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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 17:38
France

- En tramway dans le 93 : "S’ils avaient voulu, les francs-maçons, ils auraient empêché ça !" (Nouvel Observateur) - "Aucune n’a participé à la marche du 11 janvier. "On a déposé une gerbe à Vincennes, mais pas à Montrouge, s’agace Flore, une coiffeuse. Cette policière, elle a quand même perdu la vie pour sauver des enfants juifs." Encore Dieudonné. "C’est un bon comique", dit Isabelle. "En France, il ne faut pas toucher aux juifs", tranche Flore".
http://tempsreel.nouvelobs.com/charlie-hebdo/20150122.OBS0531/en-tramway-dans-le-9-3-s-ils-avaient-voulu-les-francs-macons-ils-auraient-empeche-ca.html
   "[...] La rame est bondée. Des manteaux, des capuches, des bonnets. Les visages s’estompent. Un cri : "Je suis pas Charlie !" La voix se fait plus basse : "Fallait pas tuer 12 personnes… Fallait en tuer 50 !" Rires. [...]
    Sur la vitre d’une camionnette à pizzas, une affiche "Je suis Charlie". Pascal l’a collée, "moins pour 'Charlie Hebdo' que pour la défense de la liberté d’expression". Il poursuit : "Je sais que je ne fais pas un geste commercial. Mais il y a le commerce et il y a mes idées." L’autre pizzaïolo, Julien, n’est pas du tout Charlie. "A cause de l’hypocrisie." "La liberté d’expression, elle doit être pour tout le monde. Regardez Dieudonné ! Il tape sur chaque religion, mais dès qu’il parle d’un juif, on le poursuit en justice." [...]
    Dehors, un groupe s’est formé, en train de fumer des cigarettes. Tous remettent en question la version officielle. L’un parle d’un journaliste, sur un toit, qui a filmé la sortie des frères Kouachi. "Il avait un gilet pare-balles. Pourquoi ?" Un autre revient sur la mort du policier : "Quand Kouachi tire, aucune balle sort du canon." Petite barbichette, silhouette fine, Hissan se tient à l’écart. "Les caricatures ? Je suis contre. C’est qui 'Charlie Hebdo' ? Il a fait quoi ? On dirait qu’il a sauvé le monde ! Ils ont été prévenus et ils ont persisté. Ils ont cherché la merde." Il sourit, jauge notre réaction. Poursuit : "Les tuer, non, ça ne se fait pas… Leur couper un doigt, oui. Ou leur couper la langue." Au fil de la discussion, Hissan se lâche : "Ces types de 'Charlie', ils n’ont aucun respect de la religion, d’eux-mêmes, de leur descendance, de l’humanité." [...]
    Perfecto et bottines en cuir, le jeune homme dit sortir de soirée. "Je ne suis absolument pas Charlie. Je ne comprends pas le deux poids, deux mesures sur la liberté d’expression. A l’égard des musulmans, on tolère les caricatures, ce qui nous touche au tréfonds de notre âme. Et de l’autre côté, il y a Dieudonné, même si je sais que l’exemple est galvaudé. C’est incompréhensible."
