans un nouveau ghetto, ne retrouveraient pas une communauté, méprisée et humiliée mais une communauté malgré tout ; ils seraient enfermés avec des compagnons d’infortune avec lesquels ils n’avaient en commun que leur infortune. Simon Weil écrivit aux autorités moins pour dénoncer le statut des Juifs que pour protester de l’application de ce statut à elle, qui ne se considérait d’aucune manière juive. Attitude que rendait intelligible le jugement qu’elle portait sur les Juifs et les religions mais qui, à l’époque, m’avait paru indigne. Autrement noble, l’attitude d’Henri Bergson, qui refusa le baptême pour ne pas abandonner ses frères dans la détresse.

-          L’antisémitisme

    Pour un Juif déjudaïsé, rien n’est plus séduisant que la thèse de Jean-Paul Sartre : c’est l’autre qui le baptise juif en le traitant comme tel. L’essai brillant et généreux de Sartre ne me convainc pas. L’analyse existentielle souffre d’ignorer l’histoire et de glisser vers l’essentialisme. Il y a de multiple manières de se dire antisémite ou de dire « je ne suis pas antisémite, mais… ». En certains cas, l’antisémitisme pénètre l’être tout entier de la personne et le portrait de l’antisémite en tant que tel, par excellence, prend une certaine vérité, encore que l’analyse des antisémites à travers le temps et les classes sociales me semblerait plus féconde. Comment saisir le ou les sens de l’antisémitisme ?
    L’antisémitisme originel, celui que l’on peut tenir pour responsable du destin juif dans la sphère de la civilisation chrétienne, c’est l’antisémitisme religieux : la vindication du peuple déicide. Le Christ a été crucifié par les Juifs qui ne l’ont pas reconnu pour le messie. La malédiction pèse sur eux, de génération en génération. Dans une civilisation qui se voulait unifiée par une seule foi, les Juifs étaient condamnés à la marginalité. Physiquement séparés des chrétiens, réduits à des professions interdites aux chrétiens et qui disqualifiaient ceux qui s’y adonnaient, les Juifs oscillaient entre les temps bénis où un pouvoir, papal ou princier, les protégeait sans les libérer et les temps maudits où la foule, spontanément ou manipulée, saccageait, pillait, massacrait ces minorités qui survivaient grâce à leur résistance morale et leur foi, grâce aussi aux liens que maintenaient les uns avec les autres ces îlots dispersés du judaïsme.

