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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 10:25
France

- A Créteil, un couple agressé car « les juifs, ça a de l’argent », Franck Johannès (Le Monde) - « Ils ont dit : “On va attendre les vieux juifs, ils voulaient attendre mes parents pour extirper un peu d’argent ou les frapper” » ; "La famille agressée, dont le père porte la kippa, était « visible en tant que juifs » dans le quartier".
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/12/04/a-creteil-un-couple-agresse-car-les-juifs-ca-a-de-l-argent_4534058_3224.html
- « A Créteil, on pensait qu’on était épargnés », Cécile Chambraud (Le Monde) - « Derrière ces crimes crapuleux, on retrouve une hargne antisémite alimentée par des propos publics depuis des mois, voire des années ».
http://www.lemonde.fr/religions/article/2014/12/05/a-creteil-on-pensait-qu-on-etait-epargnes_4535090_1653130.html
   "[...] Les synagogues et autres institutions juives de Créteil ne sont pas aussi habituées que d’autres, en Ile-de-France, aux mesures drastiques de sécurité. Point de policiers devant l’édifice en dehors des périodes de fête et des offices, presque pas de barrières de sécurité. C’est qu’à Créteil la communauté juive s’estimait jusqu’ici à son aise. Elle fait partie intégrante de la ville et s’est agrandie à la faveur du retour des rapatriés d’Algérie, dans les années 1960, puis 1970. « À mesure que l’on construisait un nouveau quartier, on y intégrait une synagogue », témoigne Albert Elharrar, le président de la communauté juive consistoriale de la ville. Aujourd’hui, les fidèles ont le choix entre 17 synagogues et oratoires.
    Les relations entre communautés religieuses sont « parfaitement sereines », assure Albert Elharrar. Une rencontre trimestrielle a lieu entre les représentants de la synagogue, de l’évêché et de la mosquée. On s’invite pour les fêtes, comme pour la rupture du ramadan ou de Soukkot, la fête juive des cabanes. L’agression du jeune couple, à son domicile, au motif que « les juifs, ça a de l’argent », comme croyaient le savoir les trois agresseurs qui ont aussi violé la jeune femme, a provoqué la stupeur.
    « Nous sommes choqués, surpris, émus, résume Albert Elharrar, qui n’a guère de moment de répit depuis lundi. À Créteil, on pensait qu’on était épargnés. » C’était « un îlot de tranquillité », renchérit Shlomo Senior, de la synagogue Kiryat-El. Mais l’agression change la donne : « On se dit que puisqu’une telle agression est arrivée une fois, elle peut se reproduire. Et elle peut concerner mon enfant. La crainte est installée. Elle n’est pas passagère », observe le rabbin. [...]
    Mme Rouah, elle, veut conserver son « optimisme » d’éducatrice au centre communautaire. Mais elle a du mal à répondre aux enfants lorsqu’ils l’interrogent sur une agression. « Je leur dis qu’il y a des méchants et des gentils partout », résume-t-elle. Ces derniers jours, elle doit faire face à « l’affolement et la déception » des parents. « Derrière ces crimes crapuleux, on retrouve une hargne antisémite alimentée par des propos publics depuis des mois, voire des années », estime-t-elle. Elle n’attend qu’une chose : que le « problème soit traité à la racine. Et que soient réveillés les endormis »."

- Agression de Créteil : responsables politiques et religieux s’alarment de la flambée de l’antisémitisme, Cécile Chambraud (Le Monde) - Julien Dray : « Des tabous ont sauté, des choses que je ne pouvais pas imaginer il y a encore dix ou quinze ans reviennent. »
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/12/04/agression-de-creteil-responsables-politiques-et-religieux-s-alarment-de-la-flambee-de-l-antisemitisme_4534130_3224.html
   "[...] Le président du CRIF demande que la lutte contre l’antisémitisme soit érigée en « cause d’Etat » : « On ne peut pas admettre que la France soit un pays où on ne peut pas se promener dans la rue ou prendre le métro en portant une kippa. » « L’horreur de Créteil est la démonstration immonde que la lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les jours », a tweeté le premier ministre, Manuel Valls, jeudi 4 décembre au matin.
    Cette agression intervient alors que le nombre d’actes antisémites est en très forte progression en France en 2014. De janvier à fin juillet, ils ont progressé de 91 % par rapport à la même période de 2013, selon les chiffres rendus publics le 12 septembre par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) – un service d’ordre organisé par les institutions de la communauté juive pour protéger ses lieux de cultes avec l’agrément du ministère de l’intérieur. Les chiffres ont été établis à partir de données émanant du ministère de l’intérieur. Selon ce recensement, les actes (+126 %) et les menaces antisémites sont passées de 276 à 527 sur les sept premiers mois de 2014.
    Sur les 158 actes recensés par le SPCJ, 77 étaient des faits de violence et 75 de vandalisme. Le CRIF avait souligné « l’apparition de nouvelles formes de violences : les attaques en bandes organisées de lieux communautaires, les agressions planifiées et ciblées de synagogues, les actes de vandalisme des commerces juifs et enfin les attentats terroristes ». Deux pics ont été enregistrés, le premier en janvier, au moment de l’affaire Dieudonné et de l’interdiction de représentations de son spectacle, et le second en juillet, au moment de manifestations de soutien à Gaza. [...]
    Jeudi, Julien Dray, vice-président (PS) de la région Ile-de-France, a déploré un « manque de vigilance de la société » face à un antisémitisme qui progresse « nettement » en France. « Des tabous ont sauté, des choses que je ne pouvais pas imaginer il y a encore dix ou quinze ans reviennent. C’est-à-dire des étoiles de David que l’on met sur vos boîtes aux lettres, des insultes régulières, des hommes qui ont des kippas et qui se font régulièrement insulter et agresser, des propos qui sont tenus dans la rue », a ajouté l’ancien député sur RMC et BFM-TV."

