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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 21:20

France

- 40% des jeunes trouvent l’islam sectaire et les juifs communautaristes, Lucile Quillet (Le Figaro) - "près de la moitié des 18-24 ans considèrent que les juifs sont «plus proches d’Israël que de la France». Environ 43% les définissent comme un «groupe replié sur lui-même». Enfin, 20% estiment que«leur influence sur la société est trop importante»."
http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/40-des-jeunes-trouvent-l-islam-sectaire-et-les-juifs-communautaristes-2010/

- Les Protocoles des Oligarques de Sion s'invitent dans vos médias préférés (Conspiracy Watch) - "Télérama, Libération, Le Nouvel Obs, Le Point, L'Express, Le Figaro, Europe 1, Ouest-France, TF1, Première, Allociné, Evene... Aucun de ces médias n’est complotiste ou d'extrême droite. Pourtant, tous assurent depuis la semaine dernière la promotion sur leurs sites du dernier film de Béatrice Pignède : «L’Oligarchie et le Sionisme»"...
http://www.conspiracywatch.info/Les-Protocoles-des-Oligarques-de-Sion-s-invitent-dans-vos-medias-preferes_a1065.html

- Emoi à La Rochelle pour une caricature de banquier juif, Nathalie Brafman (Le Monde) - LDH : "dans un contexte social et politique marqué par une réelle et forte montée d'un racisme banalisé, qui fait le lit de l'extrême droite, utiliser le stéréotype du "banquier juif" n'est pas neutre et peut contribuer à alimenter, de manière involontaire, ce racisme et cet antisémitisme ambiants".
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/31/emoi-a-la-rochelle-pour-une-caricature-de-banquier-juif_3421691_3224.html
   "C'est une publicité dont Gérard Blanchard, le président de l'université de La Rochelle, se serait bien passé. En cause, une pièce de théâtre - jouée cinq fois début avril devant 420 personnes - jugée, par certains, antisémite. La pièce, intitulée Le Rôle de vos enfants dans la reprise économique mondiale, a été écrite et jouée par des étudiants de La Rochelle, encadrés par un écrivain québécois, Eric Noël, et Claudie Landy, directrice du théâtre.
    L'objectif : dénoncer les dérives de la finance internationale. Avec humour. Dans le rôle principal : une multinationale baptisée la Goldberg and Co (allusion transparente à Goldman Sachs), incarnée par une femme juive sans scrupules. Pour faire face à la crise économique, celle-ci a la bonne idée de miser sur des nouveau-nés qui rapporteront une certaine somme d'argent à leurs parents et à leur investisseur une fois adultes.
    Un peu plus loin dans la pièce apparaît un chasseur de nazis, Cohen 1, qui lâche finalement sa prise contre une liasse de billets. Et lui serre même la main. "Les juifs ne sont pas les seuls à être caricaturés : les pauvres ressemblent à la famille Groseille de La vie est un long fleuve tranquille, la prostituée est vulgaire et une Chinoise se trimballe un balai à la main", fait valoir Claudie Landy. Sans compter un trader véreux et un Italien mafieux.
    Pour la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), la pièce ne fait "qu'aligner et enfiler les préjugés les uns derrière les autres et cela sans aucune distance". Et est clairement antisémite. A l'issue de la représentation, un professeur de biochimie à l'université de La Rochelle, Michel Goldberg, dénonce un "dérapage malvenu" au président, qui, lui, n'a pas vu la pièce. Second degré, humour noir, satire, invoquent les étudiants, l'auteur, le metteur en scène et la vice-présidente chargée de la culture à l'université. "A aucun moment, pendant l'écriture, on ne s'est dit que nous étions limites. Et les gens ont bien ri dans la salle", répond Romain Michalcak, étudiant en droit et l'un des auteurs de la pièce.
    Peiné, Michel Goldberg aurait souhaité, non pas la censure, mais à tout le moins une condamnation morale de la pièce de la part de son établissement. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) aussi. "La pièce est antisémite, et (...) même grossièrement antisémite. Que ce soit de façon consciente ou inconsciente est sans intérêt ici", écrit l'ex-président du CRIF, Richard Prasquier, dans l'une de ses dernières lettres en ligne. "Mon rôle n'est pas de condamner mais de m'assurer que les artistes et les étudiants qui ont travaillé sur ce texte sont au-dessus de tout soupçon et ils le sont", répond le président de l'université.
    L'affaire commence à faire grand bruit. La section de la Ligue des droits de l'homme de La Rochelle a estimé que "dans un contexte social et politique marqué par une réelle et forte montée d'un racisme banalisé, qui fait le lit de l'extrême droite, utiliser le stéréotype du "banquier juif" n'est pas neutre et peut contribuer à alimenter, de manière involontaire, ce racisme et cet antisémitisme ambiants". Avec la Licra, elle aurait souhaité un avertissement permettant au public de voir la pièce avec le recul nécessaire."

- Al Dura, pourquoi Charles Enderlin n'a rien vérifié (Blog) - "Enderlin a déclaré au journal Ha'aretz qu'il a supposé que c'était exact - et que toute enquête de sa part lui aurait donné une mauvaise image auprès des gens à Gaza".
http://observatoiredumoyenorient.blogspot.fr/2013/05/al-dura-pourquoi-charles-enderlin-na.html

- Christophe Oberlin : "Israël est un état mafieux" (Egalité et Réconciliation - site conspirationniste et antisioniste d'Alain Soral) - "Le 28 mai 2013 a eu lieu à Paris à l’Institut du Monde Arabe une commémoration du 65ème anniversaire de la Nakba. Ont été invités à s’exprimer notamment Hael Al Fahoum, ambassadeur de Palestine en France, et Christophe Oberlin, chirurgien français qui s’est rendu plus d’une trentaine de fois à Gaza. Voici le texte de son excellente intervention qui se démarque des propos convenus habituels." En effet, Christophe Oberlin appelle à la destruction de l'Etat juif ("L’État juif, c’est fini. La libération de la Palestine est inéluctable"... entendez ici "toute" la Palestine) et appelle à renverser Abbas au profit du Hamas (pour lequel il dévoile ici toute sa sympathie). Et tout cela, donc, lors d'un discours public tenu à l'Institut du Monde Arabe (sous contrôle financier de l'Etat français depuis 1996).
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Christophe-Oberlin-Israel-est-un-etat-mafieux-18342.html

