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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 22:15
France

- Les Juifs de France aiment déjeuner avec l’Ambassadeur du Maroc (JSS)
http://jssnews.com/2009/12/12/les-juifs-de-franceaimentdejeuneraveclambassadeurdumaroc/
   "Le Centre communautaire de Paris, a organisé un déjeuner convivial autour d’El Mostafa  Sahel, le nouvel ambassadeur du Maroc. Tour à tour, Edmond Elalouf, Pierre Besnainou, Richard Prasquier et le rabbin David Messas ont loué la qualité des rapports du roi avec les juifs originaires du Maroc, en présence de nombreux  responsables de la communauté, dont Haïm Musicant et Ariel Amar pour le CRIF.
    El Mostafa Sahel a rappelé la longue tradition d’hospitalité, de respect, des différents monarques marocains par rapport à leur communauté juive. El Mostafa Sahel, qui a été nommé, il y a peu à Paris, a été, dans de précédentes fonctions, ministre de l’intérieur et ambassadeur de son pays auprès de l’ONU."

- Dieudonné : La fascination du pire (Vidéo 9mn30) - un reportage intéressant sur le rapport entre Dieudonné et les médias. Je trouve la thèse peu crédible - un Dieudonné manipulateur subtil et des médias qui tombent dans le piège en le surexposant -, mais le petit documentaire pas mal fait.
http://www.dailymotion.com/video/xbgm91_dieudonne-la-fascination-du-pire_news

- Lorsque le CRIF et les Verts se disent les choses… (CRIF) - Cécile Duflot : « bien sûr que les roquettes c’est scandaleux, mais les moyens utilisés (par Israël) sont tout aussi dangereux et ne résolvent rien. » 90% de roquettes sur Israël en moins depuis Plomb fondu, mais sans doute que cela ne signifie "rien". Marc Knobel interpelle les Verts sur leur participation à la campagne de boycott contre Israël. Cécile Duflot ne sait même pas que la campagne BDS vise à boycotter Israël dans son ensemble (elle croyait viser les "territoires"). Et il s'agit de la secrétaire nationale des Verts ! Quoi qu'il en soit elle ne critique pas pour autant la campagne BDS. Un conseiller régional Vert d'Ile-de-France assume le boycott total, estimant qu'il s'agit d'une "arme non-violente". Tant pis s'il s'agit d'une discrimination illégale. Et il est maire d'une ville !
http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=17754&returnto=accueil/main&artyd=2
   "Une délégation du CRIF, conduite par son président Richard Prasquier, et une délégation des Verts, conduite par Cécile Duflot, secrétaire nationale, se sont rencontrés mardi 8 décembre 2009, au siège des Verts.
    D’emblée, Cécile Duflot a soutenu que les deux parties devaient dialoguer, car le dialogue est nécessaire et utile, surtout après que des malentendus ont eu lieu ces dernières années. Elle a rappelé à ce sujet que, lors d'un dîner annuel du CRIF, le 27 janvier 2003, l’ancien président, Roger Cukierman avait dénoncé une « alliance brun-vert-rouge » antisémite, provoquant le départ de la salle de Gilles Lemaire, secrétaire national des Verts. « Les amalgames peuvent froisser et blesser », a-t-elle indiqué. Elle a dit par ailleurs regretter l’absence d’invitation des Verts au dernier dîner du CRIF (2 mars 2009).
    Richard Prasquier a rétorqué que les amalgames ne manquent pas lorsque l’on parle des positions du CRIF. Il a aussi expliqué que, durant le conflit entre Israël et le Hamas, la communauté juive avait mal vécue cette période. Il a raconté qu’il se trouvait à Sdérot à ce moment là. « La ville était quotidiennement bombardé par le Hamas, depuis de nombreuses années, alors que les israéliens s’étaient désengagés de ce territoire. Les habitants étaient traumatisés. Sdérot, c’était invivable. La population se demandait ce qui se passait ». « Quel gouvernement au monde accepterait que ses villes soient bombardées, ses habitants terrorisés, sans que personne ne réagisse et ne bouge ? », s’est exclamé alors le président du CRIF. Richard Prasquier a également rappelé qu’en France, tout au long du mois de janvier, des manifestations violentes ont été organisées où l’on scandait « Israël assassin ! » dans les rues de Paris. Il a ajouté qu’un certain nombre d’agitateurs ont provoqué des violences et ont voulu marcher sur des synagogues, pour en découdre avec les Juifs. « Les prises de position dans les moments difficiles, cela compte, si on a le courage de parler contre soi-même », a-t-il indiqué, faisant allusion à l’absence de communiqué des Verts pour condamner les dites violences.
    Tout en confirmant l’absence de communiqué, Cécile Duflot a répondu que « lors des manifestations, il n’y a eu aucune complaisance avec les violences... On a essayé de ne pas se mélanger, de repousser les gens et il y avait une crainte très forte. » « Il est blessant que l’on ait pu imaginer qu’il ait pu avoir une complaisance à ce niveau-là », a-t-elle dit à Richard Prasquier. Puis, elle a parlé du Hamas. « Le Hamas est préjudiciable à la population de Gaza, c’est une évidence. Il est dangereux, notamment pour les femmes. » Elle a regretté par ailleurs que le Hamas ait progressé dans une situation sociale extrêmement difficile et « d’oppression des Palestiniens ». Puis, elle a ajouté : « bien sûr que les roquettes c’est scandaleux, mais les moyens utilisés (par Israël) sont tout aussi dangereux et ne résolvent rien. »
    Richard Prasquier lui alors répondu : « quelle armée au monde prévient les civils, par des largages incessant de tracts, que des bombardements vont avoir lieu ? » Richard Prasquier a rappelé, par ailleurs, que les terroristes du Hamas ont utilisé les civils, se sont mélangés à eux, se servant d’eux comme de boucliers humains. « Etant donné les conditions de l’opération et la façon dont les choses se sont déroulées, l’armée israélienne a fait le moins de mal possible. »
    Dans le cours de la conversation, Cécile Duflot a indiqué que « l’on peut avoir de l’amitié pour les Juifs, une aversion profonde pour l’antisémitisme, et devoir être vigilant contre l’antisémitisme, on peut être d’une fermeté totale et ne pas confondre (cela) avec la politique israélienne. » « Comment construit-on la paix ? Quel rôle pouvons nous jouer, nous qui ne vivons pas là-bas ? Quel rôle jouons-nous ? (ce d’autant plus) que les questions du mur et des colonies compliquent les choses. »
    Marc Knobel, chercheur au CRIF a alors pris la parole : « Quel rôle jouer ? Pourquoi n’iriez-vous pas en Israël, pourquoi ne rencontreriez-vous pas des politiques, des diplomates, le peuple, à la place d’appeler au boycott des produits israéliens ! » « Lorsque les Verts décident de soutenir, le 6 octobre 2009, l’appel au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël), ils commettent une faute. Pensez-vous que la stratégie qui consiste à empêcher que le salon du Livre se tienne en mars 2008, sous le prétexte qu’Israël en fut l’invité d’honneur, soit une bonne stratégie ? Pensez-vous que le boycott d’universitaires, de scientifiques ou d’universités israéliennes ait un sens ? Pensez-vous que vous ferez progresser la paix en boycottant Amos Oz, David Grossman et d’autres écrivains israéliens, alors qu’ils encouragent la continuation du processus de paix ? Pensez-vous que les vociférations et les gesticulations des militants d’Europalestine, notamment à l’intérieur de supermarchés, pour empêcher la vente de produits israéliens, soit une bonne méthode ? Et que penser des sites Internet qui appellent au boycott ? Tout cela est illicite, discriminatoire et honteux », a affirmé Marc Knobel.
    Cécile Duflot lui a répondu que le boycott était pacifique et qu’il ne fallait pas faire d’amalgames. « Les intrusions dans les supermarchés, ce n’est pas nous », a-t-elle déclaré [problème : une eurodéputée Vert y participe], ajoutant que les Verts se limitent aux produits israéliens qui sont cultivés dans les territoires. « Dans les territoires ? Mais, on vous ment lorsque l’on vous incite à appuyer le BDS et lorsque l’on vous dit que le boycott vise essentiellement les produits des territoires. Omar Barghouti, le théoricien du boycott a définit la stratégie : il veut qu’Israël soit traité comme l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. Et nombre d’initiateurs du boycott veulent détruire l’Etat d’Israël », a répondu Marc Knobel. « Nous savons, a-t-il poursuivi, ce que l’on fait pour stigmatiser Israël. Les associations pro-palestiniennes raffolent de ce genre de vocables (‘Apartheid’, ‘génocide du peuple palestinien…’) et de comparaisons, tant elles aiment utiliser mots et concepts qui catégorisent le conflit ou diabolisent l’Etat d’Israël ! » Richard Prasquier a surenchérit : « Vous n’avez pas conscience du niveau de haine (des Juifs) qui existe depuis Nasser ! »
    Jean-Marc Brûlé, maire de Cesson, conseiller régional (Vert) d’Ile de France a rétorqué que « le dialogue est très utile. Mais, nous savons ce que nous devons faire en tant que pacifistes. » Il a reconnu qu’il y a une « tentation dans un certain nombre de composantes d’utiliser des moyens pour nourrir la haine des Juifs et vouloir la destruction d’Israël. C’est inqualifiable. Utiliser le terme de ‘génocide’ est extrêmement grave, il faut être extrêmement vigilant pour faire notre devoir en tant que parti politique et par conséquent pouvoir critiquer une politique… je pense que lorsque l’on parle du boycott, c’est une arme non-violente, mais la chose est plus sensible lorsqu’il est question d’Israël. » «  Le boycott n’est pas une arme, il est une discrimination, le code pénal est très clair », a répondu Marc Knobel.
    Bernard Gahnassia, président de la commission des relations avec les élus locaux et membre du comité directeur du CRIF a conclu la réunion en ces termes : « Ces échanges me renforcent dans l’idée qu’il faut se parler. » Il a proposé que Cécile Duflot soit invitée par le CRIF et rencontre les membres du Conseil. La secrétaire nationale a accepté le principe d’une rencontre ultérieure."