- Les Juifs et l'argent, un préjugé tenace, Eugénie Bastié (Le Figaro)
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/12/05/01016-20141205ARTFIG00297-les-juifs-et-l-argent-un-prejuge-tenace.php
   "[...] c'est à l'orée du XIXème siècle, avec l'émergence du capitalisme industriel, que le cliché des Juifs et de l'argent s'affirme avec une nouvelle force. Les Juifs sont alors accusés d'être les promoteurs du capitalisme mondialisé. Le cliché se transforme en complot. L'historien Gerald Krefetz dans son livre Les juifs et l'argent : les mythes et la réalité, résume l'idée de l'antisémitisme économique en une phrase : «[les juifs] contrôlent les banques, la réserve monétaire, l'économie et les affaires — de la communauté, du pays, du monde».
    Si le nouvel antisémitisme- ce que Pierre-André Taguieff appelle en France «nouvelle judéophobie»- qui se cache derrière le masque de l'antisionisme radical fait de nombreux adeptes, notamment dans les banlieues où se transposent le conflit israélo-palestinien, l'antisémitisme «à l'ancienne» reste tenace. On trouve par exemple dans les vidéos de Dieudonné et d'Alain Soral de nombreuses allusions à des liens entre la «communauté organisée» et les milieux d'affaires. [...]"
- Comment l’antisémitisme évolue-t-il en France ?, Nonna Mayer (directrice de recherche au CNRS/Sciences-Po) - "près de 60 % des Français considèrent fin 2013 que les juifs ont un « rapport particulier à l’argent »".
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Comment-l-antisemitisme-evolue-t-il-en-France-2014-12-04-1274546
   "[...] La dernière enquête de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) montre que les Français juifs sont de loin la minorité la mieux acceptée (avec un indice d’acceptation de 79 sur 100, devançant les Maghrébins de 21 points). Certains stéréotypes préoccupants perdurent toutefois, notamment ceux associant les juifs à l’argent et à la volonté de puissance. Ainsi, près de 60 % des Français considèrent fin 2013 que les juifs ont un « rapport particulier à l’argent », proportion qui dépasse 75 % à l’extrême droite et chez les proches du FN.
    Les entretiens qualitatifs montrent d’ailleurs que ce trait est présenté comme une qualité dans une communauté vue comme un modèle d’intégration, à l’inverse des « assistés ». Mais c’est précisément sur la base de telles bêtises (« les juifs ont de l’argent ») que des agressions comme celle de lundi dernier ou, plus dramatique encore, celle qui a causé la mort d’Ilan Halimi, ont pu être commises."

- Les juifs et l'argent : entretien avec Michel Wieviorka (sociologue, auteur de "L'antisémitisme expliqué aux jeunes" (Seuil, 2014)) - "Le but est d'éduquer les gens qui pourraient basculer dans le cliché, mais qui peuvent encore entendre des explications raisonnables. Et comme il est difficile de convaincre les plus convaincus, les efforts doivent être fournis au plus tôt, dès l'école. Après, c'est trop tard".
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141204.OBS7030/les-juifs-et-l-argent-il-faut-eduquer-des-l-ecole-apres-c-est-trop-tard.html
   "- Jusqu'où remonte l'image stéréotypée associant les juifs à l'argent ?
    - Les préjugés envers les juifs remontent, avant même l'antisémitisme, à l'antijudaïsme. Si l'argent n'était pas encore en jeu, la haine était religieuse : les chrétiens reprochaient aux juifs d’être un peuple déicide, d’avoir tué Jésus et de ne pas vouloir reconnaître la nouvelle religion. Par la suite, au Moyen Age, les juifs ont souvent été, sinon expulsés, maltraités et confinés à des fonctions liées à l’argent, ce qui était mal considéré. Beaucoup travaillaient dans la banque. Ils ont alors commencé à subir des accusations de rapacité et d’avarice.
    Ces reproches ont pris un tour nouveau au XIXe siècle, lorsque s'est construite la critique capitaliste : les juifs ont alors été accusés d’être les agents du capitalisme. Il ne leur était plus seulement reproché d’être avares, mais bien de ruiner le monde par l'argent. Là est véritablement né l'antisémitisme à proprement parler : les juifs ont été considérés comme une race, et associés à un complot d'envergure mondiale, le "Protocole des Sages de Sion".
    - Tous les juifs étaient-ils concernés ?
    - Non, un petit nombre de personnes était visé pour des raisons politiques, alors que la grande majorité des juifs a toujours appartenu plutôt à des masses misérables, des communautés traditionnelles… Au moment de la révolution industrielle, les juifs ont constitué des bastions importants du prolétariat ouvrier, notamment en Pologne. C’est donc une idée injuste que de réduire le monde juif à la banque, à la finance et à l’argent.
    - Pourquoi ce préjugé historique est-il encore si présent aujourd'hui ?
    - L'agression du couple de Créteil, tout comme l'affaire Fofana, relèvent d'une criminalité mêlant crapulerie et antisémitisme. Mais ces actes s’inscrivent dans un paysage complexe et diversifié. La question israélo-palestinienne, l’islamisme radical, les propos et l’attitude de Dieudonné… Un ensemble de phénomènes excitent en même temps la société. On ne peut donc malheureusement pas isoler ces violences d’un contexte plus large.
    - Est-il possible d'en finir avec cette stigmatisation ?
    - Les juifs se retrouvent dans toutes les catégories sociales, et ils ne sont pas spécialement riches. Mais le problème avec de tels préjugés, c’est que ceux qui les véhiculent sont tellement convaincus de leurs propos qu’ils ne sont pas sensibles au discours de la raison. Essayez de convaincre les antisémites qu’ils ont tort : ils y verront une preuve de la malignité supérieure des juifs ! Ainsi, en voulant montrer que les juifs n’ont pas un rapport spécifique à l’argent, ceux qui sont convaincus du contraire diront que, d’une manière ou d’une autre, cela atteste de la suprême habilité des juifs à faire croire que nos idées sont fausses.
    - Alors comment au moins combattre ce préjugé ?
    - Chaque fois qu’une catégorie de la société est susceptible d’être sensible à ces stéréotypes, des explications doivent être apportées sur la vérité. Le but est d'éduquer les gens qui pourraient basculer dans le cliché, mais qui peuvent encore entendre des explications raisonnables. Et comme il est difficile de convaincre les plus convaincus, les efforts doivent être fournis au plus tôt, dès l'école. Après, c'est trop tard.
    Mais s’il s’agit d’éduquer, il faut aussi préparer les enseignants, qui sont parfois confrontés à des situations qu’ils maîtrisent mal. Par exemple, un professeur d’Histoire qui parle de la naissance de l’Etat d’Israël, de l’antisémitisme et du nazisme, aura parfois des difficultés à faire cours devant des adolescents qui ont déjà des préjugés. Il est donc primordial de donner aux enseignants des outils pédagogiques qui leur permettent d’affronter des situations où les passions peuvent surgir."

