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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 12:15

Accord iranien


- Nucléaire iranien : Obama salue une «entente historique», Laure Mandeville (Le Figaro) - "Soucieux de prévenir les attaques et le scepticisme qui ont déjà commencé de fuser chez les républicains du Congrès, persuadés qu'on ne peut faire confiance aux Iraniens, Obama a affirmé qu'il s'agissait «d'un bon accord» car «si l'Iran triche, le monde le saura». «L'Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l'histoire des programmes nucléaires», a expliqué le président américain".
http://www.lefigaro.fr/international/2015/04/03/01003-20150403ARTFIG00053-nucleaire-iranien-obama-salue-une-entente-historique.php
- À Lausanne, Iraniens et Occidentaux évitent la rupture sur le nucléaire, Isabelle Lasserre (Le Figaro) - "Signe des lacunes et des incertitudes qui doivent être comblées ou clarifiées d'ici fin juin, l'accord de Lausanne n'est pas partout interprété avec le même enthousiasme. Barack Obama a salué une «entente historique» avec l'Iran. Laurent Fabius a concédé «un pas en avant». Mais il a aussi prévenu: «On n'est pas au bout du chemin». Subsistent des «questions et des détails qui doivent être résolus». Plus prudent que ses homologues occidentaux, il a affirmé que la France «veillera» à ce que ce premier pas aboutisse à «un accord vérifiable et crédible». Faute de quoi les sanctions seront «rétablies»".
http://www.lefigaro.fr/international/2015/04/02/01003-20150402ARTFIG00435-un-accord-d-etape-sur-le-nucleaire-iranien.php

- Nucléaire iranien : neuf jours de pourparlers intenses et chaotiques, Yves-Michel Riols (Le Monde) - "M. Zarif a été le premier à s’adresser à la presse, et à travers elle à l’opinion publique iranienne. S’exprimant longuement en persan, avant de revenir à l’anglais qu’il maîtrise à la perfection, son ton a été conquérant et son propos visait essentiellement à faire passer un message à son opinion intérieure : nous n’avons rien cédé".
http://www.lemonde.fr/international/article/2015/04/03/nucleaire-iranien-neuf-jours-de-pourparlers-intenses-et-chaotiques_4609008_3210.html
"[...] Après les interventions, jeudi soir, des deux hommes-clés de cette négociation, Mohammad Javad Zarif et son homologue américain, John Kerry, on n’avait pas l’impression qu’ils avaient approuvé le même texte. Il y a un an et demi, un flottement similaire avait duré quelques jours et suscité d’emblée de virulentes polémiques. Elles s’étaient apaisées lorsqu’une version commune du document a été rendue publique.
Aujourd’hui, cela n’est pas possible puisque l’essentiel du compromis a volontairement été gardé secret dans un « accord interne » dont les détails ont toutefois été aussitôt diffusés par le département d’Etat, alors même que John Kerry n’avait pas encore terminé son allocution devant la presse. Mais il s’agit d’une lecture américaine de l’accord de Lausanne et non du document lui-même.
Les modalités de l’annonce de ce texte ont d’ailleurs été l’un des points les plus âprement débattus ces derniers jours. Les Américains voulaient un document précis et public pour contrer l’offensive du Congrès, qui menace de faire capoter les négociations. Tandis que les Iraniens exigeaient l’inverse, pour ne pas donner des arguments aux adversaires de ce processus à Téhéran.
Cette divergence a été flagrante. M. Zarif a été le premier à s’adresser à la presse, et à travers elle à l’opinion publique iranienne. S’exprimant longuement en persan, avant de revenir à l’anglais qu’il maîtrise à la perfection, son ton a été conquérant et son propos visait essentiellement à faire passer un message à son opinion intérieure : nous n’avons rien cédé. Au terme de ces négociations, a-t-il insisté, « aucun » site nucléaire iranien « ne sera fermé » car « le fier peuple d’Iran ne l’aurait pas accepté ». A écouter M. Zarif, les Iraniens ont eu satisfaction sur toute la ligne. Le pays « continuera à enrichir de l’uranium », à mener son programme de « recherche et développement » et le réacteur à eau lourde d’Arak sera « modernisé ».
La réalité est nettement plus nuancée. L’accord de Lausanne est avant tout « un très beau succès pour la diplomatie américaine », observe François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran. Même si John Kerry s’est gardé de tout triomphalisme et a critiqué ceux qui « se contentent de demander la capitulation de l’Iran », il ne faisait pas de doute en l’écoutant que les revendications du camp occidental avaient été largement prises en compte, même souvent au-delà des attentes, sur tous les points-clés : la durée de l’accord est longue (quinze ans, voire plus pour certains volets), la capacité d’enrichissement de l’Iran est sévèrement limitée avec une réduction de « plus de deux tiers » du nombre de centrifugeuses et les sanctions seront levées « par étapes » et non immédiatement et en bloc comme le souhaitait l’Iran.
Une certitude peut d’ores et déjà être tirée de ces lectures contradictoires de ce qui a été obtenu à Lausanne. Les négociations pour aboutir à un accord final, d’ici trois mois, s’annoncent aussi laborieuses que les précédentes. De nouvelles nuits blanches sont à prévoir…"

- Nucléaire iranien : de réelles avancées mais quelques inquiétudes, Blaise Gauquelin (Libération) - "il s’agit aussi, malheureusement, d’une sorte de «prime au tricheur» assez peu orthodoxe, au strict regard du droit international".
http://www.liberation.fr/monde/2015/04/03/nucleaire-iranien-de-reelles-avancees-mais-quelques-inquietudes_1234396
"[...] Dès le départ, les capacités balistiques de l’Iran ont été exclues du paramètre des négociations. Or elles sont évidemment liées à son programme nucléaire clandestin et la République islamique va conserver toutes ses capacités militaires actuelles.
Par ailleurs, les termes de l’accord sont assez flous concernant ce qu’on appelle les «possibles dimensions militaires». Ce champ de négociations concerne les réponses que l’Iran n’a jamais données à l’agence de Vienne sur ses activités nucléaires militaires réalisées avant 2003, autrement dit les vieux dossiers. Il paraît clair que Barack Obama a renoncé à prouver la dualité du régime sur ce sujet. «On va désormais sûrement nous demander de vérifier que l’Iran n’aura pas la bombe, confirme une source à l’AIEA, mais plus, semble-t-il, de prouver qu’il a cherché à l’avoir par le passé.» La communauté internationale qui ferme les yeux sur ces «erreurs de jeunesse», c’est une manière de laisser une porte de sortie honorable au Guide suprême iranien, une vraie concession politique de la part des Américains et des Européens, pour rétablir la confiance avec la République islamique. Mais il s’agit aussi, malheureusement, d’une sorte de «prime au tricheur» assez peu orthodoxe, au strict regard du droit international.
Enfin, le chercheur Jean-Sylvestre Mongrenier, partisan de la ligne dure sur l’Iran, déplore qu’un droit à l’enrichissement ait été reconnu aux mollahs. «Car les résolutions du Conseil de sécurité exigeaient l’arrêt des centrifugeuses, rappelle ce membre de l’Institut Thomas More. Aujourd’hui, on lui accorde le droit d’en conserver 6 000. Donc, petit à petit, les Iraniens, qui ne sont pas sur une même échelle du temps que les démocraties occidentales, obtiennent des concessions diplomatiques réelles et cruciales, tout en violant les lois internationales.» Une exception mondiale dangereuse qui se doit, selon lui, d’être soulignée."