- Le franco-libanais Antoine Sfeir (journaliste, directeur des Cahiers de l'Orient, président du Centre d'études et de réflexions sur le Proche-Orient) auditionné par la commission sur la burqa : Tariq Ramadan n'aurait pas dû être invité (Vidéo Chaîne parlementaire 11mn12) - Glavany décrit les méthodes "fascistes" des pro-Tariq Ramadan à son encontre. Sfeir estime que le réflexe de "tolérance" envers les musulmans sans même les connaître est une forme de néo-colonialisme. Un moment passionnant de la mission.
http://www.dailymotion.com/video/xbgrva_antoine-sfeir-et-glavany-attaquent_news
    Antoine Sfeir : "Je suis tout à fait d'accord pour que la commission écoute tout le monde, mais vous me pardonnerez, monsieur le Président, de m'étonner, d'être surpris d'avoir appris - hélas en étant à quelques milliers de kilomètres de là - que la commission a voulu auditionner un citoyen qui n'est pas un citoyen français, quelqu'un qui hélas affiche quasiment son imposture intellectuelle, puisqu'il n'a jamais été professeur d'université, il est à peine professeur d'école. Et je vous invite à appeler l'université de Fribourg, de grâce, et à poser la question si ce personnage a été un jour professeur. On vous répondra qu'il n'a été qu'intervenant extérieur, de plus en plus rarement invité, et qu'aujourd'hui s'il est à la chaire d'islamologie à Oxford, il le doit au prédicateur des Frères Musulmans Youssef Qaradawi, puisque la chaire est payée et entretenue par l'émirat du Qatar.
    Mais attention, et pardon de vous mettre en garde, ne donnons pas dans le panneau des islamistes. Lorsque les islamistes suisses demandent la construction de minarets, c'est pour faire peur, et entraînant la peur, ils donnent mauvaise conscience à ceux qui ont eu peur, qui accepteront plus facilement le voile ou autre chose."
    Le député PS Jean Glavany : "[...] Je voudrais revenir sur l'allusion que vous avez faite à une des auditions que nous avons provoquées, pour informer la mission de ce qui m'est arrivé depuis, parce que j'ai osé, devant l'impétrant, dire que nous étions quelques députés à partager votre point de vue, et que nous considérions qu'auditionner cet homme était donner une honorabilité, une respectabilité et une tribune qu'il ne méritait pas. J'ai après l'audition été enseveli par une avalanche de mails d'une violence fascisante. Oh, une avalanche : quelques dizaines. Et comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je me suis amusé à faire une analyse des textes et puis j'ai retrouvé les mêmes phrases bien entendu, soit dans le premier, soit dans le deuxième, soit dans le troisième paragraphe, puis j'ai enquêté un peu auprès des connaisseurs de ces méthodes, et puis j'ai découvert que ce monsieur payait ce fascisme sur Internet, payait des intervenants pour ça. Donc je voulais remercier ceux qui m'ont donné l'occasion de subir ce traitement, pour moi c'était une confirmation de plus de la supercherie de cet homme.
    Je voudrais revenir sur le fond, à propos de votre intervention, parce que j'ai fait la réflexion qu'il y avait un lien, pas forcément innocent, entre le succès médiatique de cet homme... Vous voyez, je vous le dis Monsieur Sfeir, je suis désolé de voir qu'aujourd'hui il y a deux ou trois journalistes pour un exposé passionnant, quand il y en avait cinquante pour cet usurpateur. C'est désespérant pour des gens qui sont attachés au fond."
    Antoine Sfeir : "Vous avez affaire à quelqu'un qui est beau, qui a des yeux de velour, et qui surtout manie la rhétorique d'une manière extraordinaire."
    Jean Glavany : "Je pense qu'il n'y a pas de hasard entre le fait que la Suisse ait voté comme elle a voté, et le fait que ce soit le pays où cet homme a le plus d'audience. Parce que je pense que cet homme provoque de l'extrémisme anti-islamique, je le pense profondément. Et j'y viens à propos de son appartenance, que je crois avérée parce qu'il l'a reconnu, pas devant nous bien entendu, mais dans d'autres enceintes, son appartenance aux Frères musulmans, et c'est là où je voudrais en venir pour vous interroger. Parce que ces Frères musulmans jouent ce jeu, à travers des prédicateurs de ce type, qui se croient honorables, ce jeu du combat contre l'extrémisme salafiste pour mieux faire prévaloir leur thèse qui n'est pas moins extrémiste. [C'est la thèse aussi de Caroline Fourest.] Et c'est sur ce sujet-là que je voulais vous entendre et vous interroger, ce jeu idéologico-politique joué par les Frères musulmans à l'égard des salafistes, mais qui provoque in fine ces réactions anti-islamiques si condamnables dans certains pays, et dont nous ne sommes pas forcément indemnes."
    Antoine Sfeir : "Pour démonter un peu la rhétorique à laquelle faisait allusion M. Glavany. Elle est remarquable, c'est en ce sens que je disais que ce personnage manie la rhétorique d'une manière brillante. Il nous dit être contre les salafistes, parce que les salafistes ont une lecture littéraliste du Coran, en disant : moi je ne suis pas littéraliste, moi je suis un réformiste, donc je reviens au 7e siècle et je pratique l'effort d'interprétation à partir du 7e siècle. Mais il y a des limites contre lesquelles il ne peut pas aller. Et la preuve, il faut relire ce qu'il écrit dans "Les musulmans et la laïcité" : la religion musulmane est englobante. Il développe en disant qu'il est difficile pour un musulman d'obéir aux lois de la République lorsqu'elles apparaissent en contradiction avec les lois d'Allah. C'est tout dire.
    Quant à son appartenance aux Frères musulmans, il l'a écrit. Quand il a publié sa thèse concernant la vie et l'oeuvre de son grand-père fondateur des Frères musulmans, son éditeur du Nigéria a écrit que ce monsieur représentait la pensée des Frères musulmans. Et il ne l'a pas démenti, au contraire : dans son avant-propos, il va dans le même sens. Autrement dit, il laisse passer de temps en temps quelques informations, mais il ne le dit pas publiquement, au contraire il dit : je ne suis pas encarté. Oui, sauf qu'il oublie de rappeler que la Confrérie des Frères musulmans n'est pas un parti, mais une confrérie, où on n'est pas encarté. Il n'y a pas de carte de membre, il n'y a pas de véritable appartenance matérielle. On est Frère musulman, ou on ne l'est pas. Tout ce qu'il dit va dans le sens de ce que disent les Frères musulmans.
    J'ai cru personnellement, en l'invitant en 1993 pour la première fois en France sur un thème "Islam et République", j'ai cru qu'il était un réformiste. Et quand je me suis mis à lire ce qu'il disait, ce qu'il écrivait en français mais également en arabe, langue qu'il ne connaît pas, contrairement à ce qu'il dit... lorsque j'ai vérifié s'il avait été à l'université Al-Azar au Caire, lorsque j'ai écouté ses cassettes, je me suis rendu compte que tout ce qu'il nous disait n'était pas vrai, mais c'est toujours "un peu" vrai. Il lance une petite partie de vérité, et le reste ne l'est pas.
    C'est en ce sens que, pour démonter la rhétorique qu'il développe, il faut, et je reviens à l'école, connaître, il faut savoir. D'ailleurs c'est dramatique parce que nous disons : nous devons respecter les autres, nous devons respecter les musulmans. Mais pour les respecter il faut les reconnaître. Et comment pouvons-nous prétendre les reconnaître si nous ne les connaissons même pas ? Je passe mon temps à parcourir la province pour expliquer l'islam et l'islamisme en France, en ne citant que les textes musulmans exprès, et je me tiens à distance. Nous avons d'ailleurs pour cela inventé quand même un mot depuis le 17e siècle, qui est un mot que personnellement je ressens comme étant, et pardonnez moi le terme, néo-colonialiste. En France, le summum vis-à-vis de l'autre, c'est lui dire : nous sommes tolérants. Mais moi je ne veux pas être toléré. Moi je ne veux pas être "accepté", tolerare en latin c'est "supporter", "accepter". Moi je veux qu'on me reconnaisse tel qu'en moi-même, en mon altérité. C'est tout.
    Mais que de fois je reçois moi-même un coup de téléphone d'un confrère, qui me dit : "est-ce que tu ne connaîtrais pas un islamiste qu'on pourrait interviewer ?" et je réponds "oui, bien entendu". Et des islamistes après tout, ils ont le droit de l'être [...]. Et donc j'en connais un qui est un professeur d'université - lui c'est un vrai ! -, et on me dit "non non, est-ce que tu connaîtrais pas un barbu qui insulte la France ?" Parce qu'un barbu qui insulte la France, ça fait vendre du papier, ça hausse l'audimat, et ça fait peur. Et donc, en créant la peur, nous créons le rejet de l'autre. C'est en ce sens que la laïcité est une valeur socle de la République."