- "La moitié des actes racistes en France sont antisémites", rappelle Dominique Reynié (RTL) - "Et il faut rappeler que la communauté juive en France représente moins de 1% de la population. Donc moins de 1% de la population reçoit la moitié des actes racistes dans ce pays".
http://www.rtl.fr/actu/politique/la-moitie-des-actes-racistes-en-france-sont-antisemites-rappelle-dominique-reynie-7775732375
   "[...] "Entre la première décennie, 1994-2004, et la seconde décennie, 2004-aujourd'hui, le nombre des agressions a été multiplié par trois", explique Dominique Reynié, le directeur général de Fondapol qui précise : "Il s'agit bien d'agressions, et non pas d'opinions. Et si on considère les sept premiers mois de l'année 2014, ajoute-t-il, de janvier à juillet, par rapport au sept premiers mois de l'année 2013, la hausse des agressions a été pratiquement de 100%.'"
    L'antisémitisme s'étend aux pays démocratiques d'Europe et du monde démocratique. "Mais en France, c'est très fort, la poussée est considérable, déplore Dominique Reynié. La moitié des actes racistes en France sont des actes antisémites, rappelle-t-il. Et il faut rappeler que la communauté juive en France représente moins de 1% de la population. Donc moins de 1% de la population reçoit la moitié des actes racistes dans ce pays." [...]"

- L'émigration de Juifs de France vers Israël a plus que doublé sur un an, Maud Pierron (20 minutes) - «Dans le monde occidental ou libre, voir 1% d'une communauté juive qui fait son aliyah en un an, ça n'a jamais eu lieu».
http://www.20minutes.fr/societe/1494871-20141204-emigration-juifs-france-vers-israel-plus-double-an
   "L'émigration de Juifs de France vers Israël a plus que doublé sur les dix premiers mois de 2014 par rapport à la même période de 2013, a indiqué jeudi l'Agence juive, qui fait état de 6.237 départs au 31 octobre, contre 2.555 un an plus tôt. Au total, entre 6.500 et 7.000 Juifs Français devraient avoir fait leur aliyah («montée» vers Israël) sur toute l'année 2014, contre 3.300 en 2013, a estimé le nouveau directeur de l'Agence juive en France, Daniel Benhaïm, joint par l'AFP. Ces prévisions vont au-delà des projections communiquées début septembre, selon lesquelles le nombre global de migrants français en Israël s'établirait «autour de 5.500» en 2014.
    La France est en tête des pays d'émigration vers Israël cette année, une première qui jette une lumière crue sur ses causes, selon la communauté juive: une économie française en berne et la résurgence des actes antisémites. Entre 500.000 et 600.000 Juifs vivent en France, ce qui en fait la première communauté juive d'Europe, et la troisième mondiale derrière Israël et les Etats-Unis. «Dans le monde occidental ou libre, voir 1% d'une communauté juive qui fait son aliyah en un an, ça n'a jamais eu lieu», avait estimé en septembre le précédent directeur de l'Agence juive en France, Ariel Kandel, en soulignant que les Juifs sont «dix fois plus nombreux» aux Etats-Unis que dans l'Hexagone. [...]"