- Accord sur le nucléaire iranien : Israël dénonce «une erreur historique», Marc Henry (Le Figaro) - «Cet accord ne va pas bloquer le programme nucléaire de l'Iran, mais au contraire lui ouvrir le chemin».
http://www.lefigaro.fr/international/2015/04/03/01003-20150403ARTFIG00081-accord-sur-le-nucleaire-iranien-israel-denonce-une-erreur-historique.php
- Israël : l'accord sur l'Iran va dans une direction "très très dangereuse" (AFP)
https://fr.news.yahoo.com/isra%C3%ABl-laccord-liran-va-direction-tr%C3%A8s-tr%C3%A8s-dangereuse-084500293.html
"L'accord-cadre conclu jeudi entre l'Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire de Téhéran est une étape dans une direction "très dangereuse", a déclaré vendredi le porte-parole du Premier ministre israélien. "L'accord-cadre est un pas dans une direction très très dangereuse", a déclaré Mark Regev à quelques journalistes, estimant que le "seul objectif" de l'Iran était de se doter de la bombe atomique.
"Non seulement il (l'accord) laisse à l'Iran une infrastructure nucléaire étendue, mais il ne conduit pas à la fermeture d'une seule installation nucléaire iranienne, il autorise l'Iran à garder des milliers de centrifugeuses pour continuer à enrichir de l'uranium (...) et il permet à l'Iran de poursuivre la recherche et le développement afin de construire de nouvelles centrifugeuses plus performantes", a-t-il déploré. [...]"
- Compromis conclu sur le nucléaire iranien, Israël craint pour sa survie (AFP) - "Le compromis obtenu, comme l'ont souligné les Occidentaux, ne marque toutefois pas la fin de l'histoire, car tous les détails techniques de ce dossier extraordinairement complexe devront être gravés dans le marbre d'ici trois mois".
https://fr.news.yahoo.com/nucl%C3%A9aire-iranien-accord-cadre-trouv%C3%A9-lausanne-045540092.html

- Une défaite pour la stratégie de Nétanyahou, Piotr Smolar (Le Monde) - "le symbole de ce glissement occidental [vers les positions iraniennes] serait le seuil de centrifugeuses considéré comme acceptable. « On est passé de 1 000 à 2 000, 4 500, puis 6 000. L’Iran, lui, n’a pas bougé d’un iota. »".
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/04/03/une-defaite-pour-la-strategie-de-netanyahou_4608993_3218.html
"[...] Spécialiste de la sécurité régionale et du contrôle des armements à l’Institut pour les études sur la sécurité nationale (INSS), Emily Landau estime qu’on n’a pas assez relevé le « changement d’approche » de Benyamin Nétanyahou sur le dossier iranien, qu’elle situe vers la mi-2014. A partir de cette date, il a cessé de brandir la menace militaire, préférant la stratégie de l’influence, en coulisses, auprès des pays impliqués dans les négociations. « En voyant l’intensification des discussions, le gouvernement s’est dit que c’était la meilleure façon de minimiser l’impact négatif d’un éventuel accord », explique l’experte.
Il serait inadéquat, poursuit-elle, de décrire M. Nétanyahou comme étant hostile à tout accord : « Il est contre un mauvais texte. A l’origine, la communauté internationale aussi était opposée à tout programme nucléaire iranien. Mais elle a échoué pendant si longtemps, dans différents formats, qu’il n’est plus viable de demander zéro enrichissement. Nétanyahou est resté, lui, sur cette position. » Selon Emily Landau, le symbole de ce glissement occidental serait le seuil de centrifugeuses considéré comme acceptable. « On est passé de 1 000 à 2 000, 4 500, puis 6 000. L’Iran, lui, n’a pas bougé d’un iota. »
Les arguments de M. Nétanyahou ne sont pas débattus par la classe politique israélienne. « Sur le problème du nucléaire iranien, il n’y a pas de coalition et d’opposition », a rappelé Yaïr Lapid, le chef du parti centriste Yesh Atid. Le consensus sécuritaire est une particularité israélienne. « Israël ne se cachera pas la tête dans le sable, a prévenu M. Nétanyahou le 31 mars, lors de l’entrée en fonction de la vingtième Knesset. J’ajoute que ce que je vous dis ici, beaucoup de pays le partagent dans notre région. Ils comprennent la menace iranienne. »
Le chef du gouvernement fait ainsi référence à une situation inédite entre Israël et les pays sunnites de la Ligue arabe, au-delà des partenaires traditionnels que sont l’Egypte et la Jordanie. Une convergence d’intérêts a émergé sur deux sujets : la menace représentée par les djihadistes de l’Etat islamique et par les ambitions nucléaires de l’Iran chiite. Le gouvernement israélien insiste sur cette dimension régionale, car l’isolement du pays s’est accru, au fil de ces derniers mois.
« Les intérêts vitaux de la France ne sont pas moins concernés que les nôtres par les réactions en chaîne que provoquerait un accord mal cadré avec l’Iran », estime Dore Gold, directeur du ­Centre de Jérusalem pour les affaires publiques. Conseiller de ­M. Nétanyahou jusqu’en décembre 2014, cet expert craint une « prolifération accrue au Moyen-Orient, et au-delà », si l’Iran conserve la latitude de développer son programme, en raison d’un accord final trop généreux. Selon M. Gold, l’un des éléments les plus préoccupants est la clause d’extinction retenue, à dix ans. « L’idée qu’un accord de non-prolifération prévoirait une date d’expiration, comme un carton de lait, me paraît très curieuse », dit-il."

