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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 11:12
France

- Les attentats ? "C'est la CIA ou le Mossad. Pour salir l'islam", Doan Bui (Nouvel Observateur) - "A Joué-lès-Tours, certains en sont persuadés : l’attaque contre "Charlie hebdo" est "un complot des sionistes"." Un article décoiffant.
http://tempsreel.nouvelobs.com/l-obs-du-soir/20150112.OBS9800/les-attentats-c-est-la-cia-ou-le-mossad-pour-salir-l-islam.html
- Je Suis Kouachi: In the Paris suburb where no one went to the march, 'Charlie' is no rally cry (Haaretz) - "Despite shows of solidarity with the victims of the Paris attacks, not all French Muslims have come out against the killings - with some even expressing solidarity with the terrorists".
http://www.haaretz.com/news/world/.premium-1.637135

- En 2005, les délires antisémites de la bande du XIXe, Angélique Négroni (Le Figaro) - "avant de partir en Irak, Kouachi avait voulu «casser des magasins juifs dans Paris», «attraper» les Juifs «dans la rue pour les frapper». «Il ne parlait que de cela et de faire quelque chose en France avant de partir»".
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/01/12/01016-20150112ARTFIG00408-en-2005-les-delires-antisemites-de-la-bande-du-xixe.php

- Charlie Hebdo : Jean-Yves Camus sur le conspirationnisme, l'extrême gauche et l'antisémitisme ("28 minutes" (Arte), mercredi 14 janvier 2015, Vidéo 4mn16)
https://www.youtube.com/watch?v=eetBcAx4-cQ

- Apologie du terrorisme : Dieudonné jugé en correctionnelle (Yahoo Actu) - "Alors que des manifestants battaient encore le pavé à l'occasion de la grande "marche républicaine" pour dire leur émotion face à l’horreur des attentats, Dieudonné a écrit ces quelques mots sur le réseau social : "Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly"."
https://fr.news.yahoo.com/dieudonne-nouvelle-enquete-pour-apologie-du-terrorisme-131433668.html

- Les Français d'Israël expriment leur peine aux obsèques des victimes de l'Hyper Cacher (Le Figaro) - "À en croire leurs proches, les familles des quatre Juifs tués par Amedy Coulibaly ont choisi de les faire enterrer en Israël afin d'être certains qu'ils pourront, à l'avenir, accéder à leur sépulture".
http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/13/01003-20150113ARTFIG00333-les-francais-d-israel-expriment-leur-peine-aux-obseques-des-victimes-de-l-hyper-casher.php

- Charlie Hebdo va trop loin pour des Palestiniens (AFP) - "lorsque le magazine a publié en Une de sa nouvelle édition une caricature du prophète Mahomet, la plupart des caricaturistes sont tombés d'accord : se moquer gratuitement de l'islam, ou de n'importe quelle religion, c'est aller trop loin".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/01/15/97001-20150115FILWWW00229-charlie-hebdo-va-trop-loin-pour-des-palestiniens.php
- Pour le Hamas, la Une de Charlie Hebdo est un complot sioniste (Times of Israel) - "« Nous condamnons la dernière publication de ‘Charlie Hebdo’, qui a des caricatures offensantes du prophète Mahomet », indique le porte-parole Fawzi Barhoum, selon la Dixième chaîne. « La façon dont les journaux israéliens ont traité de la question, avec la bénédiction du secrétaire d’Etat américain, est la preuve claire qu’il y a un complot, dirigé par le lobby sioniste, qui cible les musulmans, leur culture, et la tolérance des pays occidentaux à leur égard. »"
http://fr.timesofisrael.com/hamas-la-une-de-charlie-hebdo-est-un-complot-sioniste/