- «Nouvel antisémitisme» : de qui se moque-t-on ?, Iannis Roder (professeur d’histoire-géographie) - "Il y a de quoi être en colère. En colère contre certains de mes collègues professeurs qui, quand, quelques-uns, nous commencions à dénoncer les propos antisémites d’élèves au début des années 2000, me disaient : « non, ce n’est pas vrai, nos élèves ne peuvent pas être antisémites » ou étaient visiblement gênés et refusaient d’affronter cette réalité".
http://www.causeur.fr/nouvel-antisemitisme-de-qui-se-moque-t-on-30494.html
   "Hier, un élève de 15 ans essayait calmement de m’expliquer que les juifs s’entraident et qu’« ils ne sont pas radins entre eux ». Deux heures auparavant, un gamin de 13 ans évoquait  l’agression de Créteil tout en constatant, que « les juifs ont de l’argent, ça s’explique ». Non, cela n’arrive pas tous les jours, non ce n’est pas systématique, mais c’est là, souvent dormant mais bien présent, et que l’enseignant qui oserait aujourd’hui affirmer que ces préjugés antisémites d’un autre âge n’ont pas cour dans les classes de certains territoires se lève. Il serait l’île dans un océan.
    Il y a de quoi être en colère. En colère contre certains de mes collègues professeurs qui, quand, quelques-uns, nous commencions à dénoncer les propos antisémites d’élèves au début des années 2000, me disaient : « non, ce n’est pas vrai, nos élèves ne peuvent pas être antisémites » ou étaient visiblement gênés et refusaient d’affronter cette réalité. En colère contre les militants de ce qui est toujours mon syndicat qui, lors de réunions, nous stigmatisaient, nous traitaient de « réacs », de « fachos », de « racistes ».
    En colère contre la presse marquée à gauche qui, non seulement ne voulut rien voir mais qui, quand elle évoquait le sujet sous l’angle d’une question, nous affublait des mêmes qualités en y ajoutant la dimension parano. Ceux qui ont été attentifs ont pu rire à gorge déployée quand l’éditorial du Monde du 23 juillet 21014 nous annonçait « il faut regarder cette vérité en face : il y a un nouvel antisémitisme en France». La blague !!!! Il faut vraiment tout ignorer de ce qu’il se passe dans notre pays depuis quinze ans pour oser écrire un truc pareil en juillet dernier! Ou bien il faut être aveuglé, aveuglé par ses certitudes, par ses schémas mentaux qui tiennent lieu d’idéologie.
    En octobre dernier, la Fondapol réunissait un panel de personnalités à Sciences Po pour discuter de l’antisémitisme actuel, réunion à l’issue de laquelle Le Figaro et Libération faisaient paraître des tribunes. On m’en demanda une, pour Libération. Je l’envoyais. Refusée car « trop violente ». Peut-être parce que j’ose y affirmer que l’antisémitisme qui vient peut être aussi un « fait culturel » ? Mais non voyons, on le sait ! Tout est social ! Cachons donc cette réalité que nous ne sourions voir. On le sait, quand la réalité contredit l’idéologie, c’est la réalité qui a tort…
    Mais la réalité nous rattrape. Les faits divers s’accumulent et avec eux la banalisation. Les juifs ses sont sentis seuls au moment des affaires Halimi et Merah, seuls dans les rues, lors des manifestations populaires car le peuple qui avait l’habitude de manifester avec eux depuis la fin de la guerre, le peuple des militants de gauche, n’était plus là. Ces gens de gauche qui rêvaient que Merah soit un skinhead, que Nemmouche soit un néo-nazi et que Youssouf Fofana soit un fou. Raté, à chaque fois…
    L’école a-t-elle les moyens aujourd’hui d’endiguer la vague de préjugés qui ont mené à l’agression de Créteil et à l’assassinat d’Ilan Halimi ? Le discours public et notamment de la presse, a-t-il les moyens de faire comprendre en quoi ces agressions et ces crimes disent plus que les actes eux-mêmes ? Il suffit de lire les commentaires des forums, les tweets et autres murs Facebook pour en douter.
    Il y a 15 ans, ces discours ne s’étaient pas encore étendus et n’avaient pas gagné autant d’esprits faibles et ignorants. Il y a 15 ans, cet antisémitisme n’était pas encore, dans certains espaces, un fait culturel. Les gens qui y sont menacés, agressés, frappés peuvent remercier toutes ces belles âmes qui n’ont rien voulu voir ou qui continuent de s’aveugler. Ils les remercient avant, peut-être, si ce n’est déjà fait,  de leur dire au revoir et bonne chance."

- Le journal d'extrême droite Rivarol condamné (AFP) - "pour provocation à la haine envers les juifs".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/04/97001-20141204FILWWW00315-le-journal-d-extreme-droite-rivarol-condamne.php
   "Le directeur de la publication de l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, Fabrice (dit Jérôme) Bourbon, a été condamné aujourd'hui à 2.000 euros d'amende pour provocation à la haine envers les juifs. Après un signalement de la Licra, (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), le parquet de Paris avait poursuivi des propos contenus dans deux articles de l'édition du 16 janvier du journal, qui évoquait l'interdiction par le Conseil d'Etat de spectacles de l'humoriste controversé Dieudonné, condamné à plusieurs reprises pour des propos antisémites.
    Le tribunal correctionnel de Paris a condamné trois passages, dans lesquels le journal qualifiait le Conseil d'Etat de "tribunal rabbinique" et écrivait "nous vivons en pleine tyrannie juive" et "nous sommes en effet dirigés, étouffés, opprimés par une minorité qui se croit tout permis". "Par leur excès, leur outrance et la stigmatisation qu'elles traduisent, de telles expressions incitent au rejet" du groupe de personnes désigné comme "les juifs dans leur ensemble", a estimé la 17e chambre du tribunal correctionnel. [...]"