- En Israël, la presse peu convaincue par l’accord sur le nucléaire iranien (Le Monde.fr) - « Même si les dirigeants iraniens vont pavoiser en affichant leur victoire (…) Israël doit faire trois efforts principaux : être intelligent, se montrer diplomate et trouver des alliés dans la région. »
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/04/03/en-israel-la-presse-peu-convaincue-par-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien_4609327_3218.html
"Une « victoire de l’Iran » pour le Jerusalem Post. « Un accord pas si mauvais » pour Haaretz. A la veille de la fête de Pessah (la Pâques juive), les journaux israéliens analysent diversement le compromis international sur le nucléaire iranien, annoncé jeudi 2 avril 2015 à Lausanne, en Suisse.
Sans surprise, les journaux conservateurs sont dans la droite ligne du gouvernement israélien. Dès hier, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a dénoncé un « accord qui menace la sécurité d’Israël ». Des mots largement repris par la presse et les sites d’information israéliens. Israel Hayom, le quotidien gratuit le plus lu du pays, s’inquiète en « une » de « l’erreur historique » commise par la communauté internationale. Le journal, réputé proche du pouvoir, développe sur trois pages les détails de l’accord-cadre entériné sur les bords du lac Léman. Ses éditorialistes s’en prennent « au jeu de fripouille » instauré par la République islamique.
« Un jeu remporté par l’Iran », renchérit le Jerusalem Post sous la plume de Melanie Phillips. L’éditorialiste ne mâche pas ses mots en écrivant que « l’administration Obama a jeté à la poubelle chacune de ses lignes rouges » avant de finalement « capituler sur le terrorisme nucléaire afin d’obtenir un accord. N’importe quel accord ». Pour le journal de centre droit, s’accorder avec le régime des ayatollahs, alors même qu’il est en train de mener le Yémen à la guerre civile en soutenant les rebelles houtistes, est « surréaliste ».
Le spécialiste militaire du site Times of Israel, Mitch Ginsburg, essaie de trouver des raisons d’espérer : « Même si les dirigeants iraniens vont pavoiser en affichant leur victoire (…) Israël doit faire trois efforts principaux : être intelligent, se montrer diplomate et trouver des alliés dans la région. » Le journaliste israélien penche sensiblement pour un rapprochement avec les « grandes puissances sunnites ».
Il incite les dirigeants israéliens à se montrer moins « anachroniques ». Le pays auquel tout le monde pense, l’Arabie saoudite, n’est cependant pas cité explicitement. Le royaume est celui qui, avec Israël, s’est montré le plus mécontent de l’entente trouvée avec son ennemi chiite iranien. Le Times of Israel rappelle que Téhéran « a actuellement la mainmise sur quatre capitales arabes : Damas, Beyrouth, Bagdad et Sanaa ».
Il faut aller chercher dans la presse plus libérale pour trouver un certain optimisme. « Après une nuit de négociations teintées de dramaturgie », écrit Barak Ravid dans le Haaretz, « les négociateurs ont surpris leur monde en se mettant finalement d’accord ». Même si le journal de gauche regrette que ce compromis permette à un grand nombre de centrifugeuses iraniennes de continuer à fonctionner, « ce n’est pas du tout un mauvais accord ».
Pour ce quotidien, les détails du texte accepté jeudi 2 avril 2015 par toutes les parties mettent par écrit « de nombreux aspects positifs qui participent à la préservation des intérêts sécuritaires israéliens, mais qui répondent aussi aux inquiétudes concernant Jérusalem ».
Une ligne partagée par Ron Ben-Yishai, chroniqueur pour le site internet Ynet qui n’espérait « pas un accord aussi bon ». Pour lui « une intervention militaire israélienne ou américaine en Iran n’aurait pas produit un résultat aussi satisfaisant ». Le chroniqueur dit se contenter de la période de « dix ans pendant lesquels les Iraniens n’auront pas la possibilité de produire une bombe nucléaire ». Et de conclure : « Une attaque sur l’Iran n’aurait pas offert dix ans de répit. »"

- L'accord sur le nucléaire iranien est bien plus substantiel que prévu, Joshua Keating (Slate) - "Il y a encore beaucoup à statuer, y compris sur la manière dont l'Iran devra répondre aux questions de l'AIEA concernant ses activités nucléaires passées".
http://www.slate.fr/story/99883/accord-nucleaire-iranien-substantiel
"[...] l'accord dévoilé jeudi après-midi contient bien certains détails d'importance. Selon un résumé publiée par le Département d’État américain, l'Iran réduira son arsenal de centrifugeuses pour n'en garder que le tiers, soit environ 6.000 installations, et n’enrichira son uranium qu'à 3,67% ces quinze prochaines années. (L'uranium de qualité militaire est enrichi à plus de 90%). Cet enrichissement d'uranium n'aura lieu que dans la centrale de Natanz et le réacteur fortifié de Fordow deviendra un centre de recherches nucléaires. Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) auront accès à toutes les centrales nucléaires iraniennes. Et l'Iran réduira substantiellement son stock d'uranium enrichi, même si on ne sait pas encore s'il sera dilué ou expédié à l'étranger.
Quand l'Iran aura tenu ses engagements, l'Europe et les États-Unis suspendront leurs sanctions liées au nucléaire et toutes les anciennes résolutions de l'ONU concernant cette question, y compris celles imposant des sanctions, seront levées, mais «l'architecture» de ces programmes de sanctions restera en place afin qu'elles soient rapidement remises en œuvre si jamais l'Iran ne respecte pas sa part du contrat. (Vu comment le Congrès américain s'oppose à la levée de ces sanctions, l'administration Obama n'avait probablement pas la capacité de les effacer complètement).
Il y a encore beaucoup à statuer, y compris sur la manière dont l'Iran devra répondre aux questions de l'AIEA concernant ses activités nucléaires passées. Les mécanismes de contrôle et d'inspection restent encore à concevoir. Et, quand on compare les déclarations iranienne et américaine de jeudi, il semblerait qu'il y ait une ambiguïté sur la date de levée des sanctions –est-ce dès la signature de l'accord ou petit à petit, au gré de sa mise en œuvre ?
On ne devrait pas considérer les détails donnés par le Département d’État américain comme gravés dans le marbre. Par le passé, lors de ces négociations, des éléments qui semblaient actés se sont révélés simplement «provisoires». Peu avant la déclaration de jeudi, l'équipe iranienne informait sa presse nationale qu'aucune de ses activités nucléaires n'allaient être suspendues, un son de cloche bien différent de ce que nous avons pu entendre du côté américain. [...]"