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Israël

- Les ministres travaillistes menacent de voter contre la carte des zones préférentielles proposée par Netanyahu, Mazal Moualem et Barak Ravid (Haaretz) - "les implantations concernées par les ordonnances de gel de la construction obtiendront des budgets supplémentaires dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, mais pas du logement. De hauts responsables américains ont confirmé hier que les explications fournies par le bureau du Premier ministre les ont satisfaits".
http://www.ambafrance-il.org/spip.php?article7413
   "[...] le bureau du Premier ministre n’avait pas informé d’avance le gouvernement américain que des implantations seraient incluses dans les zones préférentielles et, après la révélation de la nouvelle carte dans la presse, de hauts fonctionnaires américains, membres de l’équipe de l’émissaire pour le Proche-Orient, George Mitchell, se sont adressés au cabinet de M. Netanyahu pour demander des éclaircissements. Les conseillers du Premier ministre ont souligné que la décision du gouvernement concernant les zones préférentielles comprendra un article fixant que les implantations concernées par les ordonnances de gel de la construction obtiendront des budgets supplémentaires dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, mais pas du logement. De hauts responsables américains ont confirmé hier que les explications fournies par le bureau du Premier ministre les ont satisfaits. [...]
    Suite aux affirmations de l’organisation La Paix Maintenant et du député travailliste Ofir Pinès selon lesquelles plusieurs des localités incluses dans les zones préférentielles seraient des implantations sauvages, les cabinets du ministre de la Défense et du Premier ministre ont fait savoir que toute implantations construite sans autorisation sera retirée de la liste avant le vote au conseil des ministres."

- La crise des lieux saints, Yossi Bar (Maariv) - "le Vatican menace de rompre ses relations diplomatiques avec Israël".
http://www.ambafrance-il.org/spip.php?article7413
   "Les délégations d’Israël et du Vatican qui ont débattu hier du statut juridique et financier des lieux saints chrétiens en Israël sont parvenues à une impasse. Selon des sources au Vatican, les relations entre les deux pays sont au bord de la crise et le Vatican menace de rompre ses relations diplomatiques avec Israël. La délégation israélienne, dirigée par le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, s’est rendue au Vatican pour débattre du statut des biens du Saint-Siège en Israël. Les deux délégations ne sont parvenues à un accord sur aucun sujet et ont décidé de reporter les discussions au 27 mai prochain. [...]"

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Gaza & Hamas

- Gaza: un Palestinien tué lors d'un accrochage avec des soldats israéliens (AFP) - "Des activistes armés palestiniens lancent régulièrement des attaques contre les soldats israéliens près de la clôture de sécurité, en dépit du cessez-le-feu". Phrase incroyable de la part de l'AFP ! Un bref sursaut de lucidité ?
http://lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41154612@7-60,0.html
   "Un Palestinien a été tué samedi matin dans le centre de la bande de Gaza lors d'un accrochage avec des soldats israéliens, a-t-on appris de source médicale palestinienne. "Sami Abou Khoussa, 40 ans, est mort après avoir été touché par un obus près de la frontière, à l'est du camp (de réfugies) d'Al-Bureij", a déclaré à l'AFP le chef des services d'urgence de la bande de Gaza. La victime était un paysan, a assuré sa famille alors que les premières informations de source médicale l'avaient présenté comme un militant.
    Une porte-parole de l'armée a confirmé qu'un incident armé entre soldats israéliens et militants armés palestiniens s'était produit samedi matin dans ce secteur. "Des Palestiniens ont ouvert le feu sur les forces israéliennes qui opéraient près de la clôture de sécurité, dans le centre de la bande de Gaza", a-t-elle déclaré à l'AFP. "Les soldats ont répliqué. Il n'y a pas eu de blessé côté israélien", a-t-elle précisé.
    Des activistes armés palestiniens lancent régulièrement des attaques contre les soldats israéliens près de la clôture de sécurité, en dépit du cessez-le-feu qui a mis fin à l'offensive israélienne contre la bande de Gaza du 27 décembre au 18 janvier. [...]"