- Si vous voulez savoir à quoi ressemblent des commentaires antisémites aussi nombreux qu'ignobles quand il n'y a aucune modération, jetez un oeil (prudent) en dessous de ces articles :
https://fr.news.yahoo.com/shoah-france-indemnisera-victimes-am%C3%A9ricaines-transport%C3%A9es-sncf-153923880.html
https://fr.news.yahoo.com/france-va-verser-60-millions-dollars-victimes-am%C3%A9ricaines-151900969.html


Israël

- Here's How the World Turned Against Israel (The Weekly Standard) - "At the time of Israel’s birth, its detractors came mostly from the Right; but today the engine of hostility to Israel is on the Left. This is immensely important because while the Left constitutes a majority in few, if any, countries, it constitutes a decisive one in the precincts of academia, journalism, entertainment—in short, in the world of discourse".
http://www.weeklystandard.com/blogs/heres-how-world-turned-against-israel_820532.html?nopager=1
   "Joshua Muravchik is a fellow at the Foreign Policy Institute of the Johns Hopkins University School for Advanced International Studies and a contributor to this magazine. He is also author of 11 books, including the recently published Making David into Goliath: How the World Turned Against Israel. I spoke with Muravchik about how Israel went from underdog to pariah, and the chances of that changing back anytime soon."
   "[...] - Lee Smith: Doesn’t the plight of the Palestinians anger the international community?
    - Josh Muravchik: Yes, the plight of the Palestinians evokes anger and sympathy, and this plight is indeed an unhappy one. Still, an egregious discrepancy is evident between the rage at Israel over the situation of the Palestinians and the indifference shown to other peoples suffering occupation and/or the denial of their national aspirations.
    For instance, rarely does one encounter anger over the occupation of Tibet, although it has been occupied longer and more cruelly than the Palestinian territories, and unlike the case with Israel’s conquests in 1967, China’s occupation of Tibet was scarcely an act of self-defense. Were Beijing to offer Tibet the terms that Israeli prime ministers like Ehud Barak or Ehud Olmert offered the Palestinians, the Dalai Lama would dance for joy.
    As for thwarted national fulfillment, who is angry on behalf of the Kurds? Kurds are five times more numerous than Palestinians. Their national identity goes back a millennium while Palestinian nationalism is less than a century old. The Kurds have their own language(s), history and traditions. The Kurds yearn for a state of their own. And yet no one non-Kurdish seems to give a fig.
    - LS: How much of the world’s turn against Israel has to do with Israel’s policies especially regarding the Palestinians?
    - JM: Israel’s policies of course contribute, and not only vis a vis the Palestinians. Israel’s transition from the world’s most perfect democratic socialism to a largely capitalist economy has cost it friends and admirers.
    Regarding the Palestinians, Israeli positions in the peace process and on settlement building provide grist for Israel’s detractors. But when Israel takes a softer line, it doesn’t seem to make much difference. Barak accepted the “Clinton parameters” only to have them spurned by Yasser Arafat, and Olmert offered similar terms to Mahmoud Abbas who simply declined to respond to them. Despite this, the tide of blame against Israel, rather than the other side, just kept mounting.
    And what about Palestinian policies toward the Israelis? The entire peace process was blown to smithereens, and the prospects for a two-state solution gravely damaged, by the second intifada. It was either planned or fanned by Arafat and was carried out largely by his and Abbas’s “moderate” party, Fatah. It was an unspeakably vicious terror war aimed at markets, coffee shops and bus stations, claiming a thousand Israeli lives. And it appears to have done little if anything to turn the world against the Palestinians.
    - LS: What’s happened in Europe since 1967 that has turned popular as well as elite opinion against Israel?
    - JM: Two kinds of forces have been at work. One consists of material pressures in the form of terrorist intimidation that evoked a reaction of appeasement; the leverage inherent in Europe’s dependence on Arab oil; and sheer weight of numbers, with one-hundred Muslims in the world for every Jew, 22 member states of the Arab League and 57 members of the Organizations of Islamic Cooperation arrayed against one Israel, all of it adding up to considerable diplomatic and economic sway.
    No less important has been an intellectual transformation not specific to the Middle East but with profound effects on the perception of Israel in its conflict with the Arabs or Palestinians. This is a transformation of the central paradigm of Leftism. At the time of Israel’s birth, its detractors came mostly from the Right; but today the engine of hostility to Israel is on the Left. This is immensely important because while the Left constitutes a majority in few, if any, countries, it constitutes a decisive one in the precincts of academia, journalism, entertainment—in short, in the world of discourse.
    From the mid-19th until the mid-20 century, the central paradigm of Leftism consisted of a passion play pitting poor against rich or workers against capitalists. This drama lost force in the latter half of the twentieth century and gave way to a new, more contemporary version. The exploitation of English mill hands or German steel workers no longer fired imaginations as much as the degradation of proud African warriors and pacific Hindu mystics and the mistreatment of blacks in America. Instead of class conflict, the redemptive struggle of the new era became “the rest against the West” or the “people of color” against “the white man.” The iconic arbiter of latter day Leftism, Jean-Paul Sartre, expressed the paradigm shift in his preface to Frantz Fanon’s canonical The Wretched of the Earth: “Natives of all underdeveloped countries, unite!”
    When this lens is focused on the Middle East, the Israelis appear as the Western, white men, and the Palestinians as the anti-colonial people of color. The former are inherently wrong and the latter inherently right. It does not matter how either side behaves. History has decreed who are the good guys and who the bad. [...]
    - LS: Is there any way for Israel to turn it around and win the world's affection again? Or, would it be different if Israel was led by a left-wing rather than a right-wing government?
    - JM: An Israeli government of the Left would be cut more slack than the current one, but the difference would not be large. The second intifada erupted in 2000 during the premiership of the Labor Party’s Ehud Barak. Yet this was the moment at which the decisive turn against Israel became manifest, with harsher criticism being directed at Israel for self-defense than at the Palestinians for their terrorist war of aggression. The 2008-09 Gaza war that occasioned the infamous Goldstone Report was conducted by the Olmert administration, not of the Left but not of the Right either. And in this summer’s Gaza war, Netanyahu took no steps that were not supported by the main Israeli parties of the Left. In other words, with a government of the Left, Israel might be more restrained in regard to settlements and thus evoke less condemnation on that score, but at any moment that Israel felt impelled to act in self-defense—and those moments recur with heartrending frequency—it could count on the world’s opprobrium whoever was in office in Jerusalem."