- Nucléaire iranien : un mauvais accord n’est pas préférable à pas d'accord, Eric Leser (Slate) - "Le problème, c’est que cet accord, que la France n’a d’ailleurs cessé de vouloir rendre plus contraignant, satisfait la plupart des exigences de Téhéran et pourrait aviver encore les conflits au Moyen-Orient".
http://www.slate.fr/story/99873/iran-nucleaire-accord-mauvais
"Pour mener à bien son grand dessein de changement d’alliances au Moyen-Orient, Barack Obama devait conclure un accord avec l’Iran pour contrôler son programme nucléaire. Il y est parvenu avec l’annonce, jeudi 2 avril à Lausanne en fin de journée, d’un accord cadre «historique» après un faux suspense au-delà de la date butoir fixée au 31 mars. Il reste à formaliser les questions techniques d'ici au 30 juin.
Washington pourra maintenant s’appuyer pleinement sur la République islamique d’Iran et ses alliés Bachar el-Assad, le gouvernement irakien et le Hezbollah libanais pour affronter Daech. Le problème, c’est que cet accord, que la France n’a d’ailleurs cessé de vouloir rendre plus contraignant, satisfait la plupart des exigences de Téhéran et pourrait aviver encore les conflits au Moyen-Orient. La République islamique conserve la quasi-totalité de son infrastructure nucléaire, dont personne ne peut croire qu’elle était à vocation civile, obtient la levée presque immédiate des sanctions économiques et voit disparaître tout risque de confrontation militaire avec les Occidentaux.
Barack Obama en avait fait une affaire personnelle. Après avoir accumulé les échecs diplomatiques depuis des années, il voulait un accord à tout prix et l'a annoncé lui-même aux Américains. John Kerry aura passé plus de temps à négocier avec les Iraniens qu’aucun autre secrétaire d’Etat américain sur une même question depuis... le Traité de Versailles en 1919.
Pourtant, comme le souligne The Economist dans un article titré «Le nouvel âge nucléaire», le danger est que cet accord ne freine pas mais accélère, au contraire, la prolifération nucléaire. Il est limité dans le temps (dix ans) et entérine de fait l’existence des multiples infrastructures nucléaires iraniennes. Et si la grande puissance chiite, l’Iran, peut avoir la bombe en quelques mois, l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’Egypte, les grands pays sunnites, voudront aussi une telle arme et le Moyen Orient se retrouvera dans un équilibre de la terreur sans les acteurs rationnels qu’ont été pendant 45 ans les Etats-Unis et l’URSS. L’intervention militaire collective des Etats sunnites au Yémen illustre la guerre maintenant ouverte entre chiites et sunnites. Sans oublier le fait que l’Iran ne cesse de promettre de «rayer Israël de la carte» et a encore affirmé il y a quelques jours que cela était «non négociable». Des menaces qui ne sont pas prises comme de la simple rhétorique à Jérusalem, devenu aussi l’ennemi juré de la République islamique. [...]
Au fil des années, les Occidentaux, et notamment les Etats-Unis, ont changé de stratégie avec l’Iran. Ils sont passés du refus de toute capacité nucléaire utilisable à des fins militaires au containment (endiguement), réplique de la doctrine utilisée pendant la Guerre froide. En juin 2010, ils obtenaient le vote d’une résolution par le Conseil de sécurité de l’Onu exigeant que «l’Iran cesse toutes ces activités d’enrichissement». Aujourd’hui, l’administration Obama et la communauté internationale reconnaissent le «droit» de l’Iran à l’enrichissement de l’uranium.
Le problème, c’est que l’Iran n’est pas l’URSS. Et qu’un traité sur le contrôle d’un programme nucléaire n’a rien à voir avec une quelconque ouverture du régime. «Je n’ai pas de doute sur le fait que la délégation iranienne ici à Lausanne veut parvenir à un accord. Ce que nous ne savons pas, en revanche, c’est ce qu’il en est du débat politique interne à Téhéran», déclarait il y a quelques jours Philip Hammond, le ministre anglais des Affaires étrangères. Depuis deux décennies, Téhéran n’a cessé de nier l’existence de son programme nucléaire puis d’en cacher l’ampleur et la composante militaire. L’Iran refuse toujours aujourd’hui l’accès à certaines installations clés. Et l’accord entérine cela.
L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a pourtant mis en garde contre «l’existence possible du développement clandestin… d’une charge nucléaire pour un missile». En fait, ses enquêteurs «ont réuni une masse de rapports, correspondances, graphiques, vidéos, schémas qui montrent les capacités iraniennes en matière de conception de têtes nucléaire», écrit le New York Times. «L’Iran affirme que ce sont de faux documents… Le chef de l’AIEA, Yukiya Amano, a rejeté ses allégations dans une interview, expliquant que les inspecteurs ont confirmé l’origine de ses documents…» Si ces preuves avaient été mises sur la place publique, elles auraient contredit le discours officiel iranien selon lequel son infrastructure nucléaire est uniquement civile.
Il ne faut pas oublier que l'existence des deux plus importants sites d’enrichissement d’uranium, Natanz et Fordo, a été tenue secrète pendant des années et a été révélée par des opposants au régime. L’accord autorise aujourd’hui Téhéran a continué à faire tourner des milliers de centrifugeuses enterrées profondément sous la montagne à Fordo.
[...] si l’Iran n’a pas franchi le pas tout en en ayant la capacité «depuis au moins une décennie», c’est par crainte des conséquences, notamment militaires, explique Gary Sick, grand spécialiste de l’Iran, ancien conseiller des présidents américains Ford, Carter et Reagan. «L’ensemble de la communauté américaine du renseignement et la plupart de nos alliés –Israël compris, apparemment– ont conclu, avec un degré de certitude assez important, que l’Iran n’a pas pris la décision jusqu’à aujourd’hui de construire une bombe», écrit-il. La menace était donc efficace… jusqu’à aujourd’hui. Avec l’accord qui vient d’être conclu, la menace, par définition, n’existe plus.
C’est un premier argument contre cet accord. Il y en a deux autres. Le premier tient à la nature du régime iranien et le second porte sur le fait qu’il conserve, intactes, ses capacités nucléaires.
L’espoir avec cet accord, mis en avant par les diplomates occidentaux, est de renforcer le camp des modérés au sein du régime iranien. Ces mêmes experts expliquent que ce pouvoir a changé au fil des années et qu’il va s’ouvrir maintenant plus encore. Difficile à croire quand des dirigeants iraniens évoquent ouvertement la nécessité d’un «grand Iran». La fatwa contre Salman Rushdie, condamné à mort pour la publication de son livre Les Versets sataniques, a bien été prononcée il y a plus de trente ans par l’ayatollah Khomeini, en 1989. Mais en septembre 2012, il y a moins de trois ans, la récompense iranienne pour l’assassinat de Salman Rushdie a été augmentée à 3,3 millions de dollars !
Comme l’explique Genieve Abdo, spécialiste de l’Iran et chercheuse à la Brookings Institution, le régime «veut que les sanctions soient levées et un accord nucléaire. Rien de plus». Elle ajoute que les mollahs ont laissé faire l’élection à la présidence d’un «modéré», Hassan Rouhani, pour convaincre les occidentaux de leur bonne volonté mais que son pouvoir est limité. La politique étrangère est aux mains des Gardiens de la Révolution. La levée des sanctions économiques et notamment des restrictions sur les exportations de pétrole et de gaz renforcera un régime contesté par une majorité de la population dès qu’elle en a la moindre occasion.
Sur le plan technique, comme l'écrit le Washington Post, l’accord présente deux problèmes majeurs : «le premier est l’acceptation d’une importante infrastructure nucléaire iranienne, comprenant des milliers de centrifugeuses pour enrichir l’uranium. Le second est la limite dans le temps à toutes les restrictions imposées...» Dans dix ans, quand l’accord aura expiré, l’Iran pourra développer sans limites la production de matériaux nucléaires.
Alors fallait-il préférer un mauvais accord à pas d’accord en prétextant qu’il n’y a pas d’alternative ? La question est mal posée. Il aurait fallu un bon accord. Il est difficile de croire que le programme nucléaire iranien ne peut pas être démantelé plus largement, notamment en maintenant une pression économique qui a déjà contraint le régime à venir à la table des négociations. Si l’Iran n’a pas l’intention, comme il le proclame, de se doter d’un arsenal nucléaire, il n’a pas besoin de conserver des milliers de centrifugeuses, des centaines de tonnes d’uranium enrichi et un réacteur à eau lourde. Il n’a pas de raison, non plus, d’interdire les inspections de certains sites comme la base militaire de Parchin où sont testés les missiles balistiques.
L’Iran sait aujourd’hui comment fabriquer une bombe, mais a-t-il la technologie pour la miniaturiser et la mettre sur un missile ? C’est du contrôle de cette partie du programme, la composante militaire, qui selon les négociateurs des deux côtés n’existe pas et n’a jamais existé, que devrait dépendre tout jugement de fond sur un accord. Comme l’explique l’ancien numéro 2 de l’AIEA, Olli Heinonen, «nous n’aurons aucune idée de la rapidité avec laquelle l’Iran peut fabriquer une arme atomique tant que nous ne saurons pas ce que les ingénieurs iraniens ont fait dans le passé». Mais il n’est pas question d’aborder cette question. La France a tenté à plusieurs reprises de mettre le sujet sur la table et à chaque fois l’administration Obama a refusé et cédé à Téhéran. Les diplomates français, qui ont une confiance très limitée dans les engagements du régime iranien, se sont plaints de pressions répétées de Washington.
Le raisonnement selon lequel il vaut mieux un mauvais accord que pas d’accord a été déjà suivi il y a 77 ans de cela à Munich par Daladier et Chamberlain. Bien sûr, les analogies historiques sont toujours contestables et imparfaites. Le problème, c’est que dans ce cas, il n’y en a pas de meilleure."