-          La déjudaïsation

    Les Juifs déjudaïsés accomplissaient le rêve ou le projet des libéraux qui arrachèrent à la Constituante le principe de l’Emancipation des Juifs. Même les Juifs devenaient des citoyens, en droit de revendiquer les privilèges de la citoyenneté, non plus taillables et corvéables à merci mais autorisés, comme les Français, à déposer un bulletin de vote dans l’urne. Devenus politiquement français, les Juifs n’étaient pas légalement tenus à sacrifier leurs croyances, ni même à leurs coutumes. Mais la plupart des libéraux, amis de Juifs, partageaient plus ou moins la détestation de Voltaire à l’égard des Juifs, amplification caricaturale de la détestation qu’il portait à toutes les Eglises. Selon eux, les Juifs, acceptés par la France, deviendraient des Français et se débarrasseraient des préjugés et des coutumes qui rendaient méprisables ces communautés juives.
    La déjudaïsation se développait au XIXe siècle rapidement, non sans à-coups. L’affaire Dreyfus fit concevoir à un Juif déjudaïsé l’idée d’un Etat d’Israël. Le reflux des Juifs de l’Est vers l’Ouest paralysait à moitié les efforts des Juifs établis en Allemagne et en France, impatients de différer le moins possible des vrais Allemands ou Français. Après 1918, des Juifs de l’Est affluèrent vers l’Allemagne ; après 1933, ils affluèrent vers la France. Il n’y a jamais eu autant de Juifs en France qu’aujourd’hui [en 1979], par suite de l’exode des communautés d’Afrique du Nord. Je ne sais si avant l’Emancipation les Juifs se demandaient s’ils constituaient un peuple, si le peuple avait vocation à constituer une nation, c’est-à-dire à se donner un territoire ou un Etat à eux. Si les Juifs forment un peuple, comment peuvent-ils adhérer de tout cœur les uns à l’Allemagne, les autres à la France ?
    Pendant la Première Guerre, les Juifs, des deux côtés du Rhin, partageaient sans réserve les passions de leurs compatriotes. Si des liens furent sauvegardés entre les communautés juives d’Allemagne et de France – ce que je ne sais pas –, ils furent ténus, discrets. Massivement, les Juifs d’Allemagne se voulurent allemands, comme ceux de France français. L’antisémitisme fut ranimé, relancé en Allemagne par suite de la légende du coup de poignard responsable de la défaite, par suite de la place occupée par les Juifs dans la République de Weimar, par suite de la recherche d’un bouc émissaire. Des ressentiments professionnels nourris par la concentration des Juifs dans certaines activités, des ressentiments nationaux et sociaux contre ceux qui acceptaient d’exécuter le traité de Versailles et sur lesquels retombait la responsabilité de la grande dépression, ces causes, résultat de l’Emancipation des Juifs et de leur insertion dans la société, prirent la relève de l’enseignement du mépris. L’antisémitisme chrétien contre le peuple déicide visait une minorité mise au ban de la société. L’antisémitisme des temps modernes et libéraux reconstituait une communauté en cours de disparition. Combien de Juifs, en Allemagne ou en France, ont pensé comme Simone Weil, toujours extrême dans son orgueil : « Pourquoi me tenez-vous pour juif ? Je n’ai rien à voir avec le judaïsme. »
    Le génocide, le silence du Pape et aussi celui de Franklin Delano Roosevelt et de Winston Churchill, l’ambivalence du milieu environnant ont pour le moins troublé la bonne conscience et la sérénité des Juifs déjudaïsés. Et la création de l’Etat d’Israël enlevait, pour un temps, toute chance à la doctrine assimilatrice des partisans de l’Emancipation. Que les Juifs deviennent citoyens français qu’à la condition de dépouiller le vieil homme, d’effacer les singularités de croyance et d’héritage qui en faisaient des Juifs, c’est une autre chose. Aujourd’hui chez les Juifs, en France, domine la thèse de la citoyenneté avec la préservation de la différence. Mais quelle différence ne veulent pas sacrifier les Juifs qui ne croient pas au Dieu d’Abraham et de Jacob ?
    Quelles que soient les singularités des Juifs par rapport aux autres minorités nationales de la France d’aujourd’hui, je vois un élément commun aux Bretons et aux Juifs : ils n’existent comme tels, ils ne se rangent dans la minorité nationale, que par leur « décision propre ». Nés dans une Bretagne française, dans une famille juive française depuis au moins cinq générations, ils se sentent ou non solidaires des Bretons qui revendiquent une identité propre, des Juifs qui divisent leur patrimoine entre Israël et la France. Je ne vois pas au nom de quelle moralité je condamnerais les Juifs indifférents ou hostiles à Israël. Ils n’ont jamais interprété leur judéité comme un principe de nationalité. Il m’arrive souvent de penser que, rationnellement, j’aurais dû incliner dans ce sens. Qu’ai-je de commun avec les artisans yéménites qui, après 1948, ont fui leur pays ou en ont été expulsés et continuent de fabriquer, en Israël, les mêmes bijoux bon marché, désormais pour les touristes, juifs ou non ?
    Je partage avec les Juifs venus d’Europe le même passé – non pas le passé dont je me souviens, que mes parents m’ont transmis, mais le passé des historiens, celui des pogroms, des expulsions et des retours, des persécutions et du mépris. Mais, dès lors que j’ai non pas reçu mais voulu la nationalité française, j’ai pris la décision de ne pas choisir en première ligne la solidarité avec les coreligionnaires, mais de parier sur la communauté avec les compatriotes.
    Aussi bien, quand j’accédai à la conscience politique ou historique, la laïcité de l’Etat, la réduction de la religion à une affaire privée passaient pour une vérité acquise de l’époque moderne. Hitler, le gouvernement de Vichy m’ont-ils convaincu que je m’étais trompé, qu’un Juif ne peut s’accomplir en reniant sa judéité, en l’effaçant par l’intégration dans une patrie de chrétiens ?