- Charlie Hebdo : guerre des mots entre Israël et la Turquie (RFI)
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20150115-nouvelle-guerre-mots-entre-israel-turquie/
   "Dimanche dernier, à Paris, les chefs de gouvernement turc et israélien marchent à quelques mètres l'un de l'autre dans l'impressionnant cortège de dirigeants venus du monde entier. Mais dès le lendemain, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'offusque de la présence de Benyamin Netanyahu dans la manifestation. « Comment ose-t-il faire une chose pareille après avoir tué 2 500 personnes à Gaza ? » [chiffres bidons au demeurant], lance le dirigeant turc.
    En Israël, Benyamin Netanyahu fustige « des propos honteux qui doivent être condamnés par la communauté internationale ». Et son ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman décrit le président turc comme « la petite brute antisémite du quartier ». Ce jeudi matin, l'échange d'amabilités reprend de plus belle. Ahmet Davutoglu, le Premier ministre turc, compare son homologue israélien aux terroristes de Paris en évoquant les enfants palestiniens victimes du conflit de l'été dernier à Gaza. [...]"


"Processus de paix"

- Mahmoud Abbas' party celebrates another terrorist (Elder of Ziyon) - "Today is the 13th anniversary of the death of Raed Karmi, one of the major Fatah terrorists of the second intifada. Fatah's Facebook page has a number of posts and videos celebrating his life of murdering Jews".
http://elderofziyon.blogspot.fr/2015/01/mahmoud-abbas-party-celebrates-another.html

- Saddam Hussein - Fatah and PA hero (PMW)
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=13680
   "According to a famous saying, you can "know a man by his friends." Just yesterday, Mahmoud Abbas' Fatah party chose to remind Palestinians of the deep friendship between former Iraqi president Saddam Hussein and Palestinian Authority and Fatah leader Yasser Arafat. They posted a picture on the official Fatah Facebook "Main Page" of Arafat and Hussein warmly shaking hands.
    The PA and Fatah's honoring of Saddam Hussein who was convicted by an Iraqi court and executed in 2006 for crimes against his own people, is nothing new. Last year, speaking in Mahmoud Abbas' name, Talal Dweikat commemorated Saddam Hussein as a "great leader and fighter" at a ceremony marking the anniversary of the establishment of the Arab-Iraqi army (see below). [...]"

- Abbas' Fatah portrays Netanyahu as Nazi SS officer (PMW)
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=13691
   "Today, Mahmoud Abbas' Fatah party posted this photoshopped picture of Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu wearing a Nazi uniform. In the text posted with the picture Fatah claimed it was "designed by a young Jew." [Facebook, "Fatah - The Main Page", Jan. 15, 2015] The Palestinian Authority and Fatah often demonize Israelis and Jews as "Nazis" or "worse than Nazis" and Palestinian Media Watch has documented that Holocaust desecration, denial, and abuse are all components of their ideology. [...]"