- The Flawed Underpinnings of the New Nuclear Understandings with Iran, Dore Gold (president of the Jerusalem Center for Public Affairs) - "Iran did not have to close down a single nuclear facility, it will continue to engage in uranium enrichment, and it can engage in research and development"; "And since the agreement does not address the growth and upgrading of Iran’s missile forces, Tehran could have a substantial missile arsenal including missiles of intercontinental range in the years ahead".
http://jcpa.org/flawed-underpinnings-nuclear-understandings/
"The underlying flaw in the new nuclear understandings between the P5+1 and Iran is the fact that it leaves Iran’s vast nuclear infrastructure intact. Indeed, Iranian Foreign Minister Zarif boasted, after the understandings were announced, that Iran did not have to close down a single nuclear facility, it will continue to engage in uranium enrichment, and it can engage in research and development (meaning it can develop new generations of centrifuges that operate at 10 or 20 times the speed of the first-generation centrifuges that have been installed in uranium enrichment plants like Natanz and Fordow). And while Iran holds on to this nuclear complex, Western sanctions on the Iranian economy will be removed and Tehran will be awash with cash to support its expansionism into Middle Eastern countries, its missile programs which are not covered by the agreement, and its global backing of terrorism. For these reasons the agreement looks like a grave error of historic proportions.
Careful diplomacy would have had to assume that Iran will violate the new understandings and at the end of the day will not comply with its terms. That is what the historical record unquestionably demonstrates. Tehran concealed its enrichment facilities that it was obligated to declare under the Nuclear Non-Proliferation Treaty. Iran did not provide full access to suspected sites that the International Atomic Energy Agency (IAEA) sought to inspect. The famous Parchin weapons site was tampered with; asphalt was poured over large areas to make ground samples difficult to obtain, should Iran be forced to open the area in the future. By leaving the Iranian nuclear infrastructure intact, should Iran follow the path of its North Korean ally and evict the inspectors of its nuclear sites, Tehran would be able to reconstitute a full-scale nuclear program in short order and make a straight dash to nuclear bombs.
Iranian expansionism at present is the best window into Iranian intent. The leadership in Tehran is trying to establish Iran as a new hegemonic power that dominates the Middle East. It was an Iranian parliamentarian close to the Supreme Leader, Ayatollah Ali Khamenei, who bragged that Iran now controls four Arab capitals. It was the powerful commander of the Qods Force of the Islamic Revolutionary Guards Corps (IRGC), General Qassem Suleimani, who declared that Iran controls developments in Jordan, the way it controls events in Lebanon and Iraq. If Iran sees itself as a new imperial power, taking over its neighbors, then what are the chances that its leadership will remain a nuclear threshold state?
There is almost no doubt about the answer to this question. Iran will seek to cross the nuclear threshold and equip itself with nuclear weapons. And since the agreement does not address the growth and upgrading of Iran’s missile forces, Tehran could have a substantial missile arsenal including missiles of intercontinental range in the years ahead. In short, the new understandings could lead to a very dangerous strategic situation for Israel and the West. Historical precedents with Iran and its present behavior make these prudent conclusions, and not alarmist, as advocates of the new accord will charge."

- Krauthammer: ‘Not A Chance In The World’ Sanctions Will Return If Iranians Cheat (Daily Caller) - "when they sign the agreement in June, there will be a huge relief of sanctions. And when Obama speaks about snapping them back, if the Iranians are cheating, there is not chance in the world that the Chinese, the Russians or even the Europeans are going to snap on sanctions again. We would be acting alone, we’d be completely isolated".
http://dailycaller.com/2015/04/02/krauthammer-not-a-chance-in-the-world-sanctions-will-return-if-iranians-cheat-video/
"[...] KRAUTHAMMER: They were completely unclear about what the requirements are. It is possible that when they sign the agreement in June, there will be a huge relief of sanctions. And when Obama speaks about snapping them back, if the Iranians are cheating, there is not chance in the world that the Chinese, the Russians or even the Europeans are going to snap on sanctions again. We would be acting alone, we’d be completely isolated.
So, number one, they are going to get their economy back and that’s all they really wanted. But the second, the most astonishing thing is that in return, they are not closing a single nuclear facility. Their entire nuclear infrastructure is intact. The soundbite you showed of the president, and that was in December, no more than a year and a half ago, he talked about you don’t need the Fordow facility, they are keeping it, it’s not going to close. They don’t need the Iraq reactor. They are gonna keep it. It will be “updated.” And lastly, they don’t need the advanced centrifuges, they are going to be developing new ones in the Fordow reactor. So, they are going to have the entire infrastructure in place either for a breakout after the agreement expires or when they have enough sanctions relief and they want to cheat and to breakout on their own."