-          Une certaine conscience juive

    Les événements ont réveillé en moi une certaine conscience juive, mais ils ne m’ont pas amené à un choix différent de celui que j’avais fait dans la quiétude de la jeunesse. Rien, en effet, ne nous garantit d’une autre explosion de l’antisémitisme en un avenir indéterminé. Tant que la majorité des Juifs français ou américains veulent garder tout à la fois leur identité juive et leur nationalité française ou américaine, ils demeurent exposés à ces mouvements imprévisibles de passion, si improbables qu’ils apparaissent aujourd’hui, qui balayent, dans la tempête, les règles et les coutumes de la vie politique. Des Israéliens sûrs de leur supériorité – eux, ils ont assumé leur destin de Juifs – regardent parfois de haut les Juifs de la Diaspora. Ben Gourion avait déclaré, un jour, que les Juifs ne pouvaient accomplir pleinement leur judéité qu’en Israël. Affirmation acceptable, à la rigueur, pour qui croit que la judéité est liée de manière religieuse à la terre de Palestine. Mais pour qui ne croit ni à Dieu ni à l’Alliance, pour le Juif fidèle à la tradition, à son histoire et non pas au dialogue de Dieu et d’Abraham, que signifie l’obligation de vivre en Israël ?
    J’ai, un peu plus haut, mentionné l’élément commun au Breton et au Juif : l’un et l’autre sont libres d’adopter, d’assumer leur celtitude ou judéité ou de les ignorer. L’écrivain qui écrit des récits en celte est plus breton que je ne suis juif puisque je ne dispose d’aucun autre instrument pour m’exprimer que le français. Mais, en un autre sens, ma judéité existe tout autrement que la celtitude. Les Celtes ont été submergés par les Germains, puis les Romains. Ceux qui subsistent dans les recoins de l’Europe, du Pays de Galles, de l’Irlande ont survécu mais sans accomplir la culture qu’ils portaient en eux. L’autonomie ou l’indépendance que revendiquent les Bretons ne tend pas à la résurrection de leur culture écrasée par les envahisseurs. Elle satisferait à des revendications socio-économiques suscitées par certaines form
es de la civilisation, dans un folklore de fantaisie. Les Juifs, eux, se vantent de la continuité de leur histoire, à travers les catastrophes. Première destruction du temple, puis deuxième destruction, génocide hitlérien ; les Juifs n’ont pas disparu. Trente ans après les chambres à gaz, le judaïsme d’Europe centrale ne s’est pas relevé : la Pologne est judenfrei et les quelques dizaines de milliers de Juifs qui ont survécu et qui sont revenus en Allemagne rappellent le désastre d’hier plutôt que la promesse d’un renouveau. Mais, en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis – sans parler d’Israël –, les Juifs sont plus nombreux, ils occupent plus de postes d’importance que jamais. Si l’on accepte la notion du peuple juif, alors il faut dire que le peuple juif a surmonté la troisième catastrophe qui l’a frappé. Selon l’expression favorite, où sont les empires orgueilleux qui déportèrent les Juifs, détruisirent leur temple, massacrèrent les hommes, femmes et enfants, où sont Babylone, Persépolis de Cyrus, la Rome de Titus, le IIIe Reich ? Les empires s’élèvent, durent quelques années ou quelques siècles, et s’effondrent dans la poussière, au milieu du fracas des armes et dans le sang des guerriers. La prière des Juifs continue de monter sur le siècle et il se trouve des millions et des millions d’êtres qui lisent la Bible, entendent les Prophètes sans reconnaître en Jésus le fils de Dieu, Dieu qui s’est fait homme.

-          Peuple ou minorité ?

    En quoi les Juifs de tous les pays constituent-ils un peuple ? Le mot de peuple n’évite pas plus l’équivoque que tous les mots qui désignent un collectif, pour reprendre l’expression de Jean-Paul Sartre. Si l’on cherche les traits objectifs qui caractérisent un peuple, on mettra à part le peuple juif. Peuple dispersé entre les pays et les continents, qui ne dispose pas d’une langue commune – mis à part l’hébreu, langue sacrée et non courante, avant Israël –, peuple dont les morceaux ne gardent intacte leur identité qu’à la condition d’être refusés par les pays d’accueil, peuple qui se définit par sa religion et qui ne descend pas d’une souche unique. Peuple qui se considère en exil et qui n’affirme une vocation nationale que depuis à peine un siècle. Et, une fois Israël établi, la majorité, l’immense majorité des Juifs préfèrent la Diaspora à Jérusalem. Sur ce sujet, c’est l’acte qui révèle le sentiment, donc la réalité. L’attachement verbal de nombre de Juifs à Israël sert de substitut à l’alya qui, seule logique, consacrerait la substance du peuple juif.
    Le peuple juif, à supposer que l’on maintienne cette expression, ne ressemble pas aux peuples arménien ou kurde, qui sont partagés entre plusieurs entités politiques mais qui entretiennent une aspiration nationale. Les Arméniens, en France ou aux Etats-Unis, n’oublient ni leur territoire lointain ni leur être singulier. Ils répondent à la notion courante de la minorité nationale, groupe culturel qui a vocation de se constituer en nation, donc en entité nationale. Les Juifs religieux de la Diaspora ne situaient pas le retour à Jérusalem dans l’histoire séculière, c’est l’arrivée du Messie qui marquerait la reconstruction du temple et d’Israël, et du même coup la réconciliation des peuples et une sorte de fin des temps.
    Le sionisme moderne a été l’œuvre d’Européens qui n’acceptaient plus l’existence marginale réservée aux Juifs. Les uns voulaient Israël parce qu’ils y jouiraient de la pleine citoyenneté que les nations du Vieux Continent ne leur accordaient pas, ou aussi parce qu’ils n’y paieraient pas la citoyenneté par la déjudaïsation. Du même coup, la minorité juive cessait d’être une minorité religieuse mais aussi, virtuellement, une minorité nationale.
    Pas plus que les Juifs ne forment un peuple comme les autres, ils ne forment une minorité nationale comme les autres. Cas unique qui n’implique pas le recours à une interprétation surnaturelle. Les communautés juives ont survécu dans des civilisations unifiées par la religion, repliées sur elles-mêmes, d’autant plus opiniâtres dans leur foi qu’elles ne pouvaient s’ouvrir à l’environnement. Le libéralisme, l’assimilation, les mariages mixtes mettaient en péril le peuple juif puisque celui-ci doit sa quasi-existence au sort semblable réservé à ceux qui, avec d’autres, conservent le même livre et la même foi. Pour ceux qui ont perdu le livre et la foi, pour qui refusent-ils d’aller jusqu’au bout de la « libération », de la sortie finale hors de cette communauté que Toynbee appelait un fossile de la civilisation syriaque ?