Points de vue

- Mauvaise foi, David Isaac Haziza (La Règle du Jeu) - "A force de ne « pas faire d’amalgames », ceux qui abusent depuis des années de cette misérable antienne ont renoncé à s’interroger comme ils le devaient".
http://laregledujeu.org/2015/01/14/18660/mauvaise-foi/
   "Je lisais Charlie Hebdo à l’époque du meurtre d’Ilan Halimi. Je me souviens d’une tribune bouleversante écrite par Philippe Val à la mémoire de cet innocent. Je me rappelle aussi le Manifeste des Douze, qui dénonçait le « nouveau totalitarisme » islamiste. J’étais juif, j’étais français, je croyais à ces valeurs qu’on appelle humanistes et j’aimais la place accordée par l’hebdomadaire au dessin et surtout au rire, volontiers tonitruant et irrévérencieux. Aujourd’hui ces mêmes « Ultimi Barbarorum » que Val dénonçait alors ont massacré Charlie, des Juifs et des policiers, c’est-à-dire des gardiens de la paix républicaine. Cette double, cette triple haine et le choix de ces cibles sont de terribles signes à la force desquels je ne peux me dérober : j’ai aimé Charlie parce que c’était la quintessence d’un certain esprit français, peut-être de cette gaminerie dont Hugo dit, dans Les Misérables, qu’elle est la marque de Gavroche et aussi celle de Voltaire ; je l’ai aimé également parce que son irrévérence allait bien à ma judéité. Cette semaine, les mêmes ont tué l’équipe de Charlie qui faisait depuis plusieurs années œuvre de réconfort et de résistance, et de simples Juifs dans une épicerie kasher, coupables d’être ce qu’ils étaient.
    Pour rendre intelligible le propos qui va suivre, j’aimerais préciser que si je suis juif, je ne me pose pas en éternelle victime. On n’est pas en soi victime ou bourreau. Il y a quelques mois un crime abominable était commis en Israël, au nom de ma religion, pour « venger » trois enfants du peuple auquel j’appartiens, dans une ville et un pays que j’aime, auxquels, bien que français, je suis irrémédiablement lié. Le meurtre et la torture d’un enfant, coupabe, lui, aux yeux d’enfoirés juifs, d’être arabe. J’ai protesté mais j’ai surtout écrit à l’époque que je me sentais concerné. J’ai écrit, et je le pense encore, que j’étais responsable de ce crime. Responsable, oui, car c’était précisément en mon nom qu’il avait été commis. Que ses auteurs fussent de savants talmudistes ou des ignorants en matière de judaïsme m’importait peu : ils étaient juifs et agissaient en tant que tels. J’étais partie prenante, j’ai essayé, avec beaucoup des miens, de hurler mon chagrin et ma colère. J’ai écrit à l’époque que les rabbins ayant fanatisé ces jeunes méritaient, ne serait-ce que par mesure de sécurité, le sort d’Ahmed Yassine. Je le maintiens.
    En d’autres termes, non, les « amalgames » ne me font pas peur. Profondément juif, je me sens aussi profondément coupable du mal que peuvent faire d’autres Juifs, à plus forte raison s’il est fait au nom de ce qui nous unit – et il se trouve que cette idée est au cœur de l’identité juive. Aussi, rien ne me hérisse tant que cette peur des « amalgames » qui empêche de penser et de se remettre en question. Dire que les frères Kouachi ne sont pas l’islam n’a aucun sens. Ils étaient bien un visage de l’islam, au même titre que le digne Français d’origine maghrébine dont je partage le destin de citoyen, que son grand-père, vaillant immigré qui a construit la France des Trente Glorieuses et pour qui la religion n’aura jamais été affaire de contrainte, au même titre qu’Averroès, au même titre que les Mille et Une Nuits, au même titre d’ailleurs que le musulman chiite détesté autant par ces monstres que les Juifs et les « Croisés ». Mais dire que « ça n’est pas l’islam » parce que l’islam serait d’abord Averroès ou Ibn Arabi, parce qu’avant d’être cette