- Pourquoi la France condamne la "branche armée" du Hezbollah qui n’existe pas, Yves Derai (éditorialiste à Atlantico) - "nos diplomates savent tous, et depuis longtemps, qu’il n’existe qu’un seul Hezbollah dont l’action sociale, économique et militaire est coordonnée par un leadership islamiste unique représenté au sein du gouvernement libanais".
http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-france-condamne-branche-armee-hezbollah-qui-existe-pas-yves-derai-740755.html
   "La France a donc attendu que le Hezbollah apporte officiellement son soutien au régime de Bachar El Assad pour hausser le ton. « Compte tenu des décisions qu’a prises le Hezbollah et le fait qu’il a combattu très durement la population syrienne, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, je confirme que la France proposera d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisation terroristes » de l’Union Européenne. Soutenue par l’Allemagne et la Grande-Bretagne, cette initiative a désormais de bonnes chances d’aboutir, même s’il faut que la résolution soit votée à l’unanimité des 27 pour être adoptée.
    Cette décision tardive recèle cependant sa part d’hypocrisie. La France se limite, en effet, à une condamnation de « la branche armée » de l’organisation alors que nos diplomates savent tous, et depuis longtemps, qu’il n’existe qu’un seul Hezbollah dont l’action sociale, économique et militaire est coordonnée par un leadership islamiste unique représenté au sein du gouvernement libanais. Dissocier la « branche militaire » de la formation politique ne procède donc d’aucune logique juridique. Le Hamas palestinien ou le PKK kurde, par exemple, sont désignés par l’UE comme des entités terroristes sans distinction de « branches ».
   « Sans doute, confie un proche du dossier. Mais si le Hezbollah tout entier était inscrit sur la liste des pays terroristes, cela impliquerait que la France ne puisse plus entretenir de relations avec le gouvernement libanais ». Pas forcément. Paris pourrait aussi boycotter les seuls ministres du Hezbollah et ne pas rompre le dialogue avec Beyrouth. Dans les années 2000, Martine Aubry et d’autres membres du gouvernement Jospin refusaient tout contact avec les ministres autrichiens du FPÖ de l’ultranationaliste Jorg Haïder mais la France n’a pas rompu ses relations avec l’Autriche. Et Haïder n’avait pas de sang européen sur les mains, contrairement au Hezbollah, dont la culpabilité dans l’attentat de Burgas du 18 juillet 2012 a été démontrée par les autorités bulgares.
    En dépit de ces réserves, le changement d’orientation de la France, s’il emporte l’adhésion des 27, devrait compliquer la vie de l’organisation terroriste soutenue par l’Iran et la Syrie, deux régimes qui entretiennent depuis des années l’instabilité au Liban et font planer des menaces sur la sécurité d’Israël."