Gaza & Hamas

- Hamas Shoots Seven Test Rockets in Two Days (Arutz 7) - "Hamas launches two more test rockets into sea Thursday morning. Security source warns they may be signaling renewed strength".
http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/188238

- UNRWA official claims that Israel killed 2200 civilians - and no militants (Elder of Ziyon) - "Referring to the Gaza war at the UN General Assembly, [UNRWA Deputy Commissioner-General Margot] Ellis said, "This summer, around 2,200 civilians were killed in 50 days." If 2,200 civilians were killed, then Israel didn't kill a single Hamas or Islamic Jihad or Fatah member! Of course, the latest research indicates that roughly half of those killed were terrorists, an amazing ratio for urban warfare. Even official UN statistics admit that Israel killed hundreds of terrorists".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2014/12/unrwa-official-claims-that-israel.html


"Processus de paix"

- Abbas Shuts the Door to Negotiations with Israel, Lt. Col. (ret.) Jonathan D. Halevi (JCPA) - "Abbas, who claimed there was no longer an Israeli partner for a political settlement, said his plan includes having the “state of Palestine” join international conventions and organizations, particularly the International Criminal Court in The Hague, and requesting the UN to provide protection to the Palestinian people".
http://jcpa.org/article/palestinian-authority-unilateral-process-against-israel/
Abstract:
   "- On Nov. 29, the Arab League approved a political action plan by PA President Mahmoud Abbas aimed at imposing the establishment of a Palestinian state without any political compromise on the Palestinians’ part. Jordan, currently the only Arab member of the UN Security Council, will submit a resolution to the Council along the lines of Abbas’ plan in the coming days.
    - The plan involves internationalizing the Israeli-Palestinian conflict by having the Security Council fix a date for the establishment of a Palestinian state based on the 1967 lines with east Jerusalem as its capital.
    - Abbas, who claimed there was no longer an Israeli partner for a political settlement, said his plan includes having the “state of Palestine” join international conventions and organizations, particularly the International Criminal Court in The Hague, and requesting the UN to provide protection to the Palestinian people.
    - Abbas’ political plan shuts the door to any possibility of reaching a political settlement through negotiations with Israel. The conditions he has presented for resuming negotiations impose terms on Israel with no reciprocity from the Palestinians in the context of a political compromise.
    - Abbas is trying to exert pressure on the U.S., the international community, and Israel simultaneously. Abbas hopes to goad the international community into forcing Israel to recognize a sovereign Palestinian state based on the 1967 lines without a peace agreement being signed.
    - The Palestinian Authority is determined, even at the price of a run-in with the U.S. and Israel, to advance a unilateral political process that is aimed against Israel. The rioting and terror in Jerusalem and the West Bank, which are being encouraged by the Palestinian Authority, serve as a form of pressure on Israel and are also aimed at spurring the international community’s intervention."

- Si l’ONU crée un État palestinien, qu’aura-t-elle prévu pour le lendemain ?, André Sénik (professeur agrégé de philosophie)
http://www.causeur.fr/onu-un-etat-palestinien-30476.html
   "Créer un État souverain n’est pas une simple affaire de bonne conscience. Les auteurs d’un acte politique de cette importance doivent être tenus pour comptables de ses conséquences. Depuis l’intervention américaine en Irak contre Saddam Hussein, cette anticipation s’appelle la question du lendemain. De quoi ce lendemain de la création de l’État palestinien sera-t-il fait ?
    Au lendemain de la création de l’État de Palestine, qui aura forcément été précédé par la reconnaissance de l’État d’Israël par l’actuelle Autorité palestinienne,  il est fort possible que des élections libres portent au pouvoir le Hamas, sans que celui-ci ait renoncé à poursuivre sa guerre terroriste contre l’existence de l’État d’Israël. Les États qui auront permis cette agression prévisible se seront-ils engagés par un pacte et aux yeux du monde à soutenir la riposte d’Israël ?
    S’ils souhaitent  rendre possible la création d’un État palestinien, les autres États doivent donner à Israël l’assurance diplomatique et militaire qu’une solution équitable ne débouchera pas sur un danger mortel pour Israël."

- Recognizing Palestine: right decision, wrong timing, Mose Apelblat (Haaretz) - "If the European Parliament recognizes Palestine as a state, it will only further the Palestinian government's misconception that it can achieve statehood without having to negotiate a peace agreement with Israel".
http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.629965