nuit, l’islam serait d’abord lumière, dire que l’Etat Islamique n’est pas l’islam, que Ben Laden n’est pas l’islam, le répéter pour se rassurer et pour éviter les « amalgames », cela a autant de pertinence que de dire : « Torquemada, ce n’est pas le catholicisme ». Torquemada n’épuise certes pas le catholicisme, Torquemada n’est pas tout le catholicisme, Torquemada n’est pas plus le catholicisme que Monseigneur Saliège mais Torquemada fut bien, à un moment, l’un des visages du catholicisme. L’Eglise catholique le sait et a su en tirer de nécessaires conséquences.
    Que toute la civilisation islamique ne se réduise pas à l’« Etat » qui revendique ce nom, à Mohammed Merah ou aux assassins de la semaine dernière, il faudrait être stupide pour le nier. Ou complètement ignorant. Il fut un temps où l’islam philosophait bien plus que l’Occident, où en son sein des poètes – qui frôlaient parfois l’athéisme ou montraient à tout le moins peu de révérence envers le dogme – versifiaient et chantaient l’amour, le vin, les femmes. Un temps, certes, où Arabes, Berbères et Persans enseignaient les mathématiques et l’esprit critique à la chrétienté. Et l’islam a conservé en quelques endroits l’esprit de paix et de pluralisme qui l’inspirait alors. En vérité, personne ne nie cela. Le problème est que lorsque des crimes de grande ampleur sont commis dans une société, elle a le devoir, aussi brillante soit-elle, de se remettre en question. Après la Shoah, puis lors de la décolonisation, le monde occidental a interrogé ses propres fondements, qu’ils fussent philosophiques, religieux, techniques, politiques, esthétiques… Nous sommes les enfants de ça. J’irais plus loin d’ailleurs : la force de l’Occident est d’avoir toujours su le faire. Lorsque les Conquistadores ravageaient l’Amérique à peine découverte, un Las Casas protestait, racontant les viols, les tortures, les meurtres et les pillages, informant les Occidentaux, au nom même de ce qui les fondait, du génocide en cours. Au nom de l’Occident, criminel certes, mais en son nom tout de même. Au nom de l’Occident esclavagiste, on a aboli l’esclavage. Et au nom des valeurs de la République, c’est la même logique, des « Justes » français ont sauvé des Juifs, français ou étrangers, que des policiers, français comme eux, conduisaient à la mort. Y eut-il des Las Casas pour protester contre les razzias et l’esclavage exercés au nom de la shahada, y eut-il des Voltaire pour dénoncer le statut des dhimmis en islam ? Je l’ignore mais je sais qu’il en faudrait aujourd’hui, bien plus et dans tout le monde musulman.
    Bien sûr, il y a des condamnations, y compris de très courageuses. Il y eut l’admirable prêche de l’imam de Bordeaux, il y en eut d’autres. Des musulmans sont descendus dans la rue ce dimanche, sans doute nombreux. Mais d’abord trop fréquentes sont les réactions complaisantes à l’égard des barbares. Les enseignants en témoignent : trop de fois on a violé la minute de silence consacrée à Charlie, dans des écoles laissées à l’abandon par la conjonction du pédagogisme « de gauche » et du manque de moyens financiers – et on n’ose imaginer ce qu’il serait advenu d’un tel hommage rendu aux victimes juives de Coulibaly. Il y a les élèves des écoles, il y a Twitter et Facebook, il y a ces propos entendus dans les rues ou dans les mosquées et que la presse a su relayer : non, le consensus n’existe pas pour condamner la barbarie chez les musulmans de France.