- Nucléaire iranien : le pari risqué d'Obama, Laure Mandeville (Le Figaro) - "pour Obama, l'une des batailles cruciales va se jouer au Congrès".
http://www.lefigaro.fr/international/2015/04/03/01003-20150403ARTFIG00378-nucleaire-iranien-le-pari-risque-d-obama.php
"[...] Les embûches qui se dressent sur la route d'un accord final et d'un vrai succès diplomatique ne seront pas seulement dues à la capacité potentielle de l'Iran à se jouer de ses interlocuteurs. Se profile aussi le risque d'une course à l'atome, si les pays du Golfe perçoivent l'accord comme une victoire à la Pyrrhus. Mais pour Obama, l'une des batailles cruciales va se jouer au Congrès. Certes, les sénateurs Mark Kirk et Robert Menendez, coauteurs d'un projet de loi destiné à accroître les sanctions, ont décidé de surseoir à leur projet jusqu'au 30 juin, selon les journalistes Josh Rogin et Eli Lake.
Mais inquiets sur les intentions de l'Iran, les élus veulent absolument avoir un droit de regard et d'acceptation sur l'accord final qui sera négocié. Une part de leurs inquiétudes concerne les «paramètres» du compromis, qu'ils jugent trop conciliant vis-à-vis de Téhéran, mais aussi les circonstances de la levée des sanctions, a noté le speaker John Boehner. L'accord-cadre prévoit de lever ces dernières après vérification de la mise en œuvre par l'Iran de ses engagements. Mais le Congrès voudrait avoir son mot à dire sur le rythme et la décision de levée de ces sanctions à court terme. Le président du Comité des relations extérieures, Bob Corker, affirme avoir toujours l'intention de faire passer une loi qui donnerait au Congrès une période de 60 jours, pour examen et approbation de l'accord. Un premier vote pourrait avoir lieu dès le 14 avril au sein du Comité. «Si un accord final est conclu, le peuple américain doit avoir la possibilité, à travers ses élus, de décider si le compromis élimine vraiment la menace du programme nucléaire iranien», a-t-il expliqué.
La Maison-Blanche est vent debout contre une telle approche, et va passer les prochains jours sur la Colline pour appeler les élus à lui donner du temps. Elle menace d'apposer son veto à une législation qui soumettrait l'accord conclu à l'approbation obligatoire du Sénat. Les républicains affirment que le veto pourrait être surmonté - le décompte serait selon Rogin et Lake à 64 sénateurs au lieu des 67 requis. Mais le climat pourrait changer avec l'offensive de l'Administration, qui, dans ce bras de fer, a l'avantage d'avoir tous les éléments du dossier et pourrait donc être à même de tempérer les ardeurs jusqu'au 30 juin. Conscient de l'âpre opposition à laquelle il va se heurter, le président Obama a rappelé que deux de ses prédécesseurs républicains avaient conclu des accords historiques sur le désarmement en pleine guerre froide. «Ces accords n'étaient pas parfaits, ils n'ont pas mis fin à toutes les menaces. Mais ils ont rendu notre monde plus sûr», a-t-il plaidé jeudi."

- Les Etats-Unis et l'Iran loin d'être réconciliés (AFP) - "L'establishment en Iran ne veut pas de liens normaux avec les Etats-Unis. Le président Rohani et son gouvernement veulent peut-être des relations diplomatiques mais le guide suprême et ses partisans y voient quelque chose contraire à leurs intérêts".
https://fr.news.yahoo.com/etats-unis-liran-loin-d%C3%AAtre-r%C3%A9concili%C3%A9s-064042371.html
"C'est le grand dessein de Barack Obama: réconcilier l'Amérique et l'Iran pour espérer apaiser les conflits au Moyen-Orient. Mais les deux adversaires sont loin de normaliser leurs relations et se borneront à poursuivre leur discrète coopération sur les crises régionales.
"Dans la tête de Barack Obama, il y a le fantasme du grand "bargain", d'une alliance avec l'Iran, de la reconstruction d'une architecture régionale et d'un changement de paradigme" au Moyen-Orient, analyse pour l'AFP Joseph Bahout, chercheur français de la fondation Carnegie. [...] Sans nul doute, l'administration Obama "a fait de la quête obstinée d'un accord avec l'Iran la pièce maîtresse de sa stratégie au Moyen-Orient", relève Suzanne Maloney, de la Brookings Institution. Pour autant, "la tentative d'Obama n'est pas fondée sur l'illusion d'une nouvelle alliance, d'un grand rapprochement avec la République islamique", écrit la spécialiste sur son blog.
Car l'hostilité et la rancoeur sont trop fortes. Washington et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en avril 1980, dans la foulée de la Révolution islamique et de la prise d'otages de l'ambassade américaine qui dura 444 jours de novembre 1979 à janvier 1981. Un traumatisme pour l'Amérique.
L'histoire des relations américano-iraniennes est aussi hantée par le coup d'Etat, orchestrée par la CIA, qui renversa le Premier ministre Mohamed Mossadegh le 18 août 1953 et qui permit le retour sur le trône du chah Mohammad Reza Pahlavi. Le souverain devint l'allié de Washington avant d'être balayé par la Révolution de 1979.
L'Iran figure aussi depuis 1984 -- aux côtés de Cuba, du Soudan et de la Syrie -- sur la liste noire américaine des "Etats soutiens du terrorisme" en raison de l'appui de Téhéran au Hezbollah chiite libanais et à des groupes palestiniens de Gaza. La méfiance reste si profonde que l'ayatollah Khamenei avait encore dénoncé il y a trois semaines la "fourberie" des Américains, en riposte à des élus du Congrès vent debout contre un accord avec l'Iran.
L'expert Alireza Nader, du centre d'études Rand Corporation, ne croit d'ailleurs pas non plus à une réconciliation. "L'establishment en Iran ne veut pas de liens normaux avec les Etats-Unis. Le président Rohani et son gouvernement veulent peut-être des relations diplomatiques mais le guide suprême et ses partisans y voient quelque chose contraire à leurs intérêts", explique-t-il à l'AFP. "Mais cela n'empêche pas d'explorer des zones de coopération discrète", note-t-il.
Depuis des mois en effet, Américains et Iraniens ont élargi leurs pourparlers sur le nucléaire à la lutte contre le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. John Kerry avait même reconnu en février que Washington et la puissance chiite avaient un "intérêt commun" à combattre l'organisation ultra-radicale sunnite. Et même si les Etats-Unis nient toute "coordination militaire" avec l'Iran contre l'EI, ils ont été de facto alliés dans la bataille de Tikrit, dans le nord de l'Irak. M. Bahout, de la Carnegie, y voit même "une sorte de collusion". [...]"