Israël

- Ce que «sioniste» veut dire, Avraham B. Yehoshua (écrivain) - "Libérer le terme sioniste de tous les appendices et autres ajouts superflus qui lui ont été accolés permettra non seulement d’éclaircir tous les différends idéologiques et politiques entre nous, évitant ainsi une mythification des controverses, mais obligera les critiques en dehors d’Israël à mieux préciser et à mieux focaliser leurs positions".
http://www.liberation.fr/monde/2013/05/30/ce-que-sioniste-veut-dire_906994
   "Le terme de «sioniste» est fondamentalement simple, clair, facile à définir, à comprendre et à justifier. Cependant, au cours des vingt, trente dernières années, ce terme s’est transformé en une notion des plus confuses. La droite l’ajoute comme une sorte de crème chantilly pour améliorer le goût de mets douteux, tandis que la gauche l’envisage avec crainte comme une sorte de mine susceptible d’exploser entre ses mains, qu’il convient de neutraliser avec toutes sortes d’ajouts bizarres, du genre «sionisme raisonnable» ou «sionisme humaniste».
    À l’étranger, dans les cercles critiques à l’égard d’Israël, le sionisme sert de poison à l’aide duquel chaque argument à l’encontre de l’État hébreu se voit aggravé. Pour certains critiques, la solution pour l’avenir de ce pays est même dans la «désionisation» de son identité. Pour les ennemis jurés d’Israël, sioniste est un vocable diabolique, un qualificatif péjoratif remplaçant le mot «israélien» ou «juif». Les membres du Hamas parleront du «soldat sioniste prisonnier», et le Hezbollah et l’Iran se référeront à «l’entité sioniste criminelle» et non à Israël.
    Dans ces conditions, il faut tenter de définir de façon réaliste le terme sioniste. Tout d’abord, il convient de se rappeler que ce terme est né à la fin du XIXe siècle. Cela n’a donc aucun sens de définir par ce mot le poète Yehuda Halevy de sioniste, lui qui œuvrait au XIe siècle en Espagne, ou un juif quelconque immigré en terre d’Israël au cours des siècles passés.
    Du coup, comment définir qui est sioniste depuis l’apparition du mouvement sioniste, inspiré de Theodor Herzl et de ses adeptes ? Voici une définition : un sioniste est un individu qui désire ou soutient la création d’un État juif en terre d’Israël qui serait, dans le futur, l’État du peuple juif. Selon les propos mêmes de Herzl : «À Bâle, j’ai fondé l’État des juifs.» Le mot-clé en l’occurrence est : «État». Et, de manière naturelle, il s’agit de la terre d’Israël à cause de l’attachement historique du peuple juif à cette terre.
    Mon trisaïeul, par exemple, venu de Salonique en terre d’Israël au milieu du XIXe siècle, ne peut donc être défini comme un sioniste. Il est venu s’y installer et non fonder un État. C’est le cas des aïeux des Netoure Karta («les Gardiens de la cité») et d’autres groupes hassidiques arrivés au XVIIe siècle et au XVIIIe qui lui vouent la même fidélité, mais dont certains d’entre eux considéraient, et considèrent toujours, l’État d’Israël comme une abomination et un blasphème.
    Herzl lui-même et nombre de dirigeants sionistes n’ont jamais immigré en terre d’Israël, sans que, pour autant, on ne puisse pas les qualifier de sionistes. Quiconque définit le sioniste comme celui qui a immigré en Israël déclare, en fait, qu’aucun sioniste ne se trouve hors de ce pays. Ce qui est faux. Et que dire de ceux qui sont nés en Israël ? Seraient-ils sionistes de naissance ?
    Reste à savoir quel État désiraient ceux qui en soutenaient le projet. Chaque sioniste affichait sa propre vision et son programme. Le sionisme n’est pas une idéologie. Si l’on retient comme définition de l’idéologie la conjonction systématique et unifiée d’idées, de conceptions, de principes et de mots d’ordre à l’aide desquels s’incarne une vision du monde d’un groupe, d’un parti ou d’une classe sociale, le sionisme ne peut sûrement pas être tenu pour une idéologie, mais juste comme une très large plateforme de différentes idéologies, parfois même antagonistes.
    Après la création de l’État d’Israël en 1948, la définition du sioniste s’est métamorphosée : un sioniste accepte le principe que l’État d’Israël n’appartient pas à ses citoyens, mais au peuple juif tout entier, et l’expression obligatoire qui en découle est «la loi du retour». Les affaires de l’État sont du ressort exclusif de ses citoyens - les détenteurs de la carte d’identité israélienne, dont 80% de juifs et 20% de Palestiniens israéliens et d’autres. Néanmoins, seul celui qui soutient la loi du retour est sioniste et celui qui le refuse ne l’est pas. Mais les juifs israéliens qui rejettent la loi du retour et se qualifient de non-sionistes ou de post-sionistes (à droite comme à gauche) demeurent de bons citoyens loyaux de l’État d’Israël, avec leurs droits garantis.
    Il en découle que toutes les grandes questions idéologiques, politiques, sécuritaires et sociales, sur lesquelles nous nous affrontons, nuit et jour, ne relèvent pas du sionisme. Elles appartiennent au même registre de querelles que d’autres peuples ont connues et connaissent encore. En outre, le mot sionisme n’est pas là pour se substituer à «patriotisme», «esprit pionnier», «humanisme» ou «amour de la patrie» que d’autres langues utilisent.
    De même, il n’existe pas de rapport entre la surface de l’État et le sionisme. Si les Arabes avaient accepté le plan de partage de la Palestine en 1947, l’État d’Israël dans les frontières du partage n’aurait pas été moins sioniste que dans d’autres frontières. Si l’État hébreu avait conquis et annexé la Transjordanie et abrogé la loi du retour, il aurait cessé d’être sioniste, bien qu’il eût triplé ou quadruplé son territoire.
    Concernant la loi du retour que d’aucuns considèrent comme discriminatoire à l’égard des citoyens palestiniens d’Israël, il convient de répondre que la loi du retour est la condition morale posée par les nations du monde à la création de l’État d’Israël. Le partage, en 1947, de la Palestine en un État juif et un État palestinien ne s’effectuait qu’à condition que l’État juif ne soit pas celui du petit établissement des 600 000 Israéliens qui y vivaient à cette époque, mais un État qui puisse résoudre la détresse de tous les juifs du monde et offrir à tous les juifs la possibilité d’y trouver un foyer. Serait-il moral que les centaines de milliers de juifs qui ont pu immigrer en Israël grâce à la loi du retour referment les portes à travers lesquelles ils ont pu y pénétrer ?
    En outre, il est vraisemblable que l’État palestinien, qui naîtra, je l’espère, rapidement et de nos jours, aura sa propre loi du retour. Cette loi revêtira une semblable valeur morale qui permettra à tout Palestinien exilé d’y revenir, et d’en recevoir la citoyenneté. Que ce soit en Israël ou dans l’État palestinien, cette loi ne contredit pas les lois d’immigration générale, comme partout dans le monde.
    Libérer le terme sioniste de tous les appendices et autres ajouts superflus qui lui ont été accolés permettra non seulement d’éclaircir tous les différends idéologiques et politiques entre nous, évitant ainsi une mythification des controverses, mais obligera les critiques en dehors d’Israël à mieux préciser et à mieux focaliser leurs positions."