- France's theater of the absurd, Boaz Bismuth (Israel Hayom) - "The French Parliament went even further than its counterparts in Britain and Spain. Foreign Affairs Minister Laurent Fabius presented an initiative that discusses a two-year period of negotiations (a boon to U.S. President Barack Obama?), at the end of which we will rejoice in longed-for peace or official French recognition of a Palestinian state. This could be interpreted as either a kind of ultimatum for Israel or as an incentive for the Palestinians not to make any concessions".
http://www.israelhayom.com/site/newsletter_opinion.php?id=10801
   "My tendency to respect elected officials precludes me from believing that the 339 members of the French Parliament who voted in favor of a decision to recognize a Palestinian state truly believe that they have helped advance peace and the establishment of Palestine. If they hadn't already done so themselves, I would give them a round of applause in appreciation of the hypocritical theatrics, which were more appropriate to the Comedie-Francaise.
    It's hard to believe, but 151 representatives opposed the decision. Is it possible that they oppose a Palestinian state? Oppose peace? The decision by France's parliament is hypocritical and does nothing to promote peace in our region. At most it promotes a sense of satisfaction in those who did support Palestinian statehood and feel that they are approaching the status of Gandhi, Mandela, or Mother Theresa, but have actually torpedoed the peace process. What's just as bad, they are contributing to the growing hostility toward the Jewish community in France.
    And maybe this is a matter of demographics as far as the parliamentarians from the Left are concerned, and it's an election strategy -- courting the Muslim vote.
    Israel didn't wait for Sweden or for parliamentary decisions in Ireland, Britain, Spain, or France -- and Belgium and the European Union tomorrow -- to recognize a Palestinian state. Look at the 1947 two-state proposal, or the speech of (right-wing) Prime Minister Benjamin Netanyahu at Bar-Ilan University in which he spoke of the idea of two states for two peoples. We would remind the members of France's parliament that we are still waiting for PA President Mahmoud Abbas to make a comparable speech at Bir Zeit University, recognizing a Jewish state.
    The French Parliament went even further than its counterparts in Britain and Spain. Foreign Affairs Minister Laurent Fabius presented an initiative that discusses a two-year period of negotiations (a boon to U.S. President Barack Obama?), at the end of which we will rejoice in longed-for peace or official French recognition of a Palestinian state. This could be interpreted as either a kind of ultimatum for Israel or as an incentive for the Palestinians not to make any concessions.
    France completely ignoring the rocket fire from Gaza, the tough fighting, the children's funerals we endured this past summer; Abbas' insufferable speech at the U.N.; the despicable terrorist attack at a Jerusalem synagogue; the flourishing of the Islamic Jihad -- in Europe, too -- is infuriating. And by the way, parliaments usually concern themselves with internal affairs. Could it be that all of France's problems have been solved?
    The approach that international recognition of a Palestinian state will move things forward is totally removed from reality. How has making Palestine an observer nation in the U.N. in 2002 benefitted the Palestinians? How have they benefitted from Palestine being recognized as a UNESCO member -- by France, as well -- in 2011? Paradoxically, if a Palestinian state is ever founded, it will be through Israel's doing.
    The French theater has been given 339 new Molieres who have written a new absurdist play. Given its success, it will be interesting to see when the show about a Kurdish state opens. Or would that be too serious?"


Egypte

- La justice enterre la révolution égyptienne, Hélène Sallon (Le Monde) - "les révolutionnaires du 25 janvier sont présentés comme des "traîtres". Cette version de l'histoire transpire jusque dans les attendus du procès de l'ancien raïs, où le juge a invoqué les témoignages de "sages de la nation" prouvant l'existence d'un "complot américano-sioniste visant à déstabiliser le pays"."
http:/www.lemonde.fr/idees/article/2014/12/05/la-justice-enterre-la-revolution-egyptienne_4535431_3232.html
   "La justice égyptienne a porté le coup de grâce à la révolution du 25  janvier  2011. Alors que ses porte-flambeaux sont réduits au silence, à la prison ou à l'exil, et que ceux qu'elle avait chassés du pouvoir ont quitté un à un le banc des accusés, le verdict prononcé en faveur de l'ex-président Hosni Moubarak et des responsables du ministère de l'intérieur, samedi 29  novembre, achève de vider de son sens l'élan révolutionnaire qui avait conduit à la chute du raïs en février 2011, au terme de dix-huit jours de manifestations. [...]
    L'élan révolutionnaire s'est évanoui depuis, et la page Moubarak est, pour beaucoup, tournée. Le "péril islamiste" occulte les affres de l'ancien régime. L'incapacité et l'aveuglement des Frères musulmans au pouvoir (juin 2012-juillet  2013) ont eu raison des dernières aspirations révolutionnaires. Le 25 janvier est désormais effacé au profit du 30  juin  2013, date du soulèvement populaire qui a conduit à la destitution du président Mohammed Morsi et à la reprise des rênes du pouvoir par l'armée et le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi.
    Dans les médias aux ordres du pouvoir, qui jouent la surenchère, les accusés du 25  janvier sont devenus les victimes d'un complot fomenté par les Frères musulmans, avec l'aide de puissances étrangères, et les révolutionnaires du 25 janvier sont présentés comme des "traîtres". Cette version de l'histoire transpire jusque dans les attendus du procès de l'ancien raïs, où le juge a invoqué les témoignages de "sages de la nation" prouvant l'existence d'un "complot américano-sioniste visant à déstabiliser le pays".
    Dans un parfait effet de miroir, les Frères musulmans, déclarés organisation terroriste en décembre  2013, sont aujourd'hui dans le collimateur de la justice. Procès expéditifs, condamnations à mort en masse et peines sévères se multiplient contre les responsables et sympathisants de la confrérie, femmes et mineurs compris. Aucune erreur de procédure ou lacune de l'enquête n'entrave cette fois la justice. Mardi, 188 personnes ont été condamnées à mort pour avoir attaqué en août  2013 un poste de police à Kerdassa, tuant onze policiers et deux civils."