    Ensuite, la réaction, pour positive qu’elle soit, a tardé. On est descendu pour Charlie : fort bien. Je n’avais pas vu grand monde pour les victimes de Merah et je n’ai vu personne pour dénoncer le génocide en cours en Syrie et en Irak. Si, j’avoue avoir croisé un cortège de onze Kurdes lors d’un passage à Marseille cet été : étaient-ils plus nombreux à Paris, et accompagnés par plus de Français de leur confession, je l’ignore mais j’en doute sérieusement. Ensuite, jusqu’à présent, le discours le plus souvent entendu fut apologétique. Ce n’est pas l’islam, disaient les modérés, c’est l’islamisme, l’islam n’est en rien concerné par tout ça, ce sont des « extrémistes » et non des musulmans. Discours dirigé vers les non-musulmans dont il fallait se ménager la bienveillance – et on peut concevoir ce qu’il y a d’affreux à être accusé de crimes auxquels on n’aurait jamais pensé sous prétexte qu’on partage la même religion, peut-être de vagues croyances ou traditions, quelques mots, que ceux qui les ont commis. Mais ce qui a manqué jusque récemment était un discours tourné vers soi, une autocritique, une prise de conscience comme celle à laquelle appelle depuis quelque temps un Abdennour Bidar par exemple, dans sa Lettre au monde musulman. Un discours tourné vers soi en tant que « modéré » et vers les islamistes aussi, plutôt que vers le reste du monde. Car si, l’islam est bien concerné, sinon tout l’islam, du moins ses sources et ses valeurs, dans la mesure même où elles sont revendiquées par les criminels. L’islam a permis ça : il doit s’interroger. Qu’il y ait des « gens bien », qu’ils soient même plus nombreux ne fait pas de doute mais il ne fait pas de doute non plus qu’ils appartiennent à la même société et à la même culture que les criminels islamistes : ils doivent donc, eux aussi, individuellement, s’interroger.
    Cela est d’autant plus vrai que l’islam « modéré » a une grande part de responsabilité. Je me souviens du Procès des Caricatures. Avec des amis, nous avions décidé de nous y rendre plutôt que d’aller en cours : il nous semblait que quelque chose d’essentiel se déroulait là. Ce procès, s’il nous a permis d’apercevoir et même de parler avec quelques fous furieux de l’islam radical venus aussi y assister, tel ce converti qui disait vouloir mourir pour son « prophète », c’étaient bien des musulmans « modérés », et non des islamistes, qui avaient décidé de l’intenter à Charlie Hebdo. A ce propos, le triste spectacle de l’islam « modéré » complice des salopards est subtilement exposé dans le film Timbuktu, qu’il faut plus que jamais aller voir : le religieux « moderne » y parle tout de même la langue des islamistes ; même s’il ne le pratique pas, il dit comprendre leur djihad. C’est ce que font nombre de ces prétendus « modérés », consciemment ou non. Aujourd’hui, ils « condamnent » les « délires de groupes terroristes se prévalant injustement de l’islam » tout en mettant lesdits « délires » sur le même plan que les « provocations » de Français libres. Je cite là les mots abjects d’hypocrisie d’un homme, représentant de l’islam de France, qui voulait faire taire Charlie et dit maintenant pleurer ses morts.
    A force de ne « pas faire d’amalgames », ceux qui abusent depuis des années de cette misérable antienne ont renoncé à s’interroger comme ils le devaient. Ces musulmans dits « modérés », se drapant depuis si longtemps dans leur dignité, nous assènent leurs discours lénifiants sur l’islam « religion de paix », que les Ben Laden et les Merah n’auraient pas comprise ou ne pratiqueraient pas vraiment. « Ils n’ont pas lu le Coran », nous disent-ils, ce qui est peut-être vrai dans le cas de Merah, certainement pas dans celui de Ben Laden naguère, d’Al Baghdadi, « calife » et chef de l’Etat Islamique, aujourd’hui. Mais ces discours sont commodes, ils évitent de se remettre en question : mauvaise foi.