- Palestiniens de Jérusalem, Israéliens de raison, Aude Marcovitch (Libération) - "Devenir citoyen israélien, un geste considéré il y a encore une dizaine d’années comme une traîtrise, a perdu son aspect condamnable aux yeux de la société palestinienne".
http://nosnondits.wordpress.com/2013/05/29/palestiniens-de-jerusalem-israeliens-de-raison/
   "Il a posé sa machine à écrire sur une petite table protégée d’un parasol, dans le parking du ministère israélien de l’Intérieur, à Jérusalem. Pour 20 shekels, il traduit les documents officiels qui permettent aux Palestiniens de la ville de déposer une demande de citoyenneté israélienne. Et ces dernières années, sa machine à écrire n’en finit pas de cliqueter. Depuis 2008, quelque 3 600 Palestiniens hiérosolymitains ont brisé le tabou du boycott et sont passés du statut de résidents permanents à celui d’Israéliens.
    C’est le cas de Mounir. Né à Jérusalem il y a vingt-cinq ans, ce jeune comptable qui parle parfaitement l’arabe et l’hébreu est devenu Israélien l’an dernier. Rue Salah el-Din, l’artère principale de la ville nouvelle arabe, il suçote un cappuccino en racontant son histoire : «C’est surtout pour éviter de demander des visas à chaque fois que je sors du pays, que j’ai demandé la citoyenneté. Je pensais aussi que ça me permettrait d’accéder à certains emplois.» Mais le jeune homme se dit déçu du résultat : «Quand je me présente à un poste de travail en montrant mon passeport israélien, on me demande si j’ai fait mon service. Et moi, je n’ai pas fait l’armée.» [...]
    Quelque 260 000 Palestiniens vivent à Jérusalem sur une population totale de 810 000 personnes. Seuls 5 % d’entre eux possèdent déjà la citoyenneté israélienne. En 1967, lorsqu’Israël a conquis la partie orientale de la ville alors sous domination jordanienne, les habitants arabes ont refusé d’adopter la citoyenneté qui leur était proposée. Désormais les choses changent, remarque Ofer Zalzberg : «Ils n’ont plus d’espoir, ils ne voient plus la solution à deux Etats comme une réalité dans un avenir proche ou même lointain et ils comprennent que leur vie est de plus en plus attachée à Israël.» Devenir citoyen israélien, un geste considéré il y a encore une dizaine d’années comme une traîtrise, a perdu son aspect condamnable aux yeux de la société palestinienne. «Les gens sont aussi devenus plus individualistes», constate Ofer.
    Dans les dédales du souk de la vieille ville, Amar tient une boutique de souvenirs. En tapotant sur une darbouka aux motifs syriens, il raconte : «J’ai fait la demande de citoyenneté il y a un an et demi. On me l’a refusée. Parce que mon père a été emprisonné dans les années 80. Et aussi parce que je ne voulais pas déposer le passeport jordanien.» Traces de l’occupation hachémite, les Palestiniens de Jérusalem peuvent obtenir le passeport jordanien s’ils en font la demande aux autorités d’Amman. Mais Israël, qui reconnaît par ailleurs la double nationalité pour ses autres citoyens, exige qu’ils s’en défassent au moment de l’obtention de la citoyenneté israélienne. Une situation sécuritaire vierge, y compris dans l’entourage familial proche, est l’autre condition pour l’obtention du passeport israélien.
    Amar a voulu devenir Israélien «parce que ça donne des facilités pour obtenir un crédit immobilier à la banque, pour m’aider dans mes affaires», explique-t-il. Quand son père a appris ses intentions, il s’est fâché, et pendant quelques jours, Amar a quitté la maison. «Mon père a été militant, il a été emprisonné. Mais moi ma démarche n’a rien à voir avec la politique, aujourd’hui on pense différemment», conclut-il.
    Majida non plus ne se passionne pas pour les causes politiques. On retrouve cette employée d’une compagnie d’électricité dans le quartier de Beit Hanina, à la périphérie de Jérusalem-Est. «Quand mon mari est décédé en 1994, je suis restée seule avec six enfants. On habitait alors en Cisjordanie, mais j’étais originaire de Jérusalem. Tout le monde me disait qu’avec la nationalité israélienne, j’aurai plus de facilité à obtenir les allocations familiales», explique-t-elle. Et puis il y avait aussi ces rumeurs : «On disait qu’un jour, peut-être, ceux qui possèdent la carte bleue de Jérusalem seraient envoyés en Jordanie. Alors j’ai pris la nationalité pour continuer à vivre ici.» Aujourd’hui, de nouvelles rumeurs sont apparues avec la construction du mur qui sépare Israël de la Cisjordanie. A Jérusalem, il serpente parfois sur les lignes de démarcation de la municipalité, laissant de l’autre côté de la barrière quelques dizaines de milliers de personnes qui disposent du statut de résident de Jérusalem et craignent un jour se voir privés de ce statut.
    Bleue comme le passeport israélien, la carte de résident de Jérusalem accorde à ses détenteurs les mêmes droits sociaux – retraite, service de santé – que les citoyens israéliens. Les habitants de Jérusalem-Est ont aussi le droit de voter aux élections municipales. [...] Dans son rapport, International Crisis Group juge que si la décision des Palestiniens de Jérusalem de boycotter les institutions israéliennes, notamment les élections municipales, se justifiait il y a quarante-cinq ans, ce rejet est devenu contre-productif. Les hommes politiques se détournent des besoins de cette population qui ne les élit pas, et les Palestiniens s’écartent eux-mêmes des décisions prises par la ville. [...]"


Gaza & Hamas

- Hamas celebrating Mavi Marmara deaths (Elder of Ziyon) - "An Islamic Jihad spokesman at the ceremony said that the dead Turks achieved far more than they had hoped for - for they have achieved martyrdom".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2013/05/hamas-celebrating-mavi-marmara-deaths.html


Judée-Samarie

- Territoires disputés : opération coup de poing contre les lanceurs de pierres palestiniens (Guysen)
http://www.guysen.com/fil-infos/territoires-disputes-operation-coup-de-poing-contre-les-lanceurs-de-pierres-palestiniens/
   "La police des Frontières israélienne a procédé cette nuit à une opération coup de poing dans les Territoires disputés au cours de laquelle 13 lanceurs de pierres et d’engins incendiaires palestiniens ont été interpellés. Les suspects ont été transférés aux forces de sécurité pour les besoins des enquêtes. Parallèlement, des Palestiniens ont lancé ce [jeudi] matin un cocktail Molotov dans le secteur de Hawara près du carrefour Tapouah contre un bus scolaire israélien qui n’a cependant causé ni victimes ni dégâts."


"Processus de paix"

- Palestinian Authority TV Salutes Hamas Terrorist Mastermind Abbas Al-Sayyed on His Birthday (23 mai, Vidéo 2mn16)
http://www.youtube.com/watch?v=myVIoI0dQGA&feature=player_embedded

- Abbas urged to drop demand for settlement freeze, Josef Federman (Times of Israel)
http://www.timesofisrael.com/abbas-urged-to-drop-demand-for-settlement-freeze/
   "The Palestinian Authority’s president has told advisers that as the US tries to restart Mideast peace talks, he is under intense international pressure to return to negotiations with Israel and drop demands for a Jewish settlement freeze in the West Bank, officials said Wednesday. In a closed meeting, Mahmoud Abbas lamented his difficult choice: rebuff the Americans and alienate Washington, or cave in and face an uproar at home. Aides say Abbas expects a formal proposal to renew talks from US Secretary of State John Kerry in coming weeks. [...]"