    Il s’appelle Clarence – "mes parents m’ont donné un prénom non musulman pour me laisser une chance" –, dit avoir fait hypokhâgne et khâgne. Rentre juste de Melbourne, où il tenait un bar à vins. "Ça va vous paraître antisémite, dit-il, mais est-ce normal que les journalistes juifs soient autant représentés ? 87% de journalistes juifs."
    Interloqués, nous lui demandons d’où il tient ce chiffre. Il ne sait pas quoi répondre. Poursuit. "Vous savez qu’il y a beaucoup de journalistes juifs. Et il y a des écarts d’objectivité terribles, notamment sur Israël." Clarence cite Alain Soral, le polémiste d’extrême droite, reprend sa classification entre beurs et "collabeurs". "C’est quoi un 'collabeur' ?" "Un type comme Jamel Debbouze, ces merdes qui font allégeance au système." Il revient sur les caricatures : "Mes parents sont illettrés. De voir ces dessins, ils en ont pleuré. Après l’attentat contre 'Charlie', ma mère a prié, prié, pour que les Kouachi ne soient pas attrapés vivants et qu’on ne les torture pas." [...]
    Dans les vestiaires, Mehdi, entraîneur de l’équipe de foot, une masse de 2 mètres. Quelques minutes plus tôt, il hurlait contre le gardien de but qui plongeait toujours à contretemps. Devant nous, il est plus calme, mais méfiant. "Est-ce que je suis touché par les victimes ? Sans plus. En tout cas, je ne suis sûrement pas Charlie." Les caricatures le choquent : "Tout est parti de là et ils en remettent une couche. Ça va encore attiser la haine." Nous lui parlons de la liberté d’expression et la réplique fuse : "Et Dieudonné, il a droit à la liberté d’expression ? La liberté d’expression, soit c’est pour tout le monde, soit c’est pour personne."
    Une dizaine de types en survêtement traînent à l’entrée du stade. Leur match a été annulé. Ils ont 18-20 ans. Nous les lançons sur les événements de la semaine dernière. Florilège de commentaires, indignés, provocateurs, délirants : "Pour moi, c’est un complot de l’Etat, les vrais musulmans, ils font pas ça !" "Ils avaient pas à se moquer de notre Prophète ! Le Prophète, il est mieux que notre père, il est mieux que notre mère !" "Ce n’était pas de mauvais dessinateurs, mais ils faisaient de mauvais dessins !" "J’y crois pas à cette histoire. Les frères Kouachi, ils sont morts en Syrie, pas ici !" "S’ils avaient voulu, les francs-maçons, ils auraient empêché ça !" [...]
    Un jeune homme, Nordine, se mêle à la conversation : "Le 11 janvier, on a mélangé des gens qui manifestaient pour la liberté avec des criminels de guerre comme Netanyahou." [...]
    Dans le salon, toutes acquiescent. Aucune n’a participé à la marche du 11 janvier. "On a déposé une gerbe à Vincennes, mais pas à Montrouge, s’agace Flore, une coiffeuse. Cette policière, elle a quand même perdu la vie pour sauver des enfants juifs." Encore Dieudonné. "C’est un bon comique", dit Isabelle. "En France, il ne faut pas toucher aux juifs", tranche Flore. [...]"