    D’ailleurs, ces « modérés » ont-ils souvent beau jeu d’ajouter, les « extrémistes » avec lesquels il ne faut pas « faire d’amalgames », ne le seraient jamais devenus s’ils n’avaient pas été « humiliés » par la société française, ou jadis « opprimés », « colonisés ». Alors au passage, je note que la bien-pensance française et mondiale, cette idéologie dont chez nous un Plenel a décidé d’être le nom, aime à essentialiser l’islam, tentant de nous faire oublier que les Arabes ont aussi colonisé et opprimé (les Berbères par exemple, les Noirs d’Afriques, réduits par millions en esclavage…), ou que l’islam, ce fut aussi l’impérialisme ottoman et c’est aujourd’hui celui du Golfe, immonde à souhait. Ce faisant, les Plenel n’aident pas les musulmans : ils veulent plutôt les empêcher de se dépasser, de s’atteindre dans l’autocritique.
    Alors je réclame le droit, en tant que Juif et en tant qu’Occidental, moi pour qui l’autocritique est à toute société sa condition d’existence et de pérennité, d’exiger des musulmans « modérés » la même colère et le même questionnement que ce que j’exprimais il y a quelques mois au sujet d’un crime juif. Rien de plus. Qu’ils se sentent concernés, mais qu’ils arrêtent de dénoncer ces « mauvais-musulmans-qui-salissent-l’islam-et-qui-n’ont-pas-lu-le-Coran » comme l’a encore fait tout récemment leur « Frère Tariq ». En outre, je me suis interrogé sans complaisance sur ce qui pouvait enfanter, dans le judaïsme, violence et dogmatisme, je cherche à regarder en face les sources de ce mal, les sources de ce meurtre épouvantable par exemple, dans les textes mêmes qui me fondent et que je révère, et je le fais non pas comme le savant que je ne suis pas, mais comme un Juif ordinaire, respectueux des traditions, « croyant » si ce mot a un sens dans le judaïsme. Ce que je fais, chacun peut le faire, et c’est aussi, à plus forte raison, la rude tâche des grands d’une tradition. Eh bien ! Je conseillerais aux musulmans de faire de même : leur pratique peut être pacifique, conviviale, généreuse, il n’en demeure pas moins que dans ces textes qu’ils ne connaissent pas forcément sur le bout des doigts, il y a le meilleur et le pire. Qu’ils se réconfortent en lisant le meilleur, mais qu’ils étudient le pire pour mieux le prévenir ou mieux y remédier. Et s’ils le connaissent et qu’ils ne sont pas de mauvaise foi, qu’ils ne cherchent pas à le voiler, mais plutôt qu’ils l’exposent et le déconstruisent, de peur qu’il ne leur saute, qu’il ne nous saute un jour au visage.
    Il faut plus de gens qui se sentent concernés et non pas seulement cette fois-ci mais à chaque fois que cela se produit, des musulmans, « modérés » ou non, pourvu qu’ils ne soient pas de mauvaise foi. Il y en a d’ailleurs et on commence à les entendre, des croyants ou bien des athées de culture musulmane. Il faut les saluer, les choyer, les appuyer : les Sifaoui, les Bidar, les Chebel, les Sansal, les Daoud, les Chalghoumi, ou feu Abdelwahhab Meddeb. Mais cela ne suffit pas. Nombreux, très nombreux à manifester pour les Palestiniens ou plutôt pour le Hamas, où étaient les musulmans du monde et de France lorsqu’on éventrait des yézidis et lorsqu’on crucifiait des chrétiens d’Irak ? Lorsqu’on enterrait des villages entiers vivants ? Lorsqu’on violait des fillettes de cinq ans au nom de leur Coran de paix ? Lorsqu’on les vendait en esclavage, il y a quelques semaines, en ce moment même ? Lorsque des milliers d’innocents étaient massacrés, en Irak, en Syrie, au Soudan, au Nigéria et ailleurs ? Savent-ils qu’au nom de leur religion on a, au Nigéria justement, rasé seize villages et massacré deux mille personnes la seule semaine dernière ? Tant que la prise de conscience ne sera pas collective, massive, enragée, tant que les modérés et les leaders ne troqueront pas leur mauvaise foi contre un vrai courage, il faudra craindre que ça continue. Et les « amalgames » auront bel et bien lieu."