- Plan Kerry : Entretien avec Frédéric Encel (Docteur en géopolitique de l’Université Paris 8, professeur de relations internationales à l’ESG Management School et maître de conférences à Sciences-Po Paris) - "Il ne s’agit pas seulement de « faire taire » les Palestiniens en achetant leur patience, il s’agit surtout de soutenir très concrètement Mahmoud Abbas dans sa lutte à mort contre le Hamas actuellement en position de force à Gaza".
http://www.atlantico.fr/decryptage/4-milliards-dollars-suffiront-vraiment-resoudre-probleme-israelo-palestinien-frederic-encel-741187.html
   "- Atlantico : L’optimisme de John Kerry pour favoriser la paix entre Israéliens et Palestiniens par davantage de prospérité n’est pas nouveau et peut ressembler à certains espoirs nés dans la foulée des accords d’Oslo. La rhétorique n’est pas non plus sans rappeler le Nouveau Proche-Orient – en tant que région pacifiée par des intérêts commerciaux, défendu à l’époque par Shimon Peres. La question israélo-palestinienne est-elle réductrible à un problème économique ? Quels en sont ses ressorts les plus profonds ?
    - Frédéric Encel : Cette question résume bien l’ensemble de la problématique. Si l'on pense pouvoir résoudre le conflit israélo-palestinien par des avancées économiques, on se trompe lourdement. En cela, Oslo nous a, d’une part, appris que ce n’était pas possible, et d’autre part, que nous pouvons rappeler qu’après la réunion d’Annapolis (en novembre 2007) 7,7 milliards de dollars avaient été réunis en faveur de l’Autorité palestinienne. Le conflit n’a pas été résolu pour autant, bien qu’il s’agissait alors d’une somme plus conséquente que les 4 milliards de dollars prévus ici par Kerry. La question est donc fondamentalement politique, diplomatique et identitaire. Donc bien évidemment non réductible à une aide économique extérieure et il faudra bien finir par s’entendre sur les sujets qui fâchent. Et ceux-ci ne sont pas d’ordre économique et financier.
    J’ajouterais malgré tout qu'il ne faut pas négliger ce genre de mesures. Notons qu’après Annapolis, l’aide débloquée en faveur des Palestiniens, conjuguée à la politique très rationnelle et socio-économique de Salam Fayyad (l’ancien premier ministre palestinien) a permis à la société palestinienne de se structurer mieux qu’auparavant. On a ainsi assisté à l’apparition d’une classe moyenne, avec des cols blancs, et on a vu l’émergence d’agglomérations modernisées comme celle de Ramallah, offrant du travail à de nombreux Palestiniens. Cette évolution a contribué à faire baisser considérablement le niveau de violence sur le terrain. Ce que propose John Kerry est donc certes de l’ordre du provisoire, mais ce n’est pas négligeable et l’impact peut être là aussi positif, même si l’essentiel du problème est politique.
    - Quelles peuvent-être les répercussions sur le terrain de ces 4 milliards de dollars d’investissement ? À quoi vont-ils servir et quelles en sont les limites ?
    - Je crois que c’est positif mais avec un effet limité, parce que précisément on se borne à la dimension économique et sociale du conflit, qui encore une fois n’est pas du tout négligeable. Je pense que ce que propose Kerry est très positif, mais ce n’est pas de nature à régler de façon définitive la question palestinienne.
    - N’est-ce pas justement un certain interventionnisme récurrent sur le conflit israélo-palestinien qui en empêche paradoxalement le règlement, notamment en entretenant des intérêts financiers à sa perpétuation et le détournement des capitaux qui y sont attribués ?
    - Tout d’abord, je ne pense pas qu’il y ait un quelconque intérêt de la part des Occidentaux et des États arabes modérés à maintenir le conflit « à petit feu ». Il y a en effet toujours ce risque de déstabilisation même s’il paraît mineur aujourd’hui dans le monde arabe, comme on l’a vu avec les printemps arabes qui ne concernent pas du tout la question palestinienne. Cela reviendrait à être obligés tous les 5 ou 10 ans de redonner de l’argent, ce qui au vu de la situation économique actuelle des pays européens n’aurait pas grand sens.
    En revanche, lorsque l’on constate qu’il n’y a manifestement pas d’avancées politiques possibles à court ou moyen terme sur le plan politique, comme c’est le cas aujourd’hui, alors on retrouve à ce moment-là Américains, Européens et Japonais autour d’une table pour solliciter des donateurs. Il s’agit en fait d’apaiser provisoirement les « symptômes » les plus criants du conflit, à commencer par éviter une paupérisation de la population palestinienne.
    Dernier point, très important : il s’agit ici d’abord de soutenir Mahmoud Abbas et avec lui l’Autorité palestinienne. Il représente en effet parmi les Palestiniens le seul interlocuteur légitimement reconnu par la communauté internationale. Par conséquent, en décidant de cette manière de soutenir l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, on lui donne des arguments à opposer au Hamas qui quant à lui mène la politique du pire dans la bande de Gaza. Il ne s’agit pas seulement de « faire taire » les Palestiniens en achetant leur patience, il s’agit surtout de soutenir très concrètement Mahmoud Abbas dans sa lutte à mort contre le Hamas actuellement en position de force à Gaza. De ce point de vue-là, on revient dans le politique et ce n’est pas négligeable
    Quant à cette question de la perpétuation du conflit, bien que cela fût un élément très important de la politique d’Arafat, je ne crois pas que la stratégie politique de son successeur relève des mêmes éléments. Je crois justement qu’Abbas est sérieusement attaché à un règlement du conflit. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 2005, je n’ai pas la sensation qu’il joue cette politique de pourrissement du conflit et d’enrichissement personnel pratiquée alors par Arafat. Je n’en ai pas le sentiment car on voit bien que depuis Annapolis en 2007, les deniers internationaux sont utilisés correctement par l’Autorité palestinienne. On peut accuser Mahmoud Abbas de beaucoup de choses, mais pas de corruption massive et systématique."

- The PLO was founded as an antisemitic movement (Elder of Ziyon) - "the founding principle of the PLO was not nationhood, it was not independence, it was not an appeal to historic ties of a "people" to the land".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2013/05/the-plo-was-founded-as-antisemitic.html
   "Ma'an reports: "President Mahmoud Abbas on Tuesday hailed the creation of the Palestine Liberation Organization as the most significant event in Palestinian people's history. "(Ahmad) Shuqeiri was asked to figure out what the Palestinians wanted, and he returned with the convention for the PLO," Abbas said at a meeting to mark the 49th anniversary of the PLO's founding. "We should remind ourselves that this is the most important and significant event in the history of the Palestinian people," the president added."
    It is nice that Abbas is admitting that the "Palestinian people" aren't very ancient. What other people who have been around for millennia would say that their most significant event was the founding of an organization in 1964? Imagine the Greeks saying that the most important event in their history was something so trite and recent.
    However, this anniversary gives us the opportunity to revisit the original PLO charter, which stated: "Article 24: This Organization does not exercise any territorial sovereignty over the West Bank in the Hashemite Kingdom of Jordan, on the Gaza Strip or in the Himmah Area." According to the PLO, areas occupied by Arabs were already "liberated." Only the parts controlled by Jews were meant to be targeted to obtain their goals. Curiously, the words "state" and "independence" are also missing from the charter in relationship with its goals. So is any mention of an ancient and historic Palestinian Arab people.
    If the original goal of the PLO was not to create a state, not to be independent, and not even to re-establish an ancient homeland, then what was its raison d'être? The answer can be seen in Article 18: "Article 18:...The claims of historic and spiritual ties between Jews and Palestine are not in agreement with the facts of history or with the true basis of sound statehood. Judaism, because it is a divine religion, is not a nationality with independent existence." All this is proof positive that the establishment of the PLO, the "most important and significant event in the history of the Palestinian people," was not concerned with creating a nation - but in denying one from the Jewish people. And this stance continues to this day by Palestinian Arab leaders.
    In other words, the founding principle of the PLO was not nationhood, it was not independence, it was not an appeal to historic ties of a "people" to the land. It was simple antisemitism. And the mindset that created that document has not changed one bit since then."