- Dieudonné : jugé pour des propos antisémites (AFP)
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/01/26/97001-20150126FILWWW00181-dieudonne-juge-pour-des-propos-antisemites.php
   "Dieudonné sera jugé demain pour provocation à la haine raciale pour des propos sur le journaliste de France Inter Patrick Cohen qui avaient déclenché le processus d'interdiction de son spectacle il y a un an. "Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire sa valise", déclarait le polémiste dans son spectacle Le Mur. "Quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage".
    Dieudonné s'en prenait depuis plusieurs mois au journaliste de Radio France qui avait publiquement assuré qu'il n'inviterait jamais le polémiste, déjà condamné à plusieurs reprises pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale, et égratigné des confrères refusant d'envisager un tel boycott. Mais la diffusion de ces propos dans un reportage sur France2 en décembre 2013 avait déclenché une vive réaction de Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, qui avait donné instruction aux préfets d'engager des mesures d'interdiction de représentations du spectacle pour risques de "troubles à l'ordre public". [...]"

- Rapport sur l’antisémitisme en France en 2014 (SPCJ) - "51% des actes racistes commis en France en 2014 sont dirigés contre des Juifs. Les Juifs représentent un peu moins de 1% de la population française. Moins de 1% des citoyens du pays est la cible de la moitié des actes racistes commis en France".
http://www.antisemitisme.fr/dl/2014-FR.pdf
Extrait :
   "1.1 CONSTATS ET ANALYSES
    L’année 2014 est une année où le fait antisémite est prépondérant quasiment sans discontinuer. En 2014, le nombre d’actes antisémites recensés sur le territoire français a doublé. Il est de 851 contre 423 en 2013. Cela représente une augmentation de 101%. En 2014 les actions violentes ont augmenté de 130% comparativement à 2013. Le nombre d’actions violentes en 2014 est de 241 contre 105 en 2013. L’antisémitisme est devenu toujours plus violent et hyper-violent. Aujourd’hui parler de la menace antisémite en France c’est parler de préjugés tenaces, de stéréotypes sectaires, de haine profonde mais aussi et surtout de terrorisme djihadiste antisémite. On tue des hommes, des enfants en bas âge pour l’unique raison qu’ils sont Juifs.
    51% des actes racistes commis en France en 2014 sont dirigés contre des Juifs. Les Juifs représentent un peu moins de 1% de la population française. Moins de 1% des citoyens du pays est la cible de la moitié des actes racistes commis en France. La hausse de 30% des actes racistes commis en France en 2014 comparativement à 2013 est constituée exclusivement par la hausse des actes antisémites. En effet, les actes racistes, hors actes antisémites, recensés en 2014 sont en recul de 5% comparativement à 2013. [...] Les villes les plus touchées par les actes antisémites en 2014 sont Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Sarcelles, Strasbourg, Nice, Villeurbanne et Créteil."
- Le nombre d'actes antisémites a doublé en 2014, +130% pour les actes avec violences physiques (AFP)
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/01/27/97001-20150127FILWWW00062-le-nombre-d-actes-antisemites-a-double-en-2014-130-pour-les-actes-avec-violences-physiques-crif.php
   "Le nombre des actes antisémites a doublé (+101%) en 2014 par rapport à 2013 en France, avec même une augmentation de 130% des actes avec violences physiques, a annoncé aujourd'hui le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui estime que "le point critique a largement été dépassé". Selon le Crif, qui cite des chiffres du Service de protection de la communauté juive (SPCJ) basés sur des données du ministère de l'Intérieur, 851 actes antisémites ont été recensés en 2014, contre 423 en 2013. Le nombre des actes avec violences physiques a été de 241 l'an passé, contre 105 en 2013. "Il résulte de ces chiffres un accroissement important et très préoccupant de la violence des actes antisémites", note le Crif dans un communiqué."
- New antisemitism report from France is shocking (Elder of Ziyon) - "61% of all violent racist attacks recorded in France, 241, were directed against Jews, who are less than 1% of France's population.  By comparison, only 55 violent racist acts were anti-Muslim. This means that in France, a Jew is nearly 50 times as likely to be the victim of bias violence as a Muslim is. This report does not count all antisemitic acts; only those reported to police".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/01/new-antisemitism-report-from-france-is.html

- Hollande s’en prend à la théorie du complot et au négationnisme (AFP) - Hollande : "aujourd’hui, [l'antisémitisme] se nourrit aussi de la haine d’Israël. Il importe ici les conflits du Moyen Orient. Il établit de façon obscure la culpabilité des juifs dans le malheur des peuples".
http://www.liberation.fr/politiques/2015/01/27/hollande-s-en-prend-a-la-theorie-du-complot-et-au-negationnisme_1189669
   "Le président de la République, François Hollande, a évoqué et pourfendu à plusieurs reprises mardi la thématique du complot lors de son discours au Mémorial de la Shoah à Paris.
   «Pour combattre un ennemi, il faut d’abord le connaître et le nommer. L’antisémitisme a changé de visage. Il n’a pas perdu ses racines millénaires. Certains de ses ressorts n’ont pas changé depuis la nuit des temps : le complot, le soupçon, la falsification», a-t-il dit lors d’un hommage aux 76.000 Juifs de France déportés sous le régime de Vichy. «Mais aujourd’hui, il se nourrit aussi de la haine d’Israël. Il importe ici les conflits du Moyen Orient. Il établit de façon obscure la culpabilité des juifs dans le malheur des peuples. Il entretient les théories du complot qui se diffusent sans limite. Celles même qui ont conduit au pire», a-t-il ajouté.
    Et d’insister sur la nécessité de «prendre conscience que les thèses complotistes prennent leur diffusion par internet et les réseaux sociaux. Or nous devons nous souvenir que c’est d’abord par le verbe que s’est préparée l’extermination». «Nous devons agir au niveau européen et même international pour qu’un cadre juridique puisse être défini et que les plateformes internet qui gèrent les réseaux sociaux soient mises devant leurs responsabilités, et que des sanctions soient prononcées en cas de manquements», a-t-il insisté. [...]"