- Ce que « phobie » veut dire, Olivier Rolin (écrivain) - "Un peu de philologie élémentaire est peut-être utile. Phobos, en grec, veut dire « crainte », pas « haine » (misos). Si ce mot a un sens, ce n’est donc pas celui de « haine des musulmans », qui serait déplorable en effet, mais celui de « crainte de l’islam »".
http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/01/14/ce-que-phobie-veut-dire-par-olivier-rolin_4556229_3260.html
   "Ma voix, je le crains, sera quelque peu discordante dans le concert. Le besoin de se rassurer est immense. Je le comprends, mais je crois qu’il est vain. Ces odes qui montent de partout à l’unité nationale, à « nos valeurs » qui l’emporteront : je les trouve sympathiques, j’aimerais les partager, mais je n’y arrive pas. J’ai été ému, et le mot est faible, par la foule énorme, calme, accueillante, patriote au sens généreux du terme, au sein de laquelle je me trouvais dimanche 11 janvier. Ce peuple évoque celui des Trois Glorieuses que commémore la colonne de la Bastille, celui de la Commune, de la Libération, de Mai 1968, du 1er mai 2002, mais je crains qu’il n’ait que peu de chose à voir avec celui dont sont issus le « gang des barbares », les Merah, les Nemmouche, les violeurs de Créteil, les Kouachi, les Coulibaly.
    Un écrivain n’a pas plus de légitimité que quiconque à analyser à chaud les drames qui laissent la société sidérée (il peut a posteriori en tirer des fictions – si j’étais un vrai romancier, je m’occuperais de ce personnage effarant d’Hayat Boumeddiene, mi-héroïne à quatre sous de téléréalité, mi-mante religieuse à arbalète). Il peut en revanche s’intéresser au sens des mots qui prétendent dire les événements. « Islamophobie » est de ceux-là, il paraît que c’est un grand péché. Un peu de philologie élémentaire est peut-être utile. Phobos, en grec, veut dire « crainte », pas « haine » (misos). Si ce mot a un sens, ce n’est donc pas celui de « haine des musulmans », qui serait déplorable en effet, mais celui de « crainte de l’islam ».
    Alors, ce serait une grande faute d’avoir peur de l’islam ? J’aimerais qu’on m’explique pourquoi. Au nom de « nos valeurs », justement. J’entends, je lis partout que les Kouachi, les Coulibaly, « n’ont rien à voir avec l’islam ». Et Boko Haram, qui répand une ignoble terreur dans le nord du Nigeria, non plus ? Ni les égorgeurs du « califat » de Mossoul, ni leurs sinistres rivaux d’Al-Qaida, ni les talibans qui tirent sur les petites filles pour leur interdire l’école ? Ni les juges mauritaniens qui viennent de condamner à mort pour blasphème et apostasie un homme coupable d’avoir critiqué une décision de Mahomet ? Ni les assassins par lapidation d’un couple d’amoureux, crime qui a décidé Abderrahmane Sissako à faire son beau film, Timbuktu ? J’aimerais qu’on me dise où, dans quel pays, l’islam établi respecte les libertés d’opinion, d’expression, de croyance, où il admet qu’une femme est l’égale d’un homme. La charia n’a rien à voir avec l’islam ?
    Les croyants pacifiques, je voudrais qu’on ne doute pas un instant du respect que j’ai pour eux, d’autant plus grand qu’il leur est, j’imagine, difficile de se tenir à l’écart de cette folie mondialisée. Et j’aimerais passionnément croire qu’ils seront, que nous serons ensemble les plus forts. Mais, si l’on croit que les mots ont un sens, il faut cesser de dire que la terreur au nom d’Allah n’est le fait que d’une minorité infime sans rapport avec l’islam. Les propos les plus sensés que j’aie lus ces jours derniers, ce sont ceux d’un éducateur sénégalais dans Libération. « Le refus des amalgames, dit-il, c’est très bien. Mais la fracture au sein de la société est telle que je la crois irréversible. Je côtoie des jeunes qui sortent de prison (…). Leur discours est haineux vis-à-vis de la France et de ses valeurs. Le combat séculaire pour la tolérance et la liberté est menacé par ces brebis égarées. Elles sont plus nombreuses que beaucoup semblent l’imaginer. » Il y a quand même eu, paraît-il, des milliers de tweets « Je suis Kouachi ».
    Une chose encore, non des moins graves : Ilan Halimi était juif, les enfants tués par Merah l’étaient, comme ceux que visait Nemmouche, comme le jeune couple attaqué à Créteil, comme les morts de la porte de Vincennes. L’antisémitisme est toujours abominable. Il est peut-être plus insupportable encore dans le pays qui a été celui de l’affaire Dreyfus et de la rafle du Vel’ d’Hiv (entre autres). Quand je lis que des milliers de juifs français émigrent vers Israël parce qu’ils ne se sentent plus en sécurité ici, j’ai l’impression de relire, sur un palimpseste sinistre, les pages les plus sombres de l’histoire de mon pays. Je voudrais bien savoir si les juifs de France n’ont pas peur de l’islam. Moi, en tout cas, j’ai peur d’un certain islam. Mais je n’ai pas peur de le dire."