Liban, Syrie & Hezbollah

- Les premiers missiles russes déjà en Syrie, annonce Assad (Reuters)
http://fr.news.yahoo.com/les-premiers-missiles-russes-sont-d%C3%A9j%C3%A0-en-syrie-064127467.html
   "L'armée gouvernementale syrienne a reçu une première livraison de missiles russes S-300, rapporte jeudi le journal libanais Al Akhbar citant une interview télévisée du président Bachar al Assad qui devrait être diffusée dans la journée. "La Syrie a reçu une première cargaison de missiles anti-aériens russes S-300. Le reste de la cargaison arrivera prochainement", déclare le président syrien dans cet entretien, cité par le journal et que doit diffuser la chaîne de télévision Al Manar, liée au Hezbollah, le mouvement chiite libanais soutenant le régime de Damas. [...]"
- Missiles : la Russie dément la livraison (AFP)
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/05/31/97001-20130531FILWWW00305-missiles-la-russie-dement-la-livraison.php
   "[...] selon des sources au sein du complexe militaro-industriel russe, citées par les quotidiens Vedomosti et Kommersant, ces missiles n'ont pas encore été livrés. Selon Vedomosti, il n'est pas certain que ces systèmes d'armes prévus dans un contrat signé en 2010 et s'élevant à un milliard de dollars seront livrés cette année. "La livraison de six S-300 prévus dans un contrat signé en 2010 n'aura lieu qu'au deuxième trimestre 2014", écrit pour sa part Kommersant. Par ailleurs, six mois seront en outre nécessaires pour forme le personnel syrien et tester les missiles avant qu'ils ne soient opérationnels. [...]"
- ‘Assad is lying about possessing S-300 missiles’, Stuart Winer (Times of Israel) - "Military officials say Syria does not yet have its hands on Russia’s advanced anti-aircraft system, hasn’t even paid for most of the contract".
http://www.timesofisrael.com/assads-lying-about-possessing-s-300-missiles/

- Le conflit syrien attise les tensions entre Israël et la Russie, Adrien Jaulmes (Le Figaro)
http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/29/01003-20130529ARTFIG00598-le-conflit-syrien-attise-les-tensions-entre-israel-et-la-russie.php
   "[...] Youval Steinitz, ministre chargé du Renseignement et des Affaires stratégiques, avait aussi critiqué l'attitude de la Russie, «qui nuit à toute la région». «Ces missiles ne sont pas seulement défensifs», a-t-il ajouté, «avec une portée de 300 km, ils peuvent attaquer des avions civils et militaires au-dessus de l'aéroport Ben-Gourion», à Tel-Aviv. Steinitz a qualifié de «moralement condamnables» ces livraisons à un régime brutal qui se livre à des atrocités.
    Mais pour les spécialistes, Israël craint surtout que ce système avancé de défense antiaérienne, capable d'abattre des appareils pilotés mais aussi des drones et des missiles de croisière, ne réduise ses capacités de renseignement et d'action au-dessus de la Syrie, et empêche de nouveaux raids contre des convois d'armes destinées au Hezbollah, comme ceux que l'aviation israélienne a lancés à au moins trois reprises depuis janvier. [...]"

- La Syrie complique le jeu ambigu entre Israël et la Russie, Laurent Zecchini (Le Monde) - "Nous avons compris que tout ce que nous dirons à propos des S-300 ne sera pas entendu à Moscou".
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/31/la-syrie-complique-le-jeu-ambigu-entre-israel-et-la-russie_3421642_3218.html
   "Si c'est une confirmation, elle reste ambiguë. En déclarant, jeudi 30 mai, à la chaîne libanaise Al-Manar, proche du Hezbollah, que "tous les accords passés avec la Russie seront honorés" et que "quelques-uns l'ont été dernièrement", le président syrien, Bachar Al-Assad, n'a pas explicitement mentionné la livraison de missiles russes sol-air S-300, objet d'une tension israélo-syrienne croissante depuis quelques jours. Les responsables israéliens traitent avec scepticisme une telle information, qu'ils ne confirment pas.
    Sans exclure que leurs services de renseignement aient pu manquer une telle livraison, rapporte le quotidien Haaretz, ils penchent pour une manifestation de guerre psychologique de la part du régime syrien. Tout en ayant pris note des propos de M. Assad qui évoque une "pression populaire" pour ouvrir "un front de résistance" dans la région du Golan, l'Etat juif, résume un haut diplomate israélien, "ne cherche pas l'escalade avec la Syrie et encore moins un face-à-face avec la Russie". [...]
    Israël a pris acte de l'échec de son premier ministre, Benyamin Nétanyahou, à dissuader Vladimir Poutine d'honorer ce contrat d'armement à la Syrie. "Nous avons compris que tout ce que nous dirons à propos des S-300 ne sera pas entendu à Moscou. Avec la Russie, reconnaît ce diplomate, dès que nous abordons les sujets stratégiques, les divergences remontent à la surface, qu'il s'agisse de la Syrie, de l'Iran ou du Hamas. En règle générale, nous arrivons à contourner cet obstacle, mais c'est une relation très ambiguë, parce que Moscou est assez souvent du côté des ennemis d'Israël." [...]"