- Enseigner la Shoah, c’est parfois « moins facile qu’avant », Mattea Battaglia & Benoît Floc'h (Le Monde) - "La discussion roule sur Dieudonné, Internet et les théories du complot. C’est à ces « influences contraires » que M. Schwab attribue les difficultés qu’il perçoit « depuis cinq à sept ans » pour enseigner la Shoah".
http://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/27/enseigner-la-shoah-c-est-parfois-moins-facile-qu-avant_4564131_3210.html
   "[...] Oui, « on en entend parler tout le temps » de la Shoah à l’école, confie un élève. Mais « non », ce n’est pas trop. La discussion roule sur Dieudonné, Internet et les théories du complot. C’est à ces « influences contraires » que M. Schwab [professeur d’histoire-géographie à Nancy] attribue les difficultés qu’il perçoit « depuis cinq à sept ans » pour enseigner la Shoah. En général, cela se passe bien. Mais « c’est moins facile qu’avant ».
    Moins facile ? Après les attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, c’est avec prudence que l’éducation nationale communique, assurant « ne pas avoir d’éléments objectifs sur les difficultés que rencontrent les professeurs ». A l’Assemblée nationale, le 13 janvier, le premier ministre, Manuel Valls, lui, n’a pas mâché ses mots : « Comment accepter que, dans certains établissements, on ne puisse pas enseigner ce qu’est la Shoah ? »
    L’Association des professeurs d’histoire-géographie (APHG) tient elle aussi à l’adjectif « certains ». « Les conditions d’enseignement sur ce thème se sont plutôt dégradées en dix ans, particulièrement dans les établissements des zones sensibles, même s’il faut se garder de généraliser, affirme Hubert Tison, secrétaire général de l’APHG. A chaque résurgence du conflit au Proche-Orient, on observe des retentissements dans certaines classes, et les plus graves se règlent dans le bureau du principal ou du proviseur. Les enseignants n’aiment pas trop en parler, il n’y a donc pas – ou peu – de remontées. »
    Hubert Tison est conscient que des collègues jugent cette prudence excessive, et d’autres la justifient. « En 2003, notre association avait enquêté sur 750 établissements en tentant d’établir la carte des contestations. Cela revenait à cibler les zones périphériques de Paris, Lyon, Marseille… On ne l’a pas communiquée pour éviter les stigmatisations. » L’absence de données nationales laisse nombre d’enseignants perplexes. Certains racontent être confrontés, régulièrement, à des comportements antisémites virulents. D’autres n’avoir jamais rien vécu – ni entendu – de tel. [...]"