- West's anti-Israel propaganda encourages terror, Ben-Dror Yemini (Ynet) - "The average Muslim viewer asks himself, rightfully, how are Western countries letting this crime go on. Why aren't there much more sanctions against Israel? Why is the United States bombing the Islamic State rather than Israel? Why are economic ties between Israel and Western countries only growing stronger? Considering the lies being presented in many of the leading media outlets about these unstoppable crimes, these questions are correct".
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4614186,00.html
   "The West's progressive circles have been waging an incitement campaign against Israel and Zionism for several years now. Many of the West's media outlets define what Israel is doing to the Palestinians in general, and in Gaza in particular, as genocide, crimes against humanity and an intentional murder of children and civilians. Blatant statements against Zionism, Jews and Israel, which usually include blatant and intimidating lies, are considered part of the circle of enlightenment and progress. They are given a platform in newspapers which are considered to be serious. In the Independent newspaper, Israel was labeled as "a community of child killers." According to the Newsweek website, Jews endanger world peace.
    The average Muslim viewer asks himself, rightfully, how are Western countries letting this crime go on. Why aren't there much more sanctions against Israel? Why is the United States bombing the Islamic State rather than Israel? Why are economic ties between Israel and Western countries only growing stronger? Considering the lies being presented in many of the leading media outlets about these unstoppable crimes, these questions are correct.
    The Muslim viewer is angry about the hypocrisy, and rightfully so. Try to explain to him that these are lies. Try to explain to him that the Muslims' problem is not Israel but global jihad and all its branches, from Boko Haram to the Taliban, from Hamas to al-Qaeda. Try to explain to him that in any place with global jihad, the result is destruction and killing and wreckage. Try to explain to him that the Islamic jihad murdered more than 30,000 people in 2014, mostly Muslims. Try to explain to him that radical Islam violates human rights, crushes women and minorities, and is an oppressing regime which results in hundreds of thousands of dead people and millions of refugees.
    All these explanations don't help. Because when it comes to the global media, one receives the opposite impression. About 2,000 people murdered in Nigeria last week by one of the global jihad branches get a marginal reference compared to a young Palestinian who threw stones and was killed by Israeli soldiers. If this is what happens in leading news outlets, from CNN and the BBC to Le Monde and the New York Times – in the Arab news outlets, led by al-Jazeera, the situation is much worse. Israel is presented as the biggest monster on earth. And the decadent West, which pretends to be advanced and enlightened, cooperates with the monster. [...]
    The deeper the anti-Israel sentiments, the deeper the anti-Western sentiments. The jihad's brainwashing machines are not alone. They are backed by the anti-Israel campaign in the media and in the academia. So terror must be fought. But we must not forget the anti-Israel propaganda of lies. It's not guilty of terror. It's only guilty of encouraging terror."

- While Jews are slaughtered, the Left worries about Islamophobia, Brendan O'Neill (The Australian) - "Of course, it’s entirely legitimate to worry about a backlash against Muslims in the wake of Islamist terror. That some blank grenades were thrown into the courtyard of a mosque in France suggests there are indeed Muslim-loathing hotheads. But there’s no escaping the fact that observers struggle to acknowledge the seriousness of anti-Semitism. They find it easier to fantasise about a mob-led war on Muslims than to confront the real, growing problem of Jew-baiting".
http://www.theaustralian.com.au/opinion/columnists/while-jews-are-slaughtered-the-left-worries-about-islamophobia/story-fnhulnf5-1227185063134

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Published by Occam
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  • : Chaque jour, une Boucle reprend l'actualité de France et du Moyen-Orient autour des thèmes d'Israël et de l'antisémitisme.
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