- Hamas : l’AP arrête des sympathisants en Judée Samarie (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Hamas-l-AP-arrete-des-sympathisants-en-Judee-Samarie_255538.html
   "Le mouvement terroriste a soutenu ce samedi que l’Autorité palestinienne procédait à des vagues d’arrestations de membres du Hamas en Judée Samarie."

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Judée-Samarie & AP

- Pérès : l’attaque de la mosquée est "contraire aux valeurs israéliennes" (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Peres-l-attaque-de-la-mosquee-est-contraire-aux-valeurs-israeliennes-_255550.html
   "Le président israélien Shimon Pérès a soutenu ce samedi que l’incendie perpétré vendredi dans la mosquée de Yasouf était "contraire aux valeurs israéliennes"."
- Incendie de la mosquée : Netanyahou appelle à arrêter au plus vite les auteurs (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Incendie-de-la-mosquee-Netanyahou-appelle-a-arreter-au-plus-vite-les-auteurs_255560.html
   "Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a vivement condamné l'incendie de la mosquée palestinienne dans le village de Yassouf, en Samarie. Il a demandé aux divers services de sécurité d'arrêter au plus vite les responsables. Il a souligné que ''la violence n'a pas sa place : ni des Juifs à l'égard des Palestiniens, et ni des Palestiniens à l'égard des Juifs''."
- Incendie d'une mosquée palestinienne : l'OCI appelle à une ingérence internationale (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Incendie-d-une-mosquee-palestinienne-l-OCI-appelle-a-une-ingerence-international_255559.html
   "L'incendie de la mosquée palestinienne à Yassouf continue de faire des remous. Après les condamnations de Mahmoud Abbas et des Etats-Unis c'est au tour de l'Organisation de la conférence islamique de dénoncer cet acte de vandalisme. ''Ceci souligne la nécessité d'une intervention internationale pour obliger Israël à mettre fin aux agressions'', a déclaré le secrétaire général de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu."

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Syrie

- Syrie : seule la Turquie peut servir de médiateur avec Israël (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Syrie-seule-la-Turquie-peut-servir-de-mediateur-avec-Israel_255511.html
   "Damas a indiqué au président français Nicolas Sarkozy samedi que seule la Turquie pouvait tenir le rôle de médiateur dans les négociations de paix entre Israël et la Syrie."

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Monde arabe

- Un désert coupé en deux par un conflit de trente-quatre ans, Florence Beaugé (Le Monde) - à noter que le Maroc viole 26 résolutions de l'ONU en occupant le Sahara occidental, et qu'il y entreprend une "colonisation" massive tout en oppressant bien méchamment les Sahraouis. A noter aussi que tout le monde s'en balance (cet article est d'ailleurs révélateur : il n'y a même pas de comptabilisation des morts, alors qu'ils sont nombreux). Ah non c'est pas tout à fait vrai : la France soutient Rabat contre l'autodétermination des Sahraouis.
http://lemonde.fr/afrique/article/2009/12/12/un-desert-coupe-en-deux-par-un-conflit-de-trente-quatre-ans_1279775_3212.html
   "Le conflit du Sahara occidental s'éternise depuis trente-quatre ans dans une indifférence quasi générale. Il démarre en novembre 1975, quand le roi du Maroc, Hassan II, lance quelque 350 000 de ses compatriotes en direction de ce territoire, grand comme la moitié de la France, que le colonisateur espagnol est en train de quitter. Ce bout de désert recèle d'importantes richesses : du phosphate, du fer et, surtout, des réserves de poissons au large. Hassan II lance sa "marche verte", alors qu'un mois plus tôt la Cour internationale de justice a recommandé l'organisation d'un référendum pour laisser les Sahraouis décider de leur sort. Mais personne n'ose s'interposer face au Maroc. [...]
    La population sahraouie est estimée aujourd'hui à quelque 400 000 personnes. Les trois quarts vivent sous occupation marocaine, largement dépassés, en nombre, par les Marocains venus du nord du royaume. Dans les camps de Tindouf, en Algérie, ils sont environ 120 000. [...]
    La France, quant à elle, se voit amèrement reprocher par les Sahraouis et l'Algérie son soutien sans faille au Maroc. Elle s'est ainsi opposée, en avril, à l'extension du mandat des casques bleus de l'ONU à la surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental comme dans les camps de Tindouf. Une surveillance instamment réclamée par Amnesty International et Human Rights Watch, notamment."

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Turquie

- Turquie : Ankara ne se prononcera pas sur les actes israéliens à Gaza (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Turquie-Ankara-ne-se-prononcera-pas-sur-les-actes-israeliens-a-Gaza_255521.html
   "Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Daoud Oglo, a soutenu lors d’une conférence à Washington que son pays ne prendra pas position sur "les massacres d’Israël dans la Bande de Gaza"."

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Iran

- Menacé de sanctions, l'Iran tente un geste sur le nucléaire (AFP) - La proposition de l'AIEA : 70% du stock d'uranium doit être échangé, et surtout à l'extérieur de l'Iran. Le "geste" de Téhéran : ok pour 25%, à l'intérieur de l'Iran. Mais "bonne volonté" certifiée !
http://lemonde.fr/proche-orient/article/2009/12/12/menace-de-sanctions-l-iran-tente-un-geste-sur-le-nucleaire_1279979_3218.html#ens_id=677013
   "Menacé par l'Occident de nouvelles sanctions pour son programme nucléaire, l'Iran a voulu faire montre de bonne volonté, samedi 12 décembre. Son chef de la diplomatie, Manouchehr Mottaki, a proposé d'échanger "immédiatement" 400 kilos d'uranium faiblement enrichi contre de l'uranium enrichi à 20 %, c'est-à-dire du combustible pour son réacteur de recherche. "Nous proposons que l'échange se fasse sur plusieurs années", a-t-il ajouté.
    Cette offre semble à première vue proche de celle faite en octobre par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), depuis rejetée par Téhéran, prévoyant que l'Iran fasse enrichir par un pays tiers son uranium faiblement enrichi, pour obtenir en retour du combustible. Sauf que l'objectif des Occidentaux était de faire "sortir" 1 200 kg d'uranium faiblement enrichi, soit 70 % du stock total de l'Iran. D'autre part, M. Mottaki a proposé que l'échange se déroule sur l'île de Kish, une zone franche iranienne qui possède sa propre législation. Mais fin novembre, Mohamed El-Baradeï, alors directeur général de l'AIEA, avait indiqué qu'un échange en Iran n'était "pas une option". [...]"

- Scepticisme américain en réponse :
http://www.lesechos.fr/depeches/monde/afp_00211962-nucleaire--geste-symbolique-de-l-iran-en-faveur-du-dialogue.htm
   "[...] Les Etats-Unis ont estimé que cette proposition ne présentait "rien de nouveau", un haut responsable jugeant qu'elle "ne semblait pas conforme" à un accord permettant à la République islamique d'échapper à des sanctions. [...]" (AFP)

- Siemens a tenté d'envoyer du matériel à l'Iran pour son programme nucléaire (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Siemens-a-tente-d-envoyer-du-materiel-a-l-Iran-pour-son-programme-nucleaire_255557.html
   "La compagnie Siemens contribue-t-elle au programme nucléaire iranien ? A en croire le journal Der Spiegel, la douane à Hambourg a empêché le géant allemand de transférer à l'Iran des compresseurs valant 16 millions d'euros et qui devaient être utilisés dans le cadre de son programme nucléaire. Siemens s'est pour le moment refusée à tout commentaire, se bornant à indiquer qu'''elle ne sert que des objectifs civils''."