- Shoah, l’histoire contre les fanatismes (éditorial du Monde daté 28 janvier) - "les vieux thèmes de l’antisémitisme européen ont été repris avec plus de vigueur que jamais, dans le monde arabe, dans la longue guerre qui l’oppose à Israël. Par tous les canaux de diffusion, notamment sur Internet, cette sinistre rhétorique a envahi certains secteurs des communautés musulmanes d’Europe. Ce nouvel antisémitisme meurtrier rend plus que jamais nécessaire le rappel de ce qu’a été Auschwitz".
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/27/shoah-l-histoire-contre-les-fanatismes_4564244_3232.html
   "C’était il y a dix ans. Le 27 janvier 2005, Jacques Chirac inaugurait le nouvel aménagement du pavillon français du musée d’Auschwitz. Dans son discours, le chef de l’Etat liait l’exigence du souvenir au devoir d’agir. Agir pour « oppos[er] implacablement la rigueur de la loi à ceux qui prétendent nier l’horreur de ce qui s’est passé ». Agir pour bâtir « une Europe qui tarisse à leur source la haine, l’intolérance et le fanatisme ». Agir pour que « nulle part le crime contre l’humanité ne [trouve] refuge ou répit ».
    Dix ans plus tard, alors que François Hollande se rend à son tour à Auschwitz, cette « géhenne [où] l’on meurt à petit feu », pour reprendre les mots d’Aragon, chacune des injonctions de son prédécesseur pourrait être répétée dans les mêmes termes. Avec davantage de vigueur, même. Parce que la parole de « ceux qui prétendent nier l’horreur de ce qui s’est passé » s’est libérée comme jamais. Parce que « la haine, l’intolérance et le fanatisme » prospèrent comme jamais au cœur d’une Europe qui s’était fait la promesse de les abolir. Parce que le crime contre l’humanité trouve à nouveau « refuge », ici où là. Et nourrit des violences, justifie des tueries sans cesse renouvelées, comme on vient de le vivre à Paris.
    Face à l’incompréhensible « trou noir d’Auschwitz » dont parlait Primo Levi, le devoir de mémoire, si souvent invoqué, paraît de plus en plus inopérant et impuissant. Il fut un temps où il avait un sens, quand l’époque était à l’amnésie et à l’effacement. Depuis maintenant plus de trente ans, la tendance est plutôt à l’« hypermnésie », comme l’a souvent souligné l’historien Henry Rousso, spécialiste de la mémoire de la seconde guerre mondiale. Au trop peu a succédé une forme de trop-plein. Dans les médias, dans les librairies, à l’école, la Shoah n’a jamais été aussi présente. Pour les enseignants, emmener des élèves à Auschwitz est devenu une habitude. Il n’a jamais été aussi facile de savoir. Et pourtant…
    Oui, que s’est-il donc passé ? Comment une société où le « plus jamais ça » a été érigé en impératif catégorique s’est-elle mise à nouveau à sécréter un racisme et un antisémitisme que l’on croyait révolus ? « Comment accepter, comme l’a dit Manuel Valls le 13 janvier, quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, que dans certains établissements on ne puisse pas enseigner la Shoah ? »
    Cette impasse du devoir de mémoire s’est heurtée, il faut le reconnaître lucidement, à deux évolutions récentes. D’une part, l’adoption de lois mémorielles qui ont eu un effet pervers. Elles ont conduit d’autres communautés à ériger leur mémoire en Histoire et à entrer dans une détestable compétition « victimaire » avec les juifs. Au risque de nier la singularité absolue du massacre des juifs (et des Tziganes) d’Europe par le régime nazi. D’autre part, les vieux thèmes de l’antisémitisme européen ont été repris avec plus de vigueur que jamais, dans le monde arabe, dans la longue guerre qui l’oppose à Israël. Par tous les canaux de diffusion, notamment sur Internet, cette sinistre rhétorique a envahi certains secteurs des communautés musulmanes d’Europe.
    Ce nouvel antisémitisme meurtrier rend plus que jamais nécessaire le rappel de ce qu’a été Auschwitz. Au-delà des principes humanistes et moraux, l’inlassable travail des historiens pour établir la vérité des faits reste la meilleure arme contre les négationnismes."