-          Fidélité

    La question, je me la pose à moi-même. Les raisons rationnelles que je me donne de ma demi-fidélité  au judaïsme, je les ai déjà mentionnés : on n’abandonne pas les siens dans le malheur. Puisque les autres m’appelleront en tout état de cause juif, quelle que soit l’attitude que j’adopte, il est d’autant plus convenable d’assumer l’être pour les autres qu’il ne dépend pas de moi de le modifier. Les communautés juives ont longtemps constitué une sorte d’internationale pour que chacune d’elles, frappée soudain par la persécution, puisse trouver quelque part un appui. Les Juifs de la génération du génocide de rejettent pas à la légère cet argument que d’aucuns ramèneront à la prudence ou au welfare. Je doute que ces raisons abstraites rendent compte pleinement de mon attitude ou de celle d’autres Juifs, tout autant déjudaïsés que moi-même et pourtant tout autrement conscients de leur judéité que nous tous l’étions, il y a un demi-siècle. C’est le génocide, la demi-connivence du gouvernement de Vichy dans la persécution des Juifs qui nous ont rappelé que nous ne pouvions pas échapper à un destin comme nous en avions l’illusion avant le temps du mépris. Abstraitement, j’avance un argument que je sais mal dans quel registre mettre : ne pas rompre ses racines. […] Tout bons Français qu’ils étaient, ils se savaient et se voulaient juifs ; mon grand-père connaissait par son père et son grand-père la condition des Juifs dans le ghetto. Dois-je rompre les attaches ? Oublier les ascendants ? Je me dois à moi-même une image justificatrice : si j’apparaissais dans un autre monde devant mon grand-père, je ne devrais pas rougir de l’avoir oublié et, pour ainsi dire, renié.
    Fidélité donc, mais de quelle nature ? A la France, à la langue française, je dois tout, mes mots, mes rêves, mes affections politiques, mes ambitions ou mes amitiés. Au judaïsme, je ne dois rien. Peut-être suis-je, sans le savoir, chargé d’un héritage juif ; peut-être l’autre verra-t-il dans mon visage, mes gestes, l’empreinte du judaïsme. Mais cet héritage, à supposer qu’il ne se réduise pas à un fantasme, inscrit peut-être dans les gènes, se situe dans le subconscient, matériau de la personnalité et non objet d’une décision de soi sur soi-même. Suis-je, du moins par les émotions, juifs avant ou en même temps que français ? Je ne sais. Quand je crus Israël en danger, à la veille de la guerre des Six-Jours, je témoignai d’un bouleversement qui, après coup, me surprend moi-même. Mais, au moment du désastre de 1940, j’éprouvais le sentiment désespéré que j’avais perdu ma patrie et que la France était perdue. La perte de la France en soi et pour moi me plongeait dans l’abîme. Je ne pouvais vivre sans mon pays. Je pourrais vivre ailleurs mais je me disais que je ne retrouverais pas ma patrie – un pays ami, oui, mais pas ma patrie. Pourquoi ce sentiment qui, à la réflexion, ne me paraît pas plus rationnel que celui que je porte à Israël ?"

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