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France

- Commentaires du jour sur Le Monde.fr : quasi-consensus dans la haine d'un Etat juif vu comme critiquant l'accord iranien car détestant la paix.
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/04/03/netanyahou-reclame-que-l-iran-reconnaisse-l-existence-d-israel_4609384_3218.html
- PASCAL D. (03/04/2015 - 16h26)
"Gonflé Nétanyahou: il demande que l'Iran reconnaisse le droit à l'existence d'Israël, mais lui fait tout pour qu'un état palestinien ne puisse pas exister."
- Alain Pontvert (03/04/2015 - 17h07)
"Petit à petit, le monde entier se détourne de cet état voyou qui perd de plus en plus sa légitimité"
- francois Creze (03/04/2015 - 17h22)
"Banco ! L'Iran reconnaît le droit à l'existence d'Israel , et en échange Israël reconnaît le droit à l'existence d'un état Palestinien souverain et s' engage à mettre fin à la colonisation , à l'annexion des territoires occupés , à l'apartheid , aux massacres à Gaza, et s'engage enfin à démanteler son arsenal nucléaire qui constitue une menace pour la paix"
- ChaCha (03/04/2015 - 17h23)
"Apparemment tout ce qui ressemble de loin ou de près à la paix lui donne des crises d'urticaire [...]"
- Allo (03/04/2015 - 18h00)
"[...] Israel souhaite toujours plus, tel un enfant gâté, capricieux qui n'a jamais été grondé. Il serait peut-être temps. Ce serait bénéfique pour tout le monde."
- Balfour (03/04/2015 - 23h19)
"Sur quoi reposerait ce droit à l'existence d’Israël ? Le droit de conquête d'un territoire en en expulsant les indigènes ? Le droit d'un peuple élu à évincer ceux qui le gênent ? Le droit des banquiers d'une puissance coloniale à 'installer leurs coreligionnaires sur les territoires sous mandat de la dite puissance coloniale ?"
- esteban53 (04/04/2015 - 00h54)
"Il faudrait que la gauche israélienne se manifeste. D'ailleurs, on est en droit de se demander si hormis quelques intellectuels lucides, il existe une gauche politique israélienne. Pour le moment, c'est Bibi le paranoïaque qui doit avoir mal aux gencives. Encore un grand merci à Obama pour ses efforts. Il se comporte en homme qui cherche la paix, lui."
- sofiane El abed (04/04/2015 - 08h22)
"Bye bye Israël ...... Bye bye ..... Bye bye israël .... Bye bye ..... Pays inventé.... Peuple sans Histoire .....qui s'invente une vie et une histoire sur le peuple palestiniens ...."
- Diedey (04/04/2015 - 10h43)
"Nettanyaoo fera tout ce qu'il peut pour saborder l'accord. Tout d'abord parce que l'état hébreux est entré dans une stratégie de colonisation totale et de guerre. En plein accord avec la population et les extrémistes religieux, toute tentative d'établir un foyer de paix où que ce soit au moyen orient contrarie son projet. Netanyaou a les moyens de cette politique. Des lobbies puissants aux USA, sont favorables à cette guerre de religion qui oppose élus de dieu et mécréants de toutes sorte"


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Gaza & Hamas

- Egypt discovers 2.8 kilometer smuggling tunnel, longest yet (pictures) (Elder of Ziyon) - "And Egyptian authorities are considering tightening up the penalties for building these tunnels - with life imprisonment".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/04/egypt-discovers-28-kilometer-smuggling.html

- Hamas and Fatah continue their low-level intrafada (Elder of Ziyon)
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/04/hamas-and-fatah-continue-their-low.html
"A few days ago Hamas police broke into a gathering of Fatah activists in the Jabalya camp in the northern Gaza Strip meant to memorialize the six Fatah members killed in the first intifada. The Hamas gunmen beat the participants and arrested a number of them while firing their weapons in the air.
Yesterday, Hamas prevented another Fatah gathering in Rafah to commemorate the death of ten more of its own terrorists. Fatah had planned to hold a concert and show a documentary on the lives of their "martyrs" and informed the Hamas leadership ahead of time.
Meanwhile in Fatahland, the PA security forces have arrested five Hamas students at the Palestine Polytechnic University in Hebron over the past two days. They have also arrested two former prisoner in Israeli jails associated with Hamas, one in Jenin and one in Ramallah, in recent days.
Hamas spokesman Sami Abu Zuhri emphasized yesterday that Mahmoud Abbas' presidency is constitutionally over according to Palestinian law."

- Colonel Richard Kemp debunks "Disproportional Response" (Vidéo 3mn) - "The former commander of British forces in Afghanistan, Colonel Richard Kemp, explains the concept of proportionality in international law and how the term is being misused to criticize Israel".
https://www.youtube.com/watch?v=4EzP61Aw1Zo

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Judée-Samarie

- Israël : la justice sauve du mur un foyer chrétien (AFP) - "La Cour suprême a rejeté le tracé retenu par le ministère israélien de la Défense et a demandé à l'Etat israélien de considérer d'autres options qui causeraient moins de tort aux populations locales".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/02/97001-20150402FILWWW00204-israel-la-justice-sauve-du-mur-un-foyer-chretien.php
"La justice israélienne a sauvé aujourd'hui un site emblématique palestinien avec son monastère, son couvent catholiques et ses vignobles en refusant à Israël d'y faire passer le mur de béton de plusieurs mètres de haut censé le protéger, a-t-on appris auprès de la Cour suprême.
Au bout de presque dix ans de bataille légale, la Cour suprême israélienne a donné raison aux habitants de la vallée de Crémisan, foyer du patrimoine chrétien palestinien non loin de Bethléem, et aux soeurs qui les ont rejoints dans leur lutte pour empêcher que le fameux mur, baptisé "de l'apartheid" par les Palestiniens, passe par leurs terres, à la limite entre Jérusalem et la Cisjordanie.
Les habitants du village chrétien de Beit Jala, le couvent et le monastère risquaient de se voir confisquer des parcelles considérables, disent les opposants au projet. Le mur aurait séparé le couvent du monastère. Les deux bâtiments auraient par ailleurs été coupés des populations qu'ils servent.
La Cour suprême a rejeté le tracé retenu par le ministère israélien de la Défense et a demandé à l'Etat israélien de considérer d'autres options qui causeraient moins de tort aux populations locales, au couvent de soeurs salésiennes et au monastère de moines du même ordre, a dit une porte-parole de la Cour."