Gaza & Hamas

- Gaza va mettre fin à 5 ans de boycott des produits israéliens (Times of Israel) - "La production locale restreinte et la destruction des tunnels ont obligé Gaza à accepter les « produits sionistes »."
http://fr.timesofisrael.com/gaza-va-mettre-fin-a-5-ans-de-boycott-des-produits-israeliens/

- Gaza : l'ONU, à court d'argent, arrête son aide (AFP)
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/01/27/97001-20150127FILWWW00119-gaza-l-onu-a-court-d-argent-arrete-son-aide.php
   "L'ONU a annoncé aujourd'hui suspendre son aide financière à des dizaines de milliers de Palestiniens pour réparer leur maison ou payer leur loyer à Gaza dévastée par la guerre avec Israël, en dénonçant les promesses internationales non tenues. "5,4 milliards de dollars avaient été promis en octobre à la conférence du Caire" pour la reconstruction du territoire après la guerre de juillet-août 2014, "et aucune de cette aide n'est pour ainsi dire arrivée à Gaza. C'est douloureux et inacceptable", a dit dans un communiqué l'Agence pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA)."
- UNRWA suspends Gaza reconstruction for lack of funds. Here's why there's no money (Elder of Ziyon) - "Hamas refuses to relinquish its hold on Gaza even after it supposedly joined the "unity government" and international donors don't want to contribute to Hamas".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/01/unrwa-suspends-gaza-reconstruction-for.html
   "[...] The reason was said explicitly by Egypt's foreign minister Sameh Shoukry last month:
   "Commenting on a Gaza donors conference held in Cairo months ago, Shoukry said donors who pledged billions of dollars for the embattled Palestinian territory had not sent the money because they had no trust in the absence of a lasting solution to the Palestinian-Israeli conflict and the suspension of direct Palestinian-Israeli peace negotiations. "The international community links its financial contribution to the reconstruction of Gaza to the return of the Palestinian authority to its position in it," Shoukry said. He added that this international community had confidence in the Palestinian Authority and a desire to contribute to the reconstruction of Gaza through the authority."
    Hamas refuses to relinquish its hold on Gaza even after it supposedly joined the "unity government" and international donors don't want to contribute to Hamas. Arab countries don't trust Hamas and neither do Western countries.
    There is one other reason: Arab countries always lie about how much they support their Palestinian brothers. There is a long history of Arab countries pledging hundreds of millions of dollars and not paying. In 2008, it was revealed that Arab nations had paid only 40% of the money they had pledged to the PA. In 2012, Arab nations again promised hundreds of millions that they didn't pay. And in 2010, not one dime of a half billion dollars pledged specifically for Jerusalem was paid. You know, the city that is supposedly the one that Arabs would die for couldn't even get anything.
    While Arab nations will insist to the West how the Palestinian issue is their top priority, their actions have consistently shown this to be a lie. They just say it in order to put political pressure on Israel via the West, but they really don't give a damn about Palestinian Arabs. (Anyone who has ever followed how they treat their Palestinian Arab "guests" in their countries know this to be the case.) [...]"


Judée-Samarie

- How would Arabs treat Jewish rights to visit their holy sites under their control? Look at Joseph's Tomb (Elder of Ziyon) - "Jews who want to worship at Joseph's Tomb - Jews who are not particularly Zionist - are forced to arrive in the middle of the night, in heavily armored buses, where they are pelted with rocks. The only reason they are not lynched outright is because the IDF is there to protect them. This is what "free access to holy sites" looks like, today".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/01/how-would-arabs-treat-jewish-rights-to.html


Monde arabe

- Saudi Imam on Paris Attacks: This Is the Only Language Jewish and Christian Infidels Understand (and Muslims Discovered America) (MEMRI, 9 janvier, Vidéo 3mn53)
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/01/0126-links-pt2-netanyahu-presented-with.html


Europe

- Anti-austerity party’s Greek election win is a worry for EU, and maybe Israel (Haaretz) - "The change of government in Greece is expected to affect its relations with Israel, which had improved beyond recognition in recent years".
http://www.haaretz.com/news/world/.premium-1.639180