- La livraison attendue de missiles S-300 à la Syrie provoque une montée de la tension en Israël, Laurent Zecchini (Le Monde.fr) - "La Russie peut arrêter cette livraison si elle obtient quelque chose en retour des Américains, si les Européens ne livrent pas d'armes aux rebelles, etc. Ce n'est donc pas une décision dirigée contre Israël".
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/29/israel-montee-de-tension-apres-la-confirmation-de-livraison-de-missiles-russes-a-la-syrie_3420423_3218.html
   "C'est ce qu'on appelle se faire rappeler à l'ordre : Benyamin Nétanyahou a fait savoir avec fermeté aux membres de son gouvernement, mercredi 29 mai, qu'ils devaient dorénavant s'abstenir de toute déclaration sur la Syrie, et plus précisément à propos de la livraison à ce pays de missiles russes. Le premier ministre n'a mentionné personne, mais ce n'était pas la peine, tant les déclarations apparemment bellicistes, mardi, de Mosché Yaalon, ministre de la défense, ont retenu l'attention.
    Jusqu'à ces derniers jours, l'incertitude prévalait : la Russie allait-elle livrer les puissants missiles sol-air S 300 à son allié de Damas, en dépit du voyage de M. Nétanyahou à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, le 14 mai, pour dissuader Vladimir Poutine d'honorer ce contrat d'armement à la Syrie ?
    Le doute a été dissipé par les propos de Sergueï Ryabkov, vice-ministre russe des affaires étrangères : les missiles seront bien livrés, a-t-il confirmé mardi, notamment parce qu'une telle étape "peut aider à restreindre quelques têtes brûlées qui envisagent un scénario visant à donner une dimension internationale à ce conflit". En clair : les S 300 ont vocation à dissuader Israël et les Etats-Unis de toute opération militaire contre la Syrie.
    C'est ce qui explique la réaction peu diplomatique de M. Yaalon : la livraison de ces missiles à la Syrie "est clairement une menace pour nous". Celle-ci n'a pas encore eu lieu, a assuré le ministre de la défense, mais "si, par malheur, ils [les S 300] arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire". Le propos ne pouvait être plus explicite, Israël ayant mené des attaques aériennes contre des objectifs militaires en Syrie les 29 janvier, 3 et 5 mai. [...]
    Le général (de réserve) Amos Yadlin, directeur de l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv, ne pense pas que Mosché Yaalon ait voulu menacer quiconque. "Je crois qu'il a dit à la fois aux Russes et aux Syriens 'Vous devriez calculer vos risques'," a-t-il expliqué mercredi au Monde, dans un entretien téléphonique. "Pour la Syrie, cela veut dire qu'Israël détruira ses batteries de missiles. Vis-à-vis des Russes, le message est le suivant : 'Si Israël est obligé de détruire ces missiles, vous risquez de perdre votre réputation de meilleur fabricant de systèmes de défense antiaérienne du monde'."
    Le général Yadlin estime qu'il ne faut pas surestimer la décision de Moscou de livrer des S 300 à Damas : "C'est davantage un message pour l'OTAN, les Etats-Unis, la Turquie, le Qatar et d'autres acteurs qui menacent d'intervenir en Syrie", assure-t-il. Pour lui, Israël n'est pas directement mêlé au conflit syrien, puisqu'il s'est contenté de "détruire des missiles iraniens qui allaient être livrés au Hezbollah".
    Moscou utilise un moyen de pression et de négociation, avance-t-il, en expliquant : "La Russie peut arrêter cette livraison si elle obtient quelque chose en retour des Américains, si les Européens ne livrent pas d'armes aux rebelles, etc. Ce n'est donc pas une décision dirigée contre Israël et le gouvernement ferait une erreur s'il parvenait à une conclusion inverse. Bien sûr, concède-t-il, que nous ne sommes pas contents de cette livraison, mais si les S 300 sont livrés, cela ne veut pas dire que Jérusalem sera détruite. Ce n'est vraiment pas l'enjeu."
    Le directeur de l'INSS partage le point de vue de plusieurs experts, pour qui la présence de S 300 sur le sol syrien ne constituerait pas une menace opérationnelle avant de nombreux mois. Si ces missiles devaient être accompagnés par des experts russes, précise-t-il, Israël le saura, "et en tiendra compte". En tout état de cause, l'armée israélienne dispose "de plusieurs options militaires, et certaines peuvent s'affranchir de la présence de S 300, même si ceux-ci rendraient plus difficiles" des missions militaires en Syrie.
    Ces derniers jours, un débat agite les experts et responsables politiques israéliens sur le fait de savoir si, pour Israël, le maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad ne représente pas un moindre mal, face au scénario d'un gouvernement islamiste radical à Damas. C'est la fameuse phrase utilisée en 2005 par l'ancien premier ministre Ariel Sharon, expliquant à l'ancien président américain George Bush : "Le diable que nous connaissons [Bachar Al-Assad] vaut mieux que les démons que nous pouvons seulement imaginer si la Syrie sombre dans le chaos."
    Plusieurs ministres israéliens sont sur cette ligne, mais ce n'est pas l'avis d'Amos Yadlin : "Bachar doit partir, pour plusieurs raisons : sur le plan stratégique, il est très dangereux pour Israël. Peut-être que les frontières [avec la Syrie] sont calmes, mais il a ouvert le monde arabe aux Iraniens ; il est le lien entre l'Iran et le Hezbollah et, plus encore, il doit partir pour des raisons morales, parce qu'il a tué près de 100 000 personnes." Le nouveau régime syrien aura peut-être "des couleurs islamistes ou djihadistes, mais s'il n'est plus l'allié de l'Iran et du Hezbollah, conclut-il, ce sera un développement stratégique très positif pour Israël"."