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"Processus de paix"

- Football : la Palestine veut faire exclure Israël des compétitions (RFI) - "A quelques semaines du Congrès de la FIFA, qui aura lieu fin mai à Zurich, la Fédération palestinienne de football a lancé jeudi 2 avril une offensive pour demander l'exclusion d'Israël de toutes les compétitions internationales".
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20150403-football-palestine-exclusion-israel-djibril-rajoub-fifa-competitions/

- PA pays workers 60% of salaries - yet pays terrorist families 100% (Elder of Ziyon)
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/04/pa-pays-workers-60-of-salaries-yet-pays.html
"Last month, as well as for the two previous months, the Palestinian Authority was only able to pay 60% of normal salaries to its workers because of its precarious financial situation. Yet today, the PA announced that the families of "martyrs" will receive their full stipends this month, just as they did last month. The decision was made by the minister of finance, Shukri Bishara.
At the same time, the EU and the Netherlands announced that they are giving some $34.2 million (€31.6 million) to the Palestinian Authority for payment of its civil servants’ March salaries and pensions. It is unclear whether those funds are being channeled to the families of "martyrs" directly, although of course they allow the PA to have latitude to spend more on their terrorist heroes. It is estimated that some 6% of the PA budget is allocated to paying salaries and stipends to terrorists (both in Israeli jails and after they are released) as well as to their families."

- An-Najah Poll: 73.5%:18.4% Palestinians support armed intifada, 46.2% of Gazans want to emigrate (IMRA)
http://www.imra.org.il/story.php3?id=66857
"[...] - Start nonviolent and unarmed popular resistance:
Yes 38.8 No 54.3 DK 6.9
- Call for a one-state solution – a state for both Israelis and Palestinians:
Yes 56.6 No 35.8 DK 7.6
- Dissolve the PA:
Yes 22.7 No 71.0 DK 6.3
- Recourse to the International Criminal Court:
Yes 32.2 No 59.3 DK 8.5
- Start a new armed intifada (uprising) and confrontations with the Israelis:
Yes 73.5 No 18.4 DK 8.2 [...]
- Do you support or reject boycotting Israeli goods and products?
I support 74.6
I reject 22.6 [...]
- Do you personally buy Israeli products when there are Palestinian substitutes to them?
I buy Israeli products in all cases 10.7
I buy Palestinian products in all cases 51.8
I buy products according to quality regardless of their source. 33.1 [...]"

- Palestinian debate:‎ Should Jews be called descendants of apes and pigs?‎ (PMW)
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=14416
"A recent statement by a Fatah official may be the basis for cautious optimism regarding Palestinian ongoing demonization of Jews. For years, PA religious leaders, officials and even poems recited by children have presented Jews as "descendants of apes and pigs." However, after Fatah Revolutionary Council member Muwaffaq Matar, who is a Christian, was insulted by Hamas, who called him "a descendant of apes and pigs," he rejected the use of this religious hate speech that is normally directed at Jews, saying "it is not part of our values": "They [Hamas] said: 'It seems that Muwaffaq Matar is a descendant of apes and pigs, physically and mentally.' This is racism... Naturally, they use this expression about the Jews. This is unfortunate. We also reject these expressions, because they are not part of our values, absolutely not." [Fatah-run Awdah TV, Feb. 23, 2015] [Voir vidéo ici]
This is a clear challenge to what has been a long-term PA policy. Palestinian Media Watch documented that the PA TV sermon broadcast just three weeks before Matar's statement included this Antisemitic statement, quoting the Quran: "Many Muslims are being harmed these days by a group whose hearts were sealed by Allah. 'He made of them [Jews] apes and pigs and slaves of deities' (Quran, 5:60)." [Official PA TV, Jan. 30, 2015] Similarly, Palestinian education seems to promote this view, as youth and children recite poems describing Jews as descendants of apes and pigs on PA TV. A young man recited this last year on PA TV [voir vidéo sur le site] [...]"

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Liban & Hezbollah

- En cas de nouvelle guerre avec le Hezbollah, Israël redoute des centaines de morts, Charlotte Le Maignan (Le Figaro)
http://www.lefigaro.fr/international/2015/04/03/01003-20150403ARTFIG00330-en-cas-de-nouvelle-guerre-avec-le-hezbollah-israel-redoute-des-centaines-de-morts.php
"Un rapport publié la semaine dernière par les médias israéliens fait état des capacités militaires inquiétantes du Hezbollah, mouvement libanais soutenu par l'Iran, qui aurait nettement amélioré sa puissance de frappe et son arsenal militaire depuis la dernière guerre du Liban en 2006.
Selon une évaluation faites par des militaires israéliens, entre 1 000 et 1 500 roquettes pourraient frapper Israël quotidiennement, tuant des centaines de personnes et paralysant aéroports, centrales électriques et ports, en cas de nouvelle confrontation. Un scénario qui a de quoi alimenter les inquiétudes sécuritaires du pays, au vu notamment de l'expérience gagnée en Syrie par l'engagement du Hezbollah aux côtés du régime de Damas.
Raison de plus, pour Israël de continuer à investir dans l'amélioration de ses intercepteurs de roquettes comme le «dôme de fer» et le développement de la «Fronde de David», un système conçu pour abattre les roquettes les plus puissantes, des dispositifs amorcés à la suite de sa confrontation avec le Hamas palestinien à l'été 2014. [...]"

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Monde arabe

- Saudi-led airstrike in Yemen kills family of nine (Reuters) - "Red Cross says the Saudi-led coalition is blocking shipments of humanitarian aid and supplies into Yemen as fighting continues". Mais nos médias n'en parlent (presque) pas.
http://www.haaretz.com/news/middle-east/1.650467


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Histoire

- Non, les réparations allemandes ne sont pas une solution à la dette grecque, Jean-Marc Dreyfus (Maître de conférences en histoire à l’université de Manchester) - "La reconnaissance du martyre des juifs grecs – et de la profondeur de l’antisémitisme dans le pays – fut particulièrement tardive".
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/04/03/non-les-reparations-allemandes-ne-sont-pas-une-solution-a-la-dette-grecque_4609305_3232.html
Extrait :
"Au-delà de la difficulté pour les différents gouvernements de chiffrer les dommages subis, c’est toute la gestion du passé de la seconde guerre mondiale qui fut et demeure difficile en Grèce. Le pays entra dans une terrible guerre civile dès le mois de décembre 1944, avec la création de camps de concentration où la mortalité fut forte ; il subit un régime militaire de 1967 à 1974, qui accorda le titre de résistants aux collaborateurs armés des nazis, etc.
La reconnaissance du martyre des juifs grecs – et de la profondeur de l’antisémitisme dans le pays – fut aussi particulièrement tardive : pourtant, avec 60 000 victimes – dont 50 000 de la seule ville de Thessalonique –, qui représentaient 87 % de la population juive, la Grèce connut le taux de déportation le plus élevé d’Europe occidentale. De plus, la moitié des survivants juifs quittèrent le pays dans les dix ans qui suivirent la guerre, incapables de se réintégrer dans la société d’un pays où pourtant les communautés juives avaient une présence millénaire. A Salonique, la municipalité récupéra largement les biens des particuliers et de la communauté – dont le site du cimetière, sur lequel fut érigée l’université Aristote."

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