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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 10:14

France

- Coupe Davis de tennis : Deux pro-Palestiniens expulsés lors de France-Israël (Guysen)
http://www.guysen.com/news_Coupe-Davis-de-tennis-Deux-pro-Palestiniens-expulses-lors-de-France-Israel_375534.html
   "Deux hommes ont été expulsés vendredi des tribunes de la Kindarena de Rouen pour avoir scandé "Vive la Palestine" lors du match de Coupe Davis qui opposait le Français Jo-Wilfried Tsonga à l'Israélien Amir Weintraub. Les deux personnes ont été conduites dans une salle de la Kindarena par le service de sécurité qui les a remis à un policier en civil. Deux voitures de police et une demi-douzaine de policiers ont ensuite rejoint le stade où la rencontre a lieu sous haute sécurité, un dispositif particulier étant prévu pour les déplacements des sportifs israéliens."


Syrie, Liban & Hezbollah

- Israël ferme contre les transferts d'armes entre Syrie et Hezbollah (AFP) - «Si Israël s’est effectivement livré à l’attaque qu’on lui prête, c’est pour maintenir cet équilibre militaire».
http://www.liberation.fr/monde/2013/01/31/israel-ferme-contre-les-transferts-d-armes-entre-syrie-et-hezbollah_878195
   "[...] Tzahi Hanegbi, ancien président de la commission de la Défense et des Affaires étrangères, a laissé clairement entendre qu’Israël était responsable de l’attaque en Syrie. «Israël a toujours dit que si des armes sophistiquées en provenance d’Iran, de Corée du Nord et de Russie tombaient dans les mains du Hezbollah, une ligne rouge serait franchie. Israël ne peut accepter que des armes sophistiquées tombent dans les mains d’organisations terroristes», a insisté Tzahi Hanegbi. «Israël souhaite que les pays occidentaux prennent le contrôle des armes (syriennes) mais le monde n’est pas prêt à une décision de ce genre», a-t-il expliqué. «Israël se retrouve donc devant un dilemme que nous sommes seuls à pouvoir trancher».
    Le général de réserve Dan Harel, ancien chef d'état-major adjoint, a lui aussi souligné qu’Israël «n’est pas prêt à accepter que le Hezbollah bouleverse l'équilibre des forces». «Si Israël s’est effectivement livré à l’attaque qu’on lui prête, c’est pour maintenir cet équilibre militaire», a argué Dan Harel.
    Un autre général de réserve, Daniel Milo, ancien chef de la défense aérienne, a pour sa part relevé sur la radio militaire que le système anti-aérien SA-17 de fabrication russe, dont est équipée la Syrie, pourrait, s’il tombait aux mains du Hezbollah «porter atteinte à la liberté presque totale dont dispose notre aviation de survoler le Liban». De moyenne portée et capable d’abattre simultanément 24 cibles, le SA-17 est considéré comme un des lanceurs de missiles anti-aériens les plus sophistiqués.
    Dany Rothschild, lui aussi général de réserve et ex-chef du service de recherches de l’armée, a lié l’attaque présumée au déploiement ces derniers jours de deux batteries du système antimissile Iron Dome dans le nord du pays. «Lorsqu’on se livre à ce genre d’activités (une attaque contre la Syrie, NDLR), on peut être confronté à une attaque du Hezbollah, et peut-être de la Syrie, c’est pourquoi il faut préparer des moyens de défense et "Iron Dome" fait partie de ces moyens», a-t-il souligné. [...]"

- Frappe aérienne en Syrie : Israël tient ses promesses, Gil Mihaely (historien et directeur de la publication de Causeur) - "Si la Turquie et les pays occidentaux se gardent bien de commenter ces événements, c’est que leurs chancelleries ne sont pas mécontentes d’un bombardement dont elles ont parfois été prévenues".
http://www.causeur.fr/israel-syrie-hezbollah,21018
   "Dimanche dernier, Silvan Shalom, vice-Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères israélien, a annoncé que le forum ministériel pour la Défense avait tenu une réunion spéciale sur la situation en Syrie. Il ajoutait une menace : le transfert des armes chimiques syriennes au Hezbollah constituerait pour l’Etat hébreu une ligne jaune à ne pas franchir. 48 heures plus tard, nous comprenions que ces propos n’étaient pas une vaine déclaration de principe mais une mise en garde très concrète qui fut ignorée par Damas et logiquement suivie d’une frappe aérienne.
    Bien qu’on ne connaisse pas encore avec certitude les cibles exactes des bombardements, il est très probable que le campus du SSRC (Syrian Scientific Research Council) fut l’une d’entre elles. Il s’agit d’un site de développement, de fabrication et de stockage de gaz de combat. L’autre cible citée par les médias arabes et certaines sources libanaises est un convoi de batteries sol-air SA-17, un système d’armement mobile très performant, difficile à localiser et à détruire.  Dans tous les cas, pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre civile syrienne, Israël s’est vu obligé de prendre l’énorme risque d’agir pour empêcher le transfert de systèmes d’armement étatiques au Hezbollah.  Or,  le gouvernement israélien considère des armes chimiques et des systèmes capables de limiter sérieusement la liberté d’action de son aviation militaire comme des menaces bien plus dangereuses que les risques de représailles induits par une telle opération.
    Indépendamment de la riposte israélienne, le fait que ce genre d’armement soit – si l’information israélienne s’avérait exacte – sur le point d’être transféré de la Syrie vers les dépôts libanais du Hezbollah montre qu’un seuil vient d’être franchi à Damas. Si Bachar Al-Assad a donné son accord au transfert de ce qui est considéré, avec les missiles sol-sol de moyenne portée SCUD C et D,  comme le pilier de la dissuasion syrienne, le joker capable de défendre le régime de Damas face à la supériorité aérienne et technologique de l’armée israélienne, c’est qu’il ne pense plus pouvoir empêcher encore longtemps les rebelles de s’emparer de ces bijoux de famille.
    Ainsi, en abattant l’une de ses dernières cartes maîtresses, Assad souhaite provoquer des bouleversements capables de changer profondément la donne. À Damas, on pense bien sûr moins aux retombées stratégiques pour le Hezbollah ou a fortiori à l’avenir d’un Liban qui compterait en son sein une milice chiite dotée de gaz de combat, qu’à sa propre survie.
    Côté israélien, ce n’est évidemment pas la question de la survie d’Assad qui a poussé le très prudent Netanyahou à prendre le risque d’un embrasement avec des ripostes du Hezbollah, de la Syrie et de l’Iran. C’est sans doute la présence des armes étatiques avec des capacités stratégiques entre les mains d’une milice parasitant l’Etat défaillant – pour ne pas dire le non-Etat – libanais qui est jugé inacceptable à Jérusalem. Israël n’a pas encore officiellement revendiqué cette frappe et les sources israéliennes les plus confidentielles restent très discrètes à ce sujet. L’idée est sans doute de ne pas obliger Assad à réagir et de rester aussi impassible qu’en 2007, après qu’un bombardement anonyme a détruit une base nucléaire syrienne sans qu’à l’époque Damas ne dépasse le stade de la protestation rhétorique. Si la Turquie et les pays occidentaux se gardent bien de commenter ces événements, c’est que leurs chancelleries ne sont pas mécontentes d’un bombardement dont elles ont parfois été prévenues.
    La leçon à retenir de cette frappe au milieu d’un pays en pleine guerre civile, c’est qu’Israël tient ses promesses, malgré les inévitables risques que comporte toute opération militaire. C’est un message important pour ceux qui, notamment à Téhéran, avaient moqué les talents de dessinateur déployés par Netanyahou devant l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre dernier."

- La Syrie menace Israël d'une riposte "surprenante", Dominic Evans (Reuters)
http://fr.news.yahoo.com/la-syrie-menace-isra%C3%ABl-dune-riposte-surprenante-165144888.html
   "La Syrie a brandi jeudi la menace d'une riposte "surprenante" face à Israël après une mystérieuse attaque de l'Etat hébreu en territoire syrien que la Russie a qualifiée de violation flagrante de la charte des Nations unies. Selon des diplomates, des insurgés syriens et des sources sécuritaires régionales, l'aviation israélienne a bombardé mercredi un convoi circulant en Syrie non loin de la frontière libanaise, visant apparemment une cargaison d'armes destinées au Hezbollah libanais. [...]
     La Syrie pourrait "prendre une décision surprenante pour riposter à l'agression de l'aviation israélienne", a fait savoir l'ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdoul-Karim Ali. "La Syrie est engagée dans un processus de défense de sa souveraineté et de son territoire", a ajouté le diplomate sur un site internet du mouvement chiite Hezbollah. Damas a convoqué jeudi le chef de la Force de l'Onu chargée d'observer le désengagement (Fnuod, qui est déployée au Golan), le général indien Iqbal Singha, pour élever une protestation officielle. [...]"

- Israël/front nord : La presse israélienne commente (Guysen)
http://www.guysen.com/news_-Israel-front-nord-La-presse-israelienne-commente_375420.html
   "L’un des éditorialistes du Yediot Aharonot estime que le raid est une « gifle » pour le président syrien Bachar el-Assad. Le quotidien rappelle qu’en septembre 2007, un bombardement avait détruit un bâtiment dans le désert syrien, peut-être une installation nucléaire clandestine. Bachar el-Assad ne s’en est jamais vanté, et Israël n’a jamais revendiqué le raid. Aujourd’hui, la Syrie est plongée dans le chaos et ce qu'Israël redoute est un transfert d’armes – chimiques ou non – vers le Hezbollah libanais.
    Dans le quotidien Haaretz, un spécialiste des questions militaires décrit avec précision les lignes rouges qu’Israël s’est fixé dans ce domaine. Pas question de laisser passer des missiles sol-air, ni des missiles susceptibles de toucher la marine israélienne, ni des missiles sol-sol de longue portée. Quand à un transfert d’armes chimiques, l’éditorialiste du journal estime que c’est un « tabou » que Bachar el-Assad ne brisera pas facilement.
    Selon le journal gratuit Israel HaYom, premier tirage de la presse israélienne, « la balle est désormais dans l’autre camp ». Traduction : Damas et Beyrouth doivent décider de leur réponse. Elle peut-être mesurée, mais cela peut aussi être la guerre, estime l’éditorialiste du journal."


"Processus de paix"

- Fatah honors suicide bomber who killed 2 and injured hundreds on its official Facebook page (PMW)
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=8518
   "On its official Facebook page, Fatah has chosen to pay tribute to female suicide bomber Wafa Idris who killed 2 and injured hundreds of Israelis when she blew herself up in Jerusalem in January 2002. On the annual anniversary of the terror attack, the administrator of Fatah's Facebook page posted a picture of Idris and a long text describing her and her attack. "The hero whose name the Zionists will remember well and so will Palestinians; the hero who sacrificed herself and her body for Palestine and became a symbol of the struggle and of Palestinian loyalty through one of the most honorable Martyrdom-seeking operations," the texts says about Wafa Idris.
    Referring to Wafa as "the beautiful flower who, through her Martyrdom-seeking operation, turned upside down Israeli security considerations that had focused on observing young Palestinian men only," and mentioning that "the name of Wafa Idris is still a lesson that terrifies the Jews," the text goes on to describe how "at least 2,000 Palestinians participated in the symbolic funeral" this month, "marched for Wafa Idris behind an empty wooden coffin" "draped in the Palestinian flag," and "called 'Wafa is a hero' while armed men fired in the air to salute Wafa."
    The text quotes Idris as having said to her friends before the bombing: "I will do a deed that will make you proud," and her mother as saying at the symbolic funeral that "she is proud of her daughter, and hopes that more girls will follow in her footsteps." In addition to being PA Chairman, Mahmoud Abbas is also Chairman of Fatah. [...]"

- Quiet intifada: Abbas' statehood plan, Ron Ben-Yishai (Ynet) - "The Palestinians are also working to further isolate Israel in the international arena until it becomes a "pariah state"."
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4339020,00.html
   "Over the past few weeks Palestinian Authority Chairman Mahmoud Abbas began implementing a plan which, if successful, will grant the Palestinians legal and binding international recognition in their own state within the 1967 borders without obligating them to recognize Israel as a Jewish state, give up on the right of return or agree to limited Israeli military presence along the Jordan River.
    In the first stage of Abbas' plan, the international community, by way of the UN Security Council, will recognize a Palestinian state along the 1967 borders. According to international law, a resolution is a legally binding document. In the next phase he plans to return to the negotiation table with the sweeping support of the international community to work out the details of a permanent agreement with Israel.
    If during this stage Israel will insist on its demands, the international community will impose economic sanctions such as those that were imposed on the Apartheid regime in South Africa at the time. Abbas believes that by implementing this plan he will be able to give his people an independent state – more or less along the Green Line borders - in two or three years, without having to confront Hamas or face mass demonstrations in the territories and the world.
    Information obtained by Israeli officials from the Palestinian territories and abroad indicates that the plan has already entered its first phase of implementation, despite the fact that Abbas and his aides are aware of the difficulties in executing it. The Palestinians must convince the five permanent members of the Security Council - headed by the US – not to veto a draft resolution on the establishment of a Palestinian state. The Palestinians must also secure a majority for this resolution within the Security Council.
    In the current diplomatic situation there is no chance that the Security Council will support such a resolution, but Abbas believes he can turn things around within two to three years through intense diplomatic efforts and a media campaign.
    The Palestinians are counting on the Obama Administration's complete rejection of Israel's settlement enterprise, and assume that in his second term the American president will be less sensitive to the wishes of Israel's supporters in the US and will not rush to automatically back the Israeli government in the UN. There is already some indication that things are headed in this direction, and yes, the Palestinians are also counting on the strained relations between Obama and Netanyahu. To leverage these advantages, Abbas is sending some of his ministers for talks in Washington to coordinate positions with senior officials in Obama's second administration: The secretary of state, national security adviser, defense secretary and the ambassador to the UN.
    The Palestinians are also working to further isolate Israel in the international arena until it becomes a "pariah state." To this end, they are conducting an international campaign to delegitimize the West Bank settlements. In addition, to provide diplomatic ammunition and propaganda for their plan, the Palestinian leadership is fomenting controlled unrest in the West Bank territories.
    While Israeli intelligence officials and politicians argue over whether a third intifada has erupted, the PA has already activated a "soft intifada" - or an "awareness intifada." The goal is to methodically place their demands at the top of the international media's agenda while avoiding violence and terror. The PA is initiating dozens of non-violent provocations, or provocations that involve a minimal level of violence – without the use of weapons or explosives – such as the building of "outposts" in Area C, holding demonstrations near disputed sites such as Bil'in, and throwing rocks and Molotov cocktails.
    Fatah operatives and PA clerks refer to this growing phenomenon as a "peaceful intifada," but these tactics are meant to provoke violent responses from Israeli security forces, which also make for good photos for the international press. Foreign news teams are invited to the scene in advance, so these incidents become victories in the Palestinian "awareness" campaign.
    The Palestinian street is willingly cooperating because this campaign offers youngsters who are frustrated with the economic situation and with the fact that the Arab Spring has not reached the PA an opportunity to blow off some steam. This intifada also overshadows Hamas, which halted the rocket struggle against Israel following pressure from Egypt.
    The fourth aspect of this strategy is a policy of inner-Palestinian reconciliation and recruiting the support of Arab countries. The goal is to make Abbas appear as a leader who is uniting all the Palestinian factions under his flag. In this way, he goes back to being the legitimate representative of a united public that demands its rights in the UN.
    Seemingly, this strategy has a reasonable chance of succeeding, and this obligates the Israeli government to urgently formulate a counter-strategy. There are those in Israel who will say 'let the Palestinians and the international community do our job for us and save us from the nightmare of a binational state'. Others will say that we mustn't allow them to determine Israel's permanent eastern border, as this may put Israeli citizens at risk in the long run.
    In any case, the next government must act immediately to try and thwart Abbas' plan, if only because the quiet intifada may spin out of control and transform into an asymmetrical violent conflict. Therefore, as soon as it is established, the next government in Jerusalem will have to demand that the world force Abbas to return to the negotiation table at once, even it means that Israel will have to freeze settlement construction for a while."

- The (successful) politics of West Bank water, David Shamah (Times of Israel) - "Israel and the PA have been quietly cooperating to ensure a safe, clean, and water-ful environment west of the Jordan River"... Un article rafraichissant, car à mille lieues du narratif français sur la situation.
http://www.timesofisrael.com/the-successful-politics-of-west-bank-water/
   "While politicians in Israel and the Palestinian Authority continue their on again/off again posturing and peacemaking, some facts on the ground are bringing Israelis and Palestinians closer together — notably when it comes to environmental issues.
    Quietly, Israel and the PA have been cooperating extensively to preserve the environment of the entire land mass west of the Jordan River, according to a top water engineer from a large Palestinian-controlled city in the West Bank. The PA needs and wants Israel’s help in keeping water clean, expanding agricultural opportunities for farmers, and ensuring safe disposal of waste and trash, the engineer said.
    Attending the 17th annual International Cleantech Business Forum in Tel Aviv this week along with about a dozen other PA engineers and municipal officials, “Amar” (who asked that his real name and employer’s name not be used in this article) told The Times of Israel that everyone in the PA, without exception, had nothing but admiration for Israel’s accomplishments in technology, especially water and agricultural tech. “We want and need the advanced systems that Israel has developed to preserve the environment and to enhance agricultural output. We are neighbors, and we share the same environment, so it is to both our advantages that we cooperate on these issues.”
    Far from the limelight, said Amar, Israel and the PA have developed numerous joint projects to tackle environmental problems. “For example, this June a new sewage treatment facility in Emek Hefer will come on line, which will be connected to sewage flow from Tulkarm, Jenin, and other West Bank towns.”
    The project is actually the completion of a long-standing effort by officials on both sides of the Green Line to do something about the wastewater from PA cities which had for years choked and threatened to destroy the Alexander River, which flows near Netanya. The project required extensive cooperation between Israel and the PA, with contractors building cesspools, pipes, and other infrastructure. “Even during the wars [Operation Defensive Shield in 2002-2003, Operation Pillar of Defense last year] the cooperation continued,” Amar said. The more, and higher quality, water available, the more West Bank farmers will be able to plant, and the higher their incomes and living standards will be. “That’s good for everyone as well,” Amar added. [...]"


Monde arabe

- Vous avez dit normalisation ?, Karim Boukhari (Tel Quel) - "laquelle normalisation, comme vous le savez, est un sujet tabou dans les sociétés arabes".
http://telquel-online.com/Editorial/Vous-avez-dit-normalisation-%3F-556
   "Cette histoire commence par un conte de fées et se termine en cauchemar. Je vous la raconte : il était une fois à Tinghir, petite ville berbère du centre-est marocain, dans la vallée du Draâ… Kamal, un jeune homme du terroir, parti tôt dans les valises de son père qui a migré en France, est aujourd’hui un chercheur passionné d’histoire et de cinéma. Quoi de plus simple, pour lui, que de revenir au bled, pour filmer et enquêter sur l’histoire oubliée de Tinghir.
    Histoire oubliée ? Oui, Tinghir a longtemps été l’un des hauts fiefs de la communauté juive marocaine. Des milliers de juifs berbères l’ont désertée au fil des exodes massifs des années 1950-60, abandonnant tout sur place. Un pan entier du patrimoine de Tinghir, des berbères et du Maroc, a ainsi été progressivement oublié, puisque les manuels scolaires ont déchiré cette page. Kamal, héritier de cette histoire, de ces histoires, a établi des ponts entre Tinghir et Jérusalem, où il est parti filmer ses anciens voisins aujourd’hui citoyens israéliens. Il a pu voir que si, à Tinghir, tout le monde a oublié (“Quoi, des juifs, ici ?” s’exclament, incrédules, les jeunes du village), de l’autre côté, à Jérusalem ou Haïfa, personne n’a oublié.
    Il y a deux manières de considérer cette histoire de réconciliation et de retrouvailles. La première est de la trouver belle et émouvante. Humainement, et artistiquement, l’intention de réécrire ce qui a été effacé (la mémoire) est louable. Elle ressemble un peu à une chirurgie réparatrice qui ouvre les blessures pour effacer les bleus et retaper le corps malade. C’est la lecture la plus universelle et la plus juste.
    La deuxième lecture possible, concédée sous le double prisme de la démagogie et du conflit israélo-arabe, consiste à rejeter cette histoire sous le prétexte qu’elle œuvre pour la normalisation-dédiabolisation de l’Etat d’Israël, laquelle normalisation, comme vous le savez, est un sujet tabou dans les sociétés arabes. Si je vous en parle ici, c’est que la deuxième lecture, fallacieuse et scandaleuse, est en train de s’imposer au détriment de la première.
    Le pitch que je vous ai résumé plus haut est celui de Tinghir – Jérusalem, un film documentaire réalisé par le Marocain Kamal Hachkar. Une version courte a été diffusée l’année dernière par la télévision marocaine, provoquant quelques remous, mais le film était resté inédit en salle. Le Centre cinématographique marocain a décidé de réparer cette anomalie en programmant le docu-fiction dans le cadre du Festival national du film marocain, qui s’ouvre cette semaine à Tanger. La réaction ne s’est pas fait attendre puisque, à Tanger, tout ce que le tissu social et politique compte comme représentants s’est levé comme un seul homme pour demander fièrement l’interdiction du film. Des islamistes au pouvoir (PJD) à ceux en dissidence (Al Adl Wal Ihsane), en passant par les syndicats (UMT, CDT), les ligues de droits de l’homme ou les partis de gauche (USFP, PPS), tous ont vu dans cette histoire un “danger” pour la jeunesse marocaine et une “trahison” pour la cause palestinienne.
    Ceux qui ont vu tout cela n’ont pas vu le film. Ils ne connaissent ni l’art ni l’histoire. Ils sont un danger pour le présent et le futur de notre pays et de sa jeunesse. Ils ont le droit de dire ce qu’ils veulent, même si c’est du n’importe quoi. Mais nous avons le devoir de protéger les artistes et les chercheurs marocains contre ces appels à la haine, à Tanger, à Tinghir ou ailleurs. Amen."

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Published by Occam - dans Février 2013
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