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Europe

- La Grande-Bretagne marque les implantations, Modi Kreitman et Itamar Eichner (Yediot Aharonot) - L'ambassadeur israélien à Londres : « Cela jouera en faveur de ceux qui ne cessent d’appeler à boycotter Israël. Nous sommes effectivement très déçus de cette décision qui distingue Israël d’autres zones de conflit dans le monde. »
http://www.ambafrance-il.org/spip.php?article7413
   "Le gouvernement britannique renforce sa lutte contre les implantations en durcissant sa politique quant au marquage des produits israéliens en provenance de Cisjordanie. Jusqu’à présent, les produits étaient marqués de manière à distinguer ceux fabriqués en Israël et ceux fabriqués « en Cisjordanie et Gaza ». A présent, le gouvernement britannique recommande aux distributeurs de modifier ce marquage afin de différencier la marchandise palestinienne de celles originaires des implantations de Cisjordanie et du Golan.
    Au ministère israélien des Affaires étrangères on affirme que l’objectif de cette mesure est claire : encourager les consommateurs britanniques à boycotter les produits des implantations. Des responsables israéliens ont assuré qu’une telle démarche ne restera pas sans réponse de la part d’Israël. « Cela jouera en faveur de ceux qui ne cessent d’appeler à boycotter Israël. Nous sommes effectivement très déçus de cette décision qui distingue Israël d’autres zones de conflit dans le monde », a déclaré hier Amir Ofek, porte-parole de l’ambassade d’Israël à Londres.
    « Il n’existe aucune instruction qui oblige à marquer les produits en provenance des implantations israéliennes. Suite à des demandes de la part de distributeurs et de citoyens, le Département de l’Environnement, de l’Alimentation et de l’Agriculture a publié une recommandation, que l’on peut même qualifier de conseil. Le gouvernement britannique s’est toujours opposé aux boycotts et continue à s’opposer à tous les appels au boycott d’Israël », a fait savoir quant à elle l’ambassade de Grande-Bretagne en Israël."

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Histoire

- Quand les nazis voulaient détourner Noël, à découvrir à Cologne (AFP) - "Célébrer la naissance d'un enfant juif était impensable pour les nazis".
http://www.lesechos.fr/depeches/monde/afp_00211911-quand-les-nazis-voulaient-detourner-noel--a-decouvrir-a-cologne.htm
   "Les Allemands ont décroché les croix gammées de leurs sapins de Noël il y a plus de 60 ans, mais quelques traces du nazisme continuent de hanter la fête, comme le montre une exposition à Cologne. Dans un étage de l'ancien centre de la Gestapo, la police politique nazie, Rita Breuer présente un millier de pièces, du moule à pain d'épices en forme de croix gammée à la boule de Noël nazie, collectées au quatre coins du pays. [...]
    "Célébrer la naissance d'un enfant juif était impensable pour les nazis", souligne Jürgen Müller, responsable scientifique de cette exposition. "Mais Noël était trop populaire pour être interdit. Les nazis ont alors décidé de détourner cette fête", poursuit-il. Le régime "invente une origine germanique" à Noël, rebaptisée Julfest, et s'inspire des cérémonies qui accompagnent le solstice d'hiver, quatre jours avant. L'enfant Jésus est expulsé de la crèche, et Saint-Nicolas prié d'aller se rhabiller, remplacé par un cavalier viking. Certains objets présentés, comme le papier cadeau ou les moules à gâteau en forme de croix gammée, ont même été interdits par le régime de peur que de petits allemands ne croquent ou ne déchirent le symbole nazi.
    Aujourd'hui encore, "les symboles germaniques sont utilisés par les milieux d'extrême-droite", qui profitent de Noël pour vendre certains produits, souligne M. Müller. Des néonazis publient par exemple un CD de chants de Noël, orné d'une jaquette anodine, un paysage enneigé, mais dans leur version réécrite par les nazis. "Beaucoup de visiteurs sont étonnés de découvrir qu'ils ne connaissent pas la version originale des chants", mais la réécriture par les nazis, expurgée de références chrétiennes, et qui a perduré. [...]"