- Netanyahou a prévenu Poutine : « nous détruirons les missiles S-300 avant qu’ils ne deviennent opérationnels » (Guysen)
http://www.guysen.com/fil-infos/netanyahou-a-prevenu-poutine-nous-detruirons-les-missiles-s-300-avant-quils-ne-deviennent-operationnels/
   "Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a laissé entendre lors de sa dernière entrevue avec le président russe  Vladimir Poutine à Sotchi, il y a deux semaines, qu’Israël détruira les missiles russes S-300 commandés par la Syrie avant qu’ils ne deviennent opérationnels, rapporte vendredi le journal Maariv citant des sources diplomatiques du Moyen Orient informées des détails de la rencontre entre les deux dirigeants. Selon ces sources, Netanyahou aurait usé d’une terminologie identique à celle utilisée la semaine dernière par son conseiller à la Sécurité nationale Yaakov Amidror lors d’un briefing aux diplomates européens en poste en Israël. toujours selon les mêmes sources, les personnes présentes à la réunion de Sotchi auraient été « choqués par l’audace » affichée par Netanyahou contre le représentant d’une des plus grands puissances du monde. [...]"
- PM indicated to Putin: ‘We’ll destroy your missiles if you deliver them to Assad’ (Times of Israel) - "After Netanyahu made clear he would not allow the S-300 anti-aircraft weapons to go into service, the Russian president reportedly suggested Israel buy them instead".
http://www.timesofisrael.com/pm-threatened-to-hit-s-300s-before-they-came-online/

- Syrie : la victoire de l'Iran ?, Armin Arefi (Le Point.fr) - "Aux yeux des Iraniens, cette bataille demeure extrêmement importante, car la Syrie représente pour eux trente ans d'investissements politiques, idéologiques et militaires en direction de la Méditerranée orientale".
http://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-victoire-de-l-iran-29-05-2013-1674197_24.php
   "C'est désormais une certitude. Tandis que l'Union européenne reste toujours divisée sur la fourniture d'armes aux rebelles syriens, il est désormais acté qu'une nouvelle entité combat en Syrie aux côtés des forces de Bachar el-Assad. Des centaines de combattants libanais du Hezbollah ont été dépêchés sur place pour repousser les soldats de l'Armée syrienne libre et autres djihadistes soutenant l'opposition. Cela fait maintenant une semaine que les soldats du Parti de Dieu ont lancé une vaste offensive pour s'emparer de Qousseir, une ville stratégique située dans à l'ouest du pays. [...]
   "Aux yeux des Iraniens, cette bataille demeure extrêmement importante, car la Syrie représente pour eux trente ans d'investissements politiques, idéologiques et militaires en direction de la Méditerranée orientale", explique Mohammad-Reza Djalili, professeur émérite à l'Institut de hautes études internationales et du développement.
    La perte de la Syrie serait en effet catastrophique pour la République islamique, qui fonde toute sa politique étrangère sur l'axe chiite Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth. Elle l'isolerait d'autant plus du Hezbollah libanais, qu'elle arme, entraîne et finance, au même titre que le Hamas palestinien, pour maintenir son influence dans la région. "Maintenant qu'il sent le vent tourner en faveur de Bachar el-Assad, Téhéran va redoubler d'efforts pour que le président syrien remporte la victoire", prédit Mohammad-Reza Djalili.
    Pour s'assurer ce succès, Téhéran a récemment ouvert deux lignes de crédit d'un montant total de quatre milliards de dollars à Damas pour aider le pays, frappé par un embargo international. Au niveau militaire, de vastes quantités d'armes sont envoyées directement par avion à Damas, via l'espace aérien irakien. Sur le terrain syrien, les Iraniens n'ont pas dépêché de troupes combattantes, mais des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, chargés de superviser les combats. "Ils fournissent une aide logistique au régime syrien à Damas, Alep et Qousseir", assure au Point.fr Rami Abdel Rahmane.
   "Il existe une coordination très proche entre le Hezbollah et le gouvernement iranien, explique de son côté Mohammad-Reza Djalili. Car le mouvement chiite ne peut combattre sans les moyens et la logistique fournis par l'Iran." Outre son adhésion au même islam que les mollahs de Téhéran, comment expliquer que le Parti de Dieu, qui partage le pouvoir au Liban, obéisse à ce point à la République islamique ? "Si Bachar tombe, le Hezbollah bénéficiera de beaucoup moins de livraisons d'armes et sera donc affaibli sur la scène régionale, répond Ziad Majed. Il devra alors changer de caractéristique et se contenter de son rôle sur la scène libanaise." [...]"

- Israël, un acteur de second rôle dans le conflit syrien, Hanan Gueffen (colonel de réserve, ancien chef de l’unité des Renseignements 8200 de Tsahal, pour Maariv)
http://www.ambafrance-il.org/IMG/pdf/130531.pdf
   "Il semble que la guerre en Syrie soit en train de se métamorphoser en un événement qui concerne l’ensemble de la région du Levant et qu’elle mette en péril l’ordre ancien imposé par les grandes puissances dans le cadre des accords Sykes-Picot. Chercher à savoir « ce qui est bon pour Israël » dans le conflit syrien n’a rien de pertinent. Non pas que cela ne soit pas important mais c’est que personne dans la région ni dans le monde n’est capable d’apporter une réponse juste. Israël ne joue pas les premiers rôles dans ce conflit. (...)
    Dans le grand chaos qu’impose à la région l’ancien-nouveau clivage sunnite-chiite, Israël pourrait ben être appelé à faire office d’élément stabilisateur ou a être involontairement entraîné dans ce processus (peut-être serait-ce le moyen de s’intégrer au Moyen-Orient?). Israël sera contraint de réagir au coup par coup, en fonction des intérêts qui seront les siens à l’instant « T ». Il n’y pas de solution miracle. Le seul avantage immédiat dont Israël peut tirer profit, c’est que le conflit israélo-palestinien n’est plus prioritaire compte tenu des horreurs sur les terrains irakien, syrien et libanais."

- Israel doubts Assad possesses S-300 system, but has good reason to worry, Amos Harel (Haaretz) - "Though no one would say the northern border is stable, the balance of deterrence has held there since 2006. But the S-300 could change that, and restrict the IAF’s freedom of action".
http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/israel-doubts-assad-possesses-s-300-system-but-has-good-reason-to-worry.premium-1.526950


Europe

- La Fédération des Etudiants francophones appelle au boycott des universités israéliennes (Europalestine) - "Dans une motion, la Fédération des étudiants francophones (FEF) demande que soient rompues toutes les relations avec les universités israéliennes".
http://www.europalestine.com/spip.php?article8342
- Boycott des unifs d’Israël : la FEF défend son choix (Le Soir) - "Dans une motion, la Fédération des étudiants francophones [de Belgique] (FEF) demande à ce que soient rompues toutes relations avec les universités israéliennes".
http://www.lesoir.be/253101/article/actualite/belgique/2013-05-31/boycott-des-unifs-d-israel-fef-defend-son-choix

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Published by Occam - dans Mai 2013
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