Iran

- Iran : dans la tête du Guide, Alain Frachon (Le Monde) - "La haine des Etats-Unis est au cœur de son ADN et la dénonciation du Grand Satan américain au centre d'une rhétorique serinée, jour après jour, à des millions d'Iraniens".
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/12/04/iran-dans-la-tete-du-guide_4534538_3232.html
   "[...] L'élément manquant [pour résoudre la question du nucléaire], c'est la confiance. Comment apaiser le contentieux quasi existentiel que la République islamique entretient avec les Etats-Unis depuis trente-cinq  ans ? Quand la révolution islamique renverse le Chah d'Iran en  1979, elle le fait au cri de "Marg bar Amrika !", "Mort à l'Amérique !" protectrice du régime impérial.
    La haine des Etats-Unis est au cœur de son ADN et la dénonciation du Grand Satan américain au centre d'une rhétorique serinée, jour après jour, à des millions d'Iraniens. Incarnation du mal occidental, "corrupteur de la terre", l'Amérique est l'alliée des ennemis de cette révolution : les monarchies du Golfe, à commencer par l'Arabie saoudite, et Israël, piliers de la présence des Etats-Unis au Proche-Orient. [...]
    Autour de Khamenei, le camp des durs, opposés au moindre changement du programme nucléaire, est composite : les gardiens de la révolution, bras armé du régime, et leur empire économique ; l'appareil judiciaire et répressif, enfin, le Parlement. Cet énorme "lobby" nucléocrate a beaucoup à perdre en cas d'accord. Il est la face la plus déplaisante de cette théocratie dictatoriale qu'est la République islamique – régime qui prône ouvertement la "disparition" d'Israël, piétine les droits de l'homme (mais pas plus que l'Arabie saoudite) et aspire volontiers à exercer une manière de domination au Proche-Orient, au besoin par le terrorisme et en entretenant quelques guerres locales.
    Mais il se trouve que cette théocratie, où la société civile est autrement plus avancée qu'en Arabie saoudite, a aujourd'hui avec les Etats-Unis des intérêts stratégiques communs majeurs – à commencer par la lutte contre l'Etat islamique. Alors, le Guide hésite. Et, sous son turban noir, la question tourne en boucle : suis-je assez fort pour pactiser avec le Grand Satan ?"

- Iran's Supreme Leader: "Our people love fighting against the Zionists" (Elder of Ziyon) - "besides supporting terror attacks against Jews from the West Bank - a theme that Khamenei has been openly espousing for a couple of months now -  Iran's leader also explained how the West was weak and how Iran will eventually take over the world, as the remainder of his speech shows".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2014/12/irans-supreme-leader-our-people-love.html


Monde

- Ukraine : un civil tué par un obus à Donetsk (Reuters) - "L'homme, âgé de 58 ans, revenait chez lui avec sa femme quand plusieurs projectiles ont explosé près d'eux. Son épouse, blessée, a été hospitalisée. "Ils étaient partis toucher leurs pensions. Papa est couché là, le corps troué, rempli d'éclats d'obus", a dit leur fille, Galina Baïeva. Les combats dans l'est de l'Ukraine, qui ont éclaté à la mi-avril, ont fait plus de 4.300 morts".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/05/97001-20141205FILWWW00202-ukraine-un-civil-tue-par-un-obus-a-donetsk.php

- Inde : 13 morts dans un attentat suicide (AFP) - "Une dizaine de groupes rebelles affrontent les forces indiennes depuis 1989 pour obtenir l'indépendance de la région [du Cachemire] ou son intégration au Pakistan. Ces violences ont tué des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/05/97001-20141205FILWWW00107-inde-13-morts-dans-un-attentat-suicide.php


Histoire

- Indo-Européens : par ici la sortie !, Roger-Pol Droit (Le Monde des livres) - "cet ouvrage montre en effet comment la construction du mythe [des Indo-Européens et donc] de l’origine « aryenne » de l’Occident est destinée à éliminer son origine juive" ; "[une leçon du livre] concerne le sens et la fonction de ce mythe : construire une origine de substitution, remplacer la réalité historique de l’héritage juif du christianisme et de l’Europe par la fiction d’un peuple « aryen » originaire, porteur d’une autre religion, d’une autre langue, d’autres valeurs. [...] que ce mythe d’origine soit ­fondamentalement antijuif, que son sens profond soit d’éliminer « scientifiquement » l’origine juive de l’Occident, c’est bien ce que met en lumière, avec force, ce travail colossal".
http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/12/03/indo-europeens-par-ici-la-sortie_4533694_3260.html

- Consciences nazies, Nicolas Weill (Le Monde des livres) - "Dans l’Allemagne hitlérienne, une agressivité obsédante se déclenchait contre tout ce qui menaçait l’unité du peuple".
http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/12/04/consciences-nazies_4533967_3260.html
   "[...] Relisant avec patience les discours, les brochures et les ouvrages jaunis des idéologues nazis, encore composés en caractères gothiques, Johann Chapoutot en reconstitue la conception du monde « bionomique », c’est-à-dire exclusivement centrée sur la préservation du sang « nordique germanique ». Cette défense d’une conception holistique de la société se diffusa à travers la presse, les films mais, aussi, la production juridique. Peu appréciés par Hitler, les juristes rivalisèrent pourtant de dialectique et d’efforts pour s’adapter à une ère où le droit (des Allemands) était censé remplacer la Loi (notion imprégnée de judéo-christianisme et d’universalisme). Dans l’Allemagne hitlérienne, une agressivité obsédante se déclenchait contre tout ce qui menaçait l’unité du peuple, depuis le « paragraphe » qui, dans les codes, distinguait ce que le droit naturel livre comme un tout organique, jusqu’à la « métaphysique » qui menaçait la fusion originelle de la nature et de l’esprit, dont la race pure portait au contraire le témoignage.
    La force de conviction massive de ces idées et leur persistance éventuelle dans le monde d’après le nazisme sont attribuées par Johann Chapoutot au fait que nombre d’entre elles circulaient déjà bien avant l’époque de la prise du pouvoir par Hitler. Ainsi l’eugénisme avait-il ses chauds partisans dans les pays scandinaves aussi bien qu’en France, sans parler de l’exploitation coloniale, de l’antisémitisme ni de l’obsession de la pureté ethnique… C’est donc plus par leur mise en cohérence, voire en réseau, et surtout leur radicali­sation – notamment à la faveur de la guerre –, et non par leur originalité, que ce « penser » et cet « agir en nazi » ont exercé tous leurs effets. [...]"

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