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Point de vue

- "Une implantation étrangère au Moyen-Orient arabe", Amnon Rubinstein & Alexander Yakobson (Israël et les nations, ch. I) - un livre vraiment passionnant dont voici l'un des sous-chapitres les plus marquants. Je pense qu'on touche ici aux fondements mêmes du conflit. Herzl avait dit : "Même quand nous vivons dans nos patries depuis des siècles, nous sommes stigmatisés comme étrangers - souvent par ceux-là mêmes dont les familles n'y étaient pas encore quand nos pères y languissaient déjà. Qui est l'étranger dans un pays ? Celui qui sera désigné comme tel par la majorité..." Ce constat s'applique aussi au Moyen-Orient arabe. Une lecture passionnante que je conseille vivement.
   "L'un des arguments [contre le plan de partage] auxquels recoururent abondamment les délégués arabes à l'Assemblée générale [des Nations Unies en 1947], fut de prétendre que l'émergence d'un Etat juif équivaudrait à l'intrusion d'un facteur étranger au Moyen-Orient. Plus qu'un appui sur un quelconque principe universel, il y avait là comme un avertissement adressé à la communauté internationale, signalant qu'une telle occurrence poserait un risque pour la paix de la région, en raison de la détermination du monde arabe tout entier de ne pas tolérer l'existence de ce facteur. Le représentant syrien conclut ainsi son discours à la séance plénière de l'Assemblée du 22 septembre :
    "Je dois solennellement déclarer que le peuple syrien et le peuple arabe, épris de paix, rejettent catégoriquement les recommandations de l'UNSCOP [Commission spéciale des Nations Unies pour la Palestine, dont le rapport concluait que la meilleure solution était un partage, étant donné par ailleurs que les Arabes refusaient même un Etat fédéral ou binational - ils n'acceptaient qu'un unique Etat arabe] et qu'ils ne permettront jamais que l'on enfonce un coin ou que l'on installe une tête de pont étrangère et hostile au coeur de leur patrie. Ils attendent de l'ONU, créée pour servir la paix, qu'elle se souvienne qu'il n'y a pas de paix garantie sans la justice. Ils espèrent également, de tout leur coeur, ne pas être réduits, après tous ces crimes, à devoir faire usage du droit sacré de légitime défense."
    De même le représentant de l'Irak s'exprimant en séance plénière du 28 novembre :
    "La Palestine se trouve au coeur du monde arabe. Par le truchement de la Ligue [arabe], il aspire à l'unité [...]. Un Etat juif casserait cette unité et mettrait en danger la paix et la sécurité des pays arabes. Les Etats arabes ne peuvent supporter un tel défi à leur unité, une telle menace à leur vie politiuqe et économique. Ils sont en droit d'escompter que leurs voix soient décisives dans tout ce qui concerne leurs intérêts régionaux. C'est pourquoi ils sont opposés à l'installation d'un Etat juif en Palestine - aujourd'hui ou dans un quelconque avenir."
    Cet argument - l'existence en soi d'Israël brisant la continuité territoriale des Etats arabes et empêchant leur unité - devait resservir à maintes reprises dans les années ultérieures du conflit israélo-arabe, notamment chez le président égyptien Nasser. Compte tenu des moyens de transport modernes et des dimensions géographiques exiguës de l'Etat, il est tout de même difficile de prendre au sérieux l'accusation selon laquelle il ferait obstacle au rêve d'unité arabe. Ce qui se dissimule derrière ces propos, c'est évidemment le refus d'accepter l'existence d'une entité non arabe dans la région. Le représentant du Haut Comité arabe enfonce le clou le 29 septembre à la Commission ad hoc :
    "Une autre considération, d'importance cardinale dans le monde arabe, est celle de l'homogénéité raciale. Les Arabes occupent un immense territoire s'étendant de la Méditerranée à l'océan Indien, ils parlent la même langue, ont une histoire commune, une même tradition et des aspirations identiques. Leur unité est un élément essentiel de la paix dans l'une des régions importantes et sensibles du monde. C'est pourquoi il n'est pas logique que les Nations Unies soient associées à l'introduction d'un corps étranger dans cette homogénéité institutionnalisée, chose qui risque d'entraîner une nouvelle balkanisation."
    Sans doute ne convient-il pas d'attacher une importance excessive à l'expression "homogénéité raciale", plutôt grinçante aux oreilles du XXIe siècle. Ce dont il s'agit en fait, c'est d'homogénéité nationale arabe, celle d'un monde qui persiste à refuser l'existence d'une entité non-arabe dans son sein.
    Au-delà du fait historique de sa création en tant qu'Etat juif et par-delà la volonté de la plupart de ses citoyens juifs de préserver cette identité, il ne faut jamais oublier qu'Israël n'a pas à faire face qu'au seul peuple palestinien. Majoritaire chez elle, la population juive ne constitue qu'une petite minorité dans le Moyen-Orien arabo-islamique, où elle se montre particulièrement soucieuse de préserver son identité. Cette volonté de ne pas se dissoudre dans l'"homogénéité" majoritaire rencontre en général un accueil compréhensif. Dans les pays de la région, la majorité signale de toutes les manières possibles son identité arabe, y compris les Etats où vivent d'importantes minorités non arabes, ce qui ne semble pas gêner qui que ce soit. Chacun des membres de la Ligue arabe, sans exception, met l'accent sur l'arabité dans sa Constitution. Qu'il s'agisse d'un royaume, une principauté ou une république, le nom de l'Etat est presque toujours suivi du qualificatif "arabe". La Syrie, qui pourtant compte des centaines de milliers de Kurdes et d'autres groupes ethnonationaux, s'appelle République arabe syrienne ; l'Algérie, avec ses millions de Berbères, est selon le préambule de sa Constitution un "pays arabe" ; le Maroc, dont la population serait, selon les estimations, jusqu'à 40 % d'origine berbère, est officiellement une "partie du Grand Maghreb arabe", etc. Il est à présumer que le futur Etat palestinien s'alignera lui aussi sur ce modèle. La Déclaration d'indépendance adoptée par l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) à Alger en 1988 stipule, immédiatement après la mention de la garantie de la pleine égalité de tous les citoyens, que "la Palestine sera un Etat arabe et une partie intégrante de la nation arabe, de sa tradition et de son aspiration [...] à l'unité". Ce type de mention figure d'ailleurs dans toutes les Constitutions arabes.
    Notons que cette mention de l'arabité est indépendante de la nature - souvent antidémocratique - des régimes en question. Les opinions publiques, en effet, y souscrivent très largement, notamment parmi la gauche, qui fait traditionnellement figure de porte-drapeau du nationalisme arabe et du rêve d'unité. C'est aussi le cas parmi la minorité arabe d'Israël, qui pourtant se plaint que l'appellation d'Etat juif est discriminatoire et fractionnelle. Lorsque des critiques se font entendre sur le non-respect des droits de l'hommes dans les pays de la Ligue arabe, en particulier vis-à-vis des minorités, ce n'est jamais contre le fait qu'ils se définissent comme Etats arabes. S'il en est bien ainsi, pourquoi la minorité juive de la région, dès lors, n'aurait-elle pas le droit de définir son Etat comme juif - d'autant qu'il a été institué comme tel par décision internationale ?
    A cela, il faut ajouter que les Constitutions de tous les pays arabes, sauf le Liban, proclament l'islam religion d'Etat et accordent d'une manière ou d'une autre un statut étatique à la charia (la loi islamique). Et s'il est vrai que la Constitution syrienne se contente d'énoncer que l'islam est la religion du chef de l'Etat, elle n'en stipule pas moins que la charia est la source principale de la législation. Il convient de souligner que l'expression "Etat juif", en tant qu'elle se réfère à l'indépendance nationale du peuple juif et non pas au statut de la religion juive dans l'Etat, est parallèle à celle d'"Etat arabe" et non pas à celle d'"Etat islamique". Mais cela dit, l'islamité des Etats arabes a un caractère quasi officiel, et si des critiques se font entendre sur la scène internationale au sujet des atteintes aux droits religieux dans un bon nombre d'entre eux, on ne conteste pas le bien-fondé de leur définition constitutionnelle comme Etats musulmans. C'est au sein de ce monde arabo-islamique que les Juifs d'Israël s'efforcent de préserver ce qui fait leur spécifité.
    Sur la dualité du statut des Juifs d'Israël - majoritaires dans leur Etat mais minoritaires dans le Moyen-Orient arabe -, il vaut la peine de prêter attention aux propos d'Edouard Saïd, l'un des intellectuels palestiniens les plus marquants. Interrogé par le quotidien israélien Haaretz en août 2000 sur la question de savoir s'il aurait approuvé le plan de partage de 1947, il répond : "J'ai tendance à dire que non, parce que c'était un plan injuste, qui offrait à la minorité des droits égaux à ceux de la majorité. [...] je pense que du point de vue des Arabes, la partition était irrecevable." Sans doute faut-il comprendre qu'Edouard Saïd pense aux droits nationaux, autrement dit à l'indépendance, qui selon lui ne devait pas être accordée aux Juifs. On reconnaît là l'un des arguments majeurs des délégués arabes dans les débats de 1947.
    Mais Saïd ne s'arrête pas en si bon chemin. Il propose une thèse d'après laquelle les Juifs seraient intrinsèquement une minorité et voués à le rester, ce statut leur étant naturel. D'où son rejet de la formule de deux Etats pour deux peuples au profit de l'Etat binational. Mais alors, demande le journaliste, "dans un pareil Etat, nous les Juifs deviendront rapidement minoritaires, comme cela est arrivé aux chrétiens du Liban ?" Réponse de Saïd : "Effectivement. Mais vous deviendrez dans tous les cas une minorité. D'ici une dizaine d'années il y aura équilibre démographique entre Juifs et Arabes et l'évolution ne s'arrêtera pas là : les Juifs ne sont-ils pas une minorité en tout lieu ? Ils le sont en Amérique, sûrement peuvent-ils l'être au Moyen-Orient, en Israël."
    Mais relativement à la question du traitement qui serait réservé à la minorité juive dans cette perspective, Edouard Saïd est beaucoup plus circonspect : "C'est vrai que cela me préoccupe beaucoup. Certes, l'histoire des minorités dans cette partie du monde n'est pas aussi tourmentée que celle des minorités en Europe. Mais je me fais du souci. Pour moi le sort des Juifs est une question difficile. je ne sais pas. Cela m'inquiète."
    Il va sans dire que le public juif d'Israël partage ce malaise et n'en est que plus enclin à préserver son indépendance dans l'Etat-nation qui est le sien. D'autant qu'il ne manque pas de voix, dans la minorité arabe israélienne, pour insister sur la précarité de la majorité juive en termes régionaux. Parmi elles, Mohammed Dahala, avocat et fondateur de l'organisation "Adallah" pour la défense des droits des Arabes d'Israël est l'une des plus brutalement explicites. Dans une interview au même journal il explique, à l'intention du public juif : "En fin de compte, la solution ne pourra être que binationale, c'est-à-dire un seul Etat, démocratique entre la mer [Méditerranée] et le fleuve [Jourdain]."
    Mais cette prise de position ne se fonde pas sur la reconnaissance de droits nationaux égaux entre les deux peuples (comme le concevaient les partisans d'une solution fédérative en 1947) ; en effet, les Juifs israéliens, selon Mohammed Dahala sont, après tout, un élément étranger dans le pays : "Il faut admettre qu'il ne peut y avoir ici de symétrie entre les droits [nationaux]. Il y a un droit qui l'emporte a priori dans ce pays, c'est le droit des autochtones, et non pas le droit des immigrés. Celui qui vit ici depuis des centaines d'années fait partie de la terre, de même que la terre fait partie de lui, et nous ne sommes pas comme vous des étrangers, des nomades, des émigrants." Cet élément étranger, insiste Dahala (comme s'il s'agissait d'un corps expéditionnaire tout juste débarqué sur le rivage, comme si les immigrants qui arrivaient n'éprouvaient absolument rien relativement au pays et à son passé), ne représente qu'une petite minorité au Moyen-Orien arabo-musulman et mieux vaut pour lui qu'il s'en souvienne :
    "Que vous le vouliez ou pas, vous êtes une minorité au Moyen-Orient. Si vous ouvrez un atlas, vous verrez qu'il y a trois cent millions d'Arabes autour de nous et un milliard et demi de musulmans. Alors croyez-vous que vous pourrez continuer à vous retrancher dans cette construction bancale qu'est l'Etat juif ? [...] Votre seule garantie c'est moi, la seule manière pour vous de survivre dans l'espace islamo-arabe c'est de conclure un pacte avec moi. Si vous ne le faites pas, demain il sera trop tard. Quand vous serez devenu une minorité, vous me chercherez et vous ne me trouverez plus. [...] Je sais qu'en fait nous ne sommes pas une minorité. L'idée de minorité convient au judaïsme, mais est étrangère à l'islam. Et quand vous regardez alentour, vous voyez bien que nous ne sommes pas réellement une minorité. Dans ce pays, il y a une majorité qui est en fait minoritaire, et une minorité qui est en vérité majoritaire." (Haaretz, supplément du 3 janvier 2003.)
    Sans doute ce propos outrancier n'engage-t-il pas l'ensemble du public arabe, pas plus que le fait que les Arabes israéliens font partie de la majorité arabe régionale ne peut justifier que l'on néglige le respect de leurs droits en tant que minorité nationale.
    On peut avancer que la question de l'autodétermination, centrale dans la phase de la lutte pour l'indépendance, perd son actualité une fois cette dernière effectivement acquise. Il convient alors, selon ce raisonnement, de déplacer l'accent sur la recherche de la pleine égalité pour tous sans distinction d'origine nationale. Dans les faits, les Etats démocratiques qui se sont battus pour l'indépendance pratiquent un panachage de ces deux aspects, le national et le civique. A part son nom même, le caractère d'un Etat se traduit, typiquement, dans le rapport à son histoire nationale, sa déclaration d'indépendance, des symboles officiels, des jours fériés ainsi que, dans bon nombre de cas, dans la relation avec une diaspora naturelle. La plupart des Etats démocratiques consignent dans leur Constitution le principe de l'égalité de tous les citoyens, en tant que fondement même de leur régime. Pour ce qui est d'Israël, on ne saurait alléguer que l'insistance sur la judéité de l'Etat soit superflue puisque, comme nous l'avons vu, le droit du peuple juif à l'autodétermination - plusieurs décennies après sa réalisation -, ne va toujours pas de soi au Moyen-Orient.
    Dans les débats sur le rapport de l'UNSCOP, les porte-parole arabes ont averti sans circonlocutions que si les Nations Unies décidaient de partager la Palestine en deux Etats, les minorités juives de leurs pays en pâtiraient sévèrement. Le représentant palestinien déclare le 24 octobre à la Commission ad hoc :
    "Dans ces conditions, il est vain de penser que la création d'un Etat juif puisse avoir lieu sans entraîner un soulèvement général du monde arabe et il convient de rappeler qu'il y a dans le monde arabe autant de Juifs qu'en Palestine, et que leur situation pourrait devenir très précaire même si les Etats arabes font de leur mieux pour les protéger. Si l'on impose le partage de la Palestine, cette situation aura peu de chances de subsister au milieu d'un Moyen-Orient provoqué et profondément inquiet. La lutte continuera, comme au temps des Croisades, jusqu'à ce que l'injustice commise soit complètement réparée. En imposant le partage, les Nations Unies vont virtuellement précipiter la Palestine dans un bain de sang. L'orateur n'émet pas une menace, mais désire attirer l'attention sur les réactions suscitées par une politique dont les Nations Unies porteront la responsabilité."
    Le représentant égyptien tient des propos encore plus explicites, s'il le peut, le 24 novembre dans cette même commission :
    "Si l'on envisage la question non pas en juriste mais en homme d'Etat, on se rend compte que le partage proposé risque d'amener des troubles sanglants. Pas plus en Egypte que dans les autres Etats musulmans il n'existe d'animosité contre les Juifs ou de discrimination raciale d'aucune sorte. Un million d'Israélites vivent en paix en Egypte et jouissent de tous les droits de citoyens. Ils ne désirent nullement émigrer vers la Palestine. Cependant, si un Etat juif était créé, nul ne pourrait empêcher des troubles. Des émeutes éclateraient en Palestine, se répandraient à travers tous les Etats arabes et aboutiraient peut-être à une guerre entre les deux races. Certains journaux prosionistes eux-mêmes, et notamment le New York Post, craignent que le partage de la Palestine ne mette en péril les Juifs qui se trouvent actuellement en pays musulman et ne crée des foyers de haine pour plusieurs siècles. Il n'est pas toujours possible pour un gouvernement de maintenir l'ordre alors qu'un peuple voit ses frères de sang massacrés dans un pays voisin. Si le but de l'Organisation des Nations Unies est de trouver une solution humaine au problème des réfugiés et des personnes déplacées, elle ne doit pas perdre de vue que la solution proposée peut mettre en danger un million de Juifs vivant dans les pays musulmans. Le partage de la Palestine peut créer dans ces pays un antisémitisme encore plus difficile à guérir que celui dont les Alliés cherchent à guérir l'Allemagne. La décision prise ne doit pas prendre en compte uniquement ce que rêvent les sionistes, elle doit correspondre à l'intérêt de tous les Juifs dispersés à travers le monde. Si l'Organisation des Nations Unies décidait de partager la Palestine, elle pourrait être responsable de troubles très graves et du massacre d'un grand nombre de Juifs."
    Même thématique chez le représentant de l'Irak en séance plénière de l'Assemblée le 28 novembre :
    "Un partage imposé contre le gré de la majorité des habitants mettra en danger la paix et l'harmonie du Moyen-Orient. Il ne faut pas seulement s'attendre au soulèvement des Arabes de Palestine ; les masses du monde arabe tout entier ne pourront être arrêtées. Les relations entre Arabes et Juifs dans le monde arabe empireront considérablement. Le monde arabe compte plus de Juifs hors de Palestine que dans ce pays. Rien qu'en Irak, quelque 150 000 Juifs partagent avec les musulmans et les chrétiens tous les avantages des droits politiques et des droits économiques. L'harmonie règne entre
musulmans, chrétiens et juifs, mais toute l'injustice imposée aux Arabes de Palestine détruira l'harmonie entre les Juifs et les non-Juifs d'Irak et engendrera la discorde et la haine entre les fidèles des diverses religions."
    Derrière ces mises en garde contre la colère présumée incontrôlable des foules, les représentants des Etats arabes et des Palestiniens adressent en fait une menace explicite contre les minorités juives sans défense de leurs pays, transformées ainsi en otages du conflit annoncé. En quoi ils ne font que confirmer avec éclat que les Juifs, partout dans le monde, se rattachent effectivement à un même peuple voué à un sort commun et en urgent besoin de posséder son propre foyer national. Pourquoi donc les délégués représentants arabes jugent-ils si naturel que les Juifs d'Irak ou d'Egypte doivent s'attendre à subir des persécutions pour le préjudice qui va être infligé aux Arabes de Palestine (en admettant leur caractère inéluctable) ? En effet, non seulement les communautés juives en question sont-elles paisibles, enracinées dans leur pays de résidence et non impliquées dans le conflit, mais encore ressort-il des propos tenus par les orateurs arabes qu'il n'y a aucun rapport entre les Juifs du monde arabe et les "sionistes européens envahisseurs" de la Palestine. Et quand bien même il existerait un lien national ou ethnique de cette sorte, cela autoriserait-il de recourir à ce chantage relatif à la paix et la sécurité de ces communautés, à se venger sur elles des "méfaits" des sionistes en Palestine ?
    [...] il est difficile de croire que l'on puisse interpréter les dires des représentants arabes à la tribune de l'ONU comme des avertissements de bonne foi. A titre de comparaison : on sait que le statut de la population arabe d'Israël a eu à subir de diverses manières les retombées du conflit israélo-arabe et israélo-palestinien. Mais on n'imagine pas qu'un représentant de l'Etat juif puisse déclarer à l'ONU que les citoyens arabes risquent un massacre massif en cas d'opération hostile de la part d'un Etat arabe quelconque ou de la part de l'Autorité palestinienne - ou encore, que ce représentant puisse prétendre qu'il n'y a aucune affinité nationale entre les citoyens arabes d'Israël et ceux des pays voisins.
    Notons que si les Juifs ne sont qu'une communauté religieuse et non pas un peuple, il en découle que les Juifs d'Egypte et d'Irak doivent être considérés comme appartenant respectivement au peuple de ces deux pays. De fait, l'argument selon lequel les Juifs de ces pays sont des Arabes de religion juive a été utilisé en diverses occasions. Mais cela n'a pas empêché le représentant irakien de brandir la menace d'une grave dégradation des rapports "entre les Arabes et les Juifs dans le monde arabe", tandis que le représentant égyptien prédisait une guerre "entre les races" "antisémitisme" dur (un terme que les porte-parole arabes avaient pourtant eu pour pratique de rejeter avec colère, dans tous les cas de manifestations d'agitation antijuive dans leurs pays). Comprenons que par "races" il faut entendre ici groupes ethniques nationaux, de la même façon que par "homogénéité raciale" il faut comprendre homogénéité nationale arabe. A l'évidence, Juifs et Arabes sont perçus comme deux communautés ethnonationales distinctes aux yeux du représentant égyptien. Observons également que si les porte-parole arabes ne manquent pas de mettre en exergue le facteur religieux dans la confrontation qui se prépare, ils ne menacent par contre jamais les chrétiens du monde arabe de la colère des masses en conséquence de l'appui des puissances occidentales à la création de l'Etat juif.
    Gardons-nous cependant de réduire tout cela à une affaire de pure terminologie. Annoncer que les Juifs vont devoir encaisser le contrecoup du conflit de Palestine prouve que les représentants arabes n'ont exclu l'existence d'une nationalité juive que pour mieux nier le droit du peuple juif à son Etat, tout en considérant simultanément cette existence comme allant de soi dans le registre de la "responsabilité collective" de toutes les communautés de la diaspora juive. [...]
    Nous avons vu que le représentant syrien, ayant réduit les Juifs à une communauté religieuse, poursuivait sa harangue en expliquant que la haine dont ils sont l'objet dans toutes les générations [...] n'est que la conséquence naturelle de leur repli sur eux-mêmes, lequel est cause qu'ils sont le seul peuple de l'Antiquité qui ait conservé son identité jusqu'à nos jours. Le représentant des Arabes palestiniens affirme, quant à lui, que les Juifs européens ne sont pas les descendants des "enfants d'Israël" bibliques, mais ne craint pas de se contredire ensuite en déclarant que le discours du délégué de l'Agence juive Moshé Shertok, qui venait de critiquer le mufti de Jérusalem, résonne comme "la voix même de ce peuple qui a crucifié le fondateur du christianisme" (séance de la première commission de l'Assemblée le 12 mai).
    Toutes ces façons de dire ont un dénominateur commun, bien connu dans l'histoire juive : on se refuse à reconnaître aux Juifs la qualité de peuple titulaire d'une identité nationale et donc de droits nationaux, mais la haine qui les poursuit est bel et bien nationale. Devant cette réalité qui, on le constate, ne s'est pas limitée à la seule Europe, il est difficile de considérer sérieusement les tentatives réitérées de jeter le doute sur le sentiment national juif moderne au motif qu'il ne répondrait à aucune définition "scientifique" de la nationalité. [...]
    Les Israéliens originaires des pays arabes constituent presque la moitié de la population juive du pays ; une minorité non négligeable d'entre habitaient déjà le Yishouv bien avant la création de l'Etat. Mais cela ne dissuade pas les détracteurs du sionisme de stigmatiser Israël comme produit de l'impérialisme et du colonialisme occidental et de le rendre responsable de la détérioration des rapports entre Juifs et Arabes. En même temps, ils soutiennent que la majorité des Juifs du monde arabe n'ont absolument pas adhéré au sionisme et n'ont pas sympathisé avec ses revendications. On aurait pu imaginer qu'ils s'attachent à dénoncer le traitement infligé aux Juifs par la société arabe. Mais pour ces gens, tous les torts ne peuvent être que du côté d'Israël et du sionisme.
    Il est de règle, dans le monde arabe, de voir dans la tragédie des réfugiés palestiniens la preuve du caractère féroce et raciste du mouvement sioniste. Cependant, alors que le prix payé du fait du conflit par les Arabes palestiniens qui habitaient dans les zones où se déroulaient les hostilités est présenté comme un témoignage de la cruauté de la partie juive, le prix payé par les Juifs - qui indépendamment de leur identité ou leur solidarité se trouvaient à des centaines de kilomètres du théâtre des combats et ne pouvaient y avoir la moindre part - ne trouble pas le moins du monde les consciences arabes. Ce tribut est apparemment perçu comme un dommage collatéral, un sous-produit de la confrontation judéo-arabe, dont la responsabilité, naturellement, incombe au sionisme. [...]
    Ce qui se dessine là va au-delà d'une morale à deux vitesses - trait qui se retrouve habituellement dans chaque camp d'un conflit national. La légèreté avec laquelle on traite de ce qui advient aux Juifs du monde arabe suggère qu'ils sont en fait perçus comme "étrangers au Moyen-Orient". Cette attitude vis-à-vis de communautés profondément enracinées dans leurs pays de résidence rappelle le fameux propos de Herzl dans le préambule de L'Etat des Juifs sur le sort des Juifs d'Europe :
    "Même quand nous vivons dans nos patries depuis des siècles, nous sommes stigmatisés comme étrangers - souvent par ceux-là mêmes dont les familles n'y étaient pas encore quand nos pères y languissaient déjà. Qui est l'étranger dans un pays ? Celui qui sera désigné comme tel par la majorité...""
Néanmoins, elle a ajouté que les Verts « n’ont pas de position exclusivement centrée sur Israël et les Palestiniens. » et le surgissement d'un

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Published by Occam - dans Novembre 2009
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