- Aube dorée, en troisième position, crie victoire, Adéa Guillot (Le Monde) - « On en arrive là parce qu’aucun parti dans cette campagne ne s’est attaqué au problème d’Aube dorée. »
http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/26/aube-doree-en-troisieme-position-crie-victoire_4563518_3214.html
   "Malgré un léger recul, en voix comme en sièges, le parti néonazi Aube dorée a donc réussi son pari de devenir le troisième parti grec, avec 6,28 % des suffrages, obtenus à l’issue du scrutin législatif, dimanche 25 janvier. Il devance de 0,23 point To Potami (« la rivière »), le parti de centre gauche fondé en mars 2014 et qui entendait bien profiter de ces élections pour devenir la troisième force politique du pays. [...]
    Immédiatement, le président d’Aube dorée, Nikos Michaloliakos, a diffusé sur Internet, depuis son lieu de détention, un message se félicitant de leur troisième place : « Même depuis notre prison, alors que nous n’avions pas les moyens de faire campagne, nous avons remporté cette grosse victoire. » Accusés d’appartenir à une organisation criminelle, l’ensemble des dirigeants du parti ont été arrêtés et se trouvent en détention provisoire depuis septembre 2013, dans l’attente d’un procès.
   « On en arrive là parce qu’aucun parti dans cette campagne ne s’est attaqué au problème d’Aube dorée, regrette Dimitris Psarras, auteur du livre Aube dorée devant la justice (non traduit). Les conservateurs de Nouvelle Démocratie voulaient récupérer une partie de cet électorat, ils ont développé une rhétorique droitière et Syriza ne s’est pas du tout prononcé pour les mêmes raisons, afin de récupérer l’élément antisystème de cet électorat. »
    Bientôt, Nikos Michaloliakos et ses lieutenants sortiront de prison après dix-huit mois de détention. C’est donc libres qu’ils assisteront à leur procès. « Si procès il y a, s’inquiète M. Psarras. Car il devait avoir lieu à l’automne 2014 et n’est toujours pas programmé ! Cela alimente les convictions de ceux qui pensent qu’il n’y a rien dans le dossier et que toute la procédure judiciaire à leur encontre n’était que le fruit d’une volonté politique de les faire disparaître », conclut M. Psarras."
- L'Aube dorée, troisième force politique de Grèce, Julien Licourt (Le Figaro) - "Vassiliki Georgiadou, professeur de sciences politiques à Athènes et spécialiste du parti indique que les incarcérations ont joué sur le résultat du parti. «Sans cela, il seraient à 15%», estime-t-elle".
http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/26/01003-20150126ARTFIG00190-l-aube-doree-troisieme-force-politique-de-grece.php


Monde

- Argentine Prosecutor: Rouhani Involved in AMIA Bombing Decision, Alana Goodman (Free Beacon) - "The bombing, which killed 85 and injured hundreds, is believed to have been authorized by Iran and carried out by its terror proxy Hezbollah"; "Nisman said privately he had evidence that Rouhani was involved in the decision to authorize the bombing, according to Miami Herald reporter Andres Oppenheimer".
http://freebeacon.com/national-security/argentine-prosecutor-rouhani-involved-in-amia-bombing-decision/


Point de vue

- L’antisémitisme qu’on ne veut pas voir, Marcela Iacub (Libération)
http://www.liberation.fr/societe/2015/01/23/l-antisemitisme-qu-on-ne-veut-pas-voir_1187287
   "Il y a eu dans les commémorations des victimes du terrorisme quelque chose de très gênant : la place presque inexistante octroyée aux morts juifs. On dira qu’on en a parlé partout, un peu moins que des morts de Charlie, certes, mais on ne les a pas complètement oubliés. Voilà le problème. C’est précisément cela qui laisse un goût amer dans nos mémoires. Car le sentiment que l’on éprouve, c’est que le fait de tuer des gens pour avoir dessiné des caricatures du Prophète est plus grave que de tuer des juifs au seul motif qu’ils sont juifs.
    Comme si, d’une certaine manière, c’était normal de tuer des clients d’une épicerie casher. Non que ce soit bien. C’était mal, bien évidemment que c’était moche : ce sont des êtres humains innocents, comme on dit. Et des Français, de surcroît. Mais pas de quoi faire une journée de deuil national ou une manifestation dans laquelle il y aurait presque 4 millions de personnes. C’est pourquoi le mot d’ordre des commémorations était la liberté d’expression et non pas la lutte contre le terrorisme islamiste.
    Ceci explique certains des problèmes qui sont apparus par la suite. Ces mots d’ordre ont pu suggérer que la pire objection que l’on pouvait adresser à ces assassins était leur hostilité envers la liberté d’expression. Comme si en massacrant des gens ils ne faisaient qu’exprimer une opinion à propos de cette précieuse liberté démocratique. Sans compter qu’en France il y a tant de gens qui sont contre cette liberté ! Les élites politiques et médiatiques ne cessent de vanter les mérites des sanctions pour ces «abus» dont se rendent coupables les mauvais parleurs. Ils se félicitent de nos lois restrictives et veulent à chaque fois que l’occasion se présente les durcir encore.
    C’est pourquoi, dans un tel contexte, il devient très difficile de différencier les personnes qui ont des opinions liberticides des terroristes. Si les actes de ces derniers sont si monstrueux, c’est parce qu’ils piétinent un droit beaucoup plus important et élémentaire que celui de s’exprimer librement, un droit qui rend possible tous les autres : celui de vivre.
    Si une telle confusion a vu le jour, c’est en grande partie parce qu’il fallait justifier que l’on s’horrifie davantage que les terroristes aient tué des dessinateurs français que des juifs. Que ces terroristes, au lieu de s’en prendre aux juifs comme c’est leur habitude, attaquent aussi des vrais et bons Français.
   «Je suis Charlie» et la défense de la liberté d’expression, ce sont les noms que l’on a donnés à cette tergiversation. Alors qu’en réalité on voulait signifier autre chose, notamment que, dorénavant, il fallait prendre la menace islamiste au sérieux. Tant qu’il n’y avait que des juifs comme cibles, on pouvait laisser les jihadistes se réunir, s’armer, comploter, rentrer de Syrie, acheter des armes comme si de rien n’était. Alors que, maintenant, on prendra des mesures fermes pour désamorcer ces foyers de folie et de violence qui poussent à la vue de tous.
    Mais le fera-t-on vraiment ? La réponse à cette question est loin d’être évidente. Ils sont si peu nombreux les humoristes qui font des caricatures du Prophète (et on les a presque tous tués) qu’on n’aura pas longtemps à trop se prendre la tête pour protéger la population la plus vulnérable aux attaques terroristes, c’est-à-dire les juifs.
    Car protéger, ce n’est pas juste mettre des policiers en faction devant les écoles ou les synagogues : c’est ainsi qu’on a voulu préserver les journalistes de Charlie d’une vengeance sanglante. Protéger les juifs contre la menace terroriste implique de faire des efforts beaucoup plus importants que cela. On a laissé pendant si longtemps se développer ce monstre que la seule solution qui reste aujourd’hui est celle d’une répression sans merci.
    Certes, il y en a une autre : conseiller aux juifs de quitter la France pour trouver refuge en Israël. Si cela peut éviter aux bons et vrais Français des ennuis, au nom de quoi va-t-on s’empêcher de prendre cette dernière solution au sérieux ?"

- I, the son of Holocaust survivors, thought I'd live to see anti-Semitism vanish, Samuel Heilman (Haaretz) - "Seventy years after Auschwitz was liberated, European anti-Semitism has reemerged – like diseases that return because parents were lax in immunizing their children".
